Inégalités scolaires : il ne suffira pas d’évaluer

Si l'on en croit les enquêtes PISA, il n'est aucun pays où les écarts de niveaux entre écoles sont aussi élevés qu'en Communauté française de Belgique. Et il n'est aucun pays où cette inégalité prend, autant que chez nous, la forme d'une ségrégation sociale entre "écoles de riches" et "écoles de pauvres". C'est pour en finir avec ce triste record que la ministre Marie Arena souhaite imposer des épreuves d'évaluation standardisées aux établissements scolaires. Dans un pays où la liberté d'enseignement, plus que toute religion, tient lieu de culte dominant depuis 175 ans, on pourrait presque y déceler du courage politique.

Le mouvement de 1996

Ce 19 novembre 2005, outre les dix ans de l'Appel Pour une Ecole Démocratique, nous célébrerons le dernier grand mouvement social dans l'enseignement francophone belge. Cette grève, longue et mouvementée, menée par les enseignants et les étudiants contre les mesures d'austérité de Laurette Onkelinx (PS) et de Jean-Pierre Grafé (PSC), est sans doute méconnue de bon nombre de nos amis flamands et des plus jeunes d'entre les francophones. Le rappel qui suit comblera ces lacunes (1).

Contrat pour l’Ecole : une occasion manquée

S'il faut reconnaître un mérite au Contrat pour l'Ecole de Marie Arena, c'est assurément la lucidité de son constat de départ. A vrai dire, celui-ci était devenu incontournable. Les enquêtes PISA ont dévoilé au grand jour ce que les enseignants du secondaire stigmatisent depuis quinze ans : la baisse généralisée du niveau des apprentissages et le fossé croissant entre les établissements scolaires, en fonction notamment de l'origine sociale des élèves. Quant à l'efficacité des réformes pédagogiques (la dite « approche par compétences ») sensées remédier à ce double problème, les consultations des enseignants en 2003 et 2004 ne laissent guère subsister de doute. Le Contrat pour l'école reconnaît d'ailleurs qu'elles sont généralement jugées « négatives » et que les nouveaux référentiels qui les accompagnent manquent cruellement de lisibilité.

Plate-forme de lutte contre l’échec scolaire

Il y a un peu plus d'un an, sept organisations - dont l'Aped - et quelques académiques associés dans une « plate-forme de lutte contre l'échec scolaire » adoptaient un Mémorandum. Ce texte part de la catastrophe que représente l'échec scolaire en Communauté Française et reprend les revendications communes afin de s'attaquer de front à ce fléau. L'objectif de la plate-forme est de lancer un vaste débat de fond sur le rôle de l'Ecole et sur la manière de lui permettre de le remplir. A cette fin, les organisations concernées ambitionnent évidemment d'élargir au maximum la plate-forme afin d'être plus nombreux et donc plus forts pour porter le combat. C'est donc avec grand plaisir que nous avons constaté que différentes organisations nous rejoignaient à la fin de l'année scolaire. Il s'agit de l'association « Lire et Ecrire » ainsi que des principaux syndicats d'enseignants : la CSC enseignement, la CGSP enseignement et le SEL. Le 8 juin dernier, lors d'une conférence de presse, les nouveaux venus ont expliqué les raisons de leur présence dans la plate-forme. Pour Michel Vrancken (CGSP enseignement), il est temps que les syndicats s'occupent d'autre chose que des salaires des enseignants et de leurs conditions de travail au sens strict. C'est bien sûr un de leurs rôles fondamentaux, mais il est important que les enseignants s'expriment aussi sur l'Ecole qu'ils veulent, sur ce que doit être l'Ecole dans notre société. Prosper Boulangé (CSC enseignement) rajoute que, la situation étant ce qu'elle est, un vaste travail de fond est nécessaire en Communauté Française pour se rapprocher d'un enseignement plus démocratique. Une véritable politique de gauche s'impose précise-t-il. Catherine Sterck (Lire et Ecrire) rappelle que son association s'adresse aux adultes qui désirent combler les lacunes de leur scolarité par un travail d'alphabétisation. Leur seul nombre suffit à démontrer les failles du système scolaire et justifie ainsi la présence de cette organisation dans la plate-forme. Enfin, Vincent Carette (ULB) estime que nous vivons dans une culture de l'échec. « Même dans le Contrat pour l'Ecole, on trouve normal qu'un certain nombre d'enfants soient exclus. En tant que citoyen, j'estime cela inacceptable et en tant que chercheur, je sais qu'il est possible de pratiquer autrement » précise-t-il. L'année prochaine, la plate-forme se donne pour ambition, sinon d'encore s'élargir, en tout cas d'élargir le débat. Afin de préparer les conditions d'un large mouvement social nécessaire à toute avancée vers un enseignement plus juste. Elle se donne pour objectif de créer à cet égard les outils adéquats.

Les enfants ont tous droit à l’instruction

En réponse à une "Carte Blanche" publiée dans le Soir et écrite par Yves Herpoel et Marc Vandeburie, notre ami J.P. Kerckhofs s'est fendu d'une réponse que le grand quotidien vespéral bruxellois n'a pas cru devoir publier. Nous vous la livrons.

Standpunt over het « strategisch contract » van minister Arena

Het ontwerp van “Strategisch contract voor het onderwijs” van de Franse Gemeenschapsregering blinkt uit in dubbelzinnigheid. Enerzijds kunnen we ons terugvinden in een aantal intenties. Anderzijds staan we erg kritisch tegenover het lot dat aan het kwalificatieonderwijs wordt toebedeeld en zoeken we in deze tekst vruchteloos naar een belofte van de noodzakelijke menselijke en materiële middelen. Als de progressieve doelstellingen niet kunnen bereikt worden door gebrek aan een echte herfinanciering, dan zouden de liberaal geïnspireerde doelstellingen wel eens de enige kunnen zijn die gerealiseerd worden, aangezien die de Gemeenschap geen euro kosten.

L’école démocratique n’est pas encore au programme de Marie Arena

Au terme d'une brève concertation, la ministre de l'Enseignement en Communauté française de Belgique, Marie Arena, a obtenu des « organisations...

Du libéralisme social au socialisme humaniste, cherchez la différence !

Les compétences communautaires étant ce qu'elles sont, nous ne nous étonnerons pas que l'enseignement tienne une place importante dans l'accord de gouvernement de la Communauté Française entre les nouveaux amis du PS et du cdH. Il est impossible de mentionner dans ce cadre tous les aspects « enseignement » de cet accord (+ 30 pages). Nous nous focaliserons donc sur les éléments les plus importants, ceux que la nouvelle majorité met en exergue et ceux aussi qui, malheureusement, nous semblent les plus pertinents pour illustrer la soumission des politiques aux pouvoirs économiques. Passons en revue les éléments principaux de l'accord, assortis des commentaires de l'Aped (en italiques).

Y a-t-il un gouvernement pour sauver l’Ecole ?

Les communautés française et flamande de Belgique sont dotées de nouveaux ministres de l'Education et de nouveaux accords de gouvernement. Dans une interview accordée cette semaine à l'hebdomadaire Solidaire, notre ami Nico Hirtt analyse ces deux programmes. Sans illusions...

Laïla Elmahir : La circulaire Duquesne est discriminatoire et surtout dangereuse

A la toute fin 2002, une jeune enseignante temporaire est apparue sur les écrans. Laïla Elmahir, romaniste enseignant le latin dans la commune Bruxelloise de Watermael Boisfort, avait reçu un certificat de bonnes vie et mœurs sur lequel était indiqué " Manque de respect par rapport aux représentants de l'ordre ". Ceci parce qu'elle avait refusé l'accès à son domicile à un policier sans mandat ! Dans les médias, elle ne se contentait pas de dénoncer le problème qui lui arrivait, mais contestait le principe d'une visite policière chez les enseignants. Nous lui avons demandé d'expliquer sa démarche

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