Notre enquête : jeunes et climat, que savent-ils ? que veulent-ils ?

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Au printemps dernier, 3.259 élèves du dernier cycle de l’enseignement secondaire ont participé à une enquête organisée par l’Appel pour une école démocratique (Aped) qui visait à évaluer leurs connaissances et leur degré de conscientisation dans le domaine du changement climatique. Les résultats sont désormais disponibles et ont fait l’objet d’articles publiés ce 3 octobre dans les journaux Le Soir et De Morgen.

Une enquête similaire avait déjà été organisée par l’Aped en 2015. Les résultats avaient été très alarmants. Il était donc intéressant, en cette année de fortes mobilisations lycéennes sur la question climatique, d’examiner si les choses s’étaient améliorées.

Savoir et comprendre

Aujourd’hui, seuls 13% des élèves comprennent ce qu’est l’effet de serre, le mécanisme par lequel les émissions de CO2 contribuent au réchauffement climatique. Ils étaient 19% en 2015.. Dans l’enseignement professionnel on tombe à 4,6% de bonnes réponses, soit deux fois moins qu’en 2015.62% des élèves croient erronément que les centrales nucléaires sont émettrices de CO2. Ils n’étaient « que » 47% en 2015. Par contre, seul un élève sur deux identifie correctement les centrales électriques au gaz et l’élevage animal comme émetteurs de gaz à effet de serre.

En 2015, 31% des élèves croyaient que l’hydrogène était une énergie renouvelable (alors qu’il ne s’agit pas du tout d’une source d’énergie mais seulement d’un moyen de la stocker). Ce pourcentage grimpe désormais à 48%.

40% des élèves croient tout à fait erronément qu’un déplacement en train émettrait autant, voire davantage, de CO2 par voyageur qu’un déplacement en voiture.
Face à un graphique indiquant l’augmentation de température globale depuis un siècle, un élève sur deux s’avère incapable d’en faire une interprétation correcte.

Comme lors de l’enquête de 2015, une grande majorité des élèves (78%) estime erronément que la fonte des glaces du pôle Nord contribuerait à l’élévation du niveau des mers.

Lorsqu’on traduit ces connaissances en scores chiffrés sur une échelle de moyenne 500 et d’écart-type 100 (comme pour les points des enquêtes PISA), on observe qu’il n’y a pratiquement aucune différence entre francophones et néerlandophones, mais une avance de 24 points pour les garçons par rapport aux filles et un énorme écart de 105 points entre les élèves de l’enseignement général et ceux de l’enseignement professionnel.

Conscients du problème ?

Les mauvais résultats dans le domaine des connaissances ne sont que faiblement compensés par une prise de conscience un peu meilleure qu’en 2015. Ainsi, l’idée qu’il ne faudrait « pas s’en faire » parce que « la science et la technologie parviendront à résoudre le problème » ne séduit plus qu’un peu plus d’un élève sur quatre (28%), contre 31% en 2015. Ils sont aussi un peu plus nombreux aujourd’hui (39%) qu’en 2015 (17%) à avoir conscience du nombre probable de réfugiés climatiques d’ici 2100. Plus nombreux aussi (61% contre 43%) à estimer que nous devrions être prêts à accueillir ces réfugiés. Et alors qu’en 2015 77% des élèves surestimaient grandement la part des énergies renouvelables dans leur consommation d’électricité, ils sont devenus un peu plus réalistes aujourd’hui (42%).

La conscience des écarts Nord-Sud dans la responsabilité du changement climatique reste, comme en 2015, particulièrement faible. En moyenne, les élèves croient que les Chinois consomment davantage d’énergie que les Belges ou les Nord-Américains. Leurs estimations pour le Congo et le Maroc sont également nettement supérieures à la réalité.

Prêts à agir ?

Enfin, quand on en arrive à l’action en faveur du climat, on constate que le taux de participation aux actions et mobilisations pour le climat est cinq fois supérieur dans l’enseignement général par rapport au professionnel.

Seulement 40% des élèves se disent disposés à renoncer à l’avion pour partir en vacances, mais 72% promettent d’utiliser le vélo ou les transports en commun plutôt que la voiture pour leurs déplacements quotidiens.

L’enquête est loin d’avoir fourni tous ses résultats. De très nombreuses variables peuvent encore être explorées. Mais le premier rapport que nous venons de publier compte tout de même déjà 40 pages d’analyses fouillées. Il est disponible gratuitement, par téléchargement, en suivant le lien ci-dessous. Les chercheurs qui souhaiteraient disposer de la base de données pour effectuer d’autres études peuvent en faire la demande à aped-ovds@skolo.org

Nico Hirtt est physicien de formation et a fait carrière comme professeur de mathématique et de physique. En 1995, il fut l'un des fondateurs de l'Aped, il a aussi été rédacteur en chef de la revue trimestrielle L'école démocratique. Il est actuellement chargé d'étude pour l'Aped. Il est l'auteur de nombreux articles et ouvrages sur l'école.

1 COMMENT

  1. Bonjour

    J’aimerais connaitre les études détaillées comparant les contributions des différents facteurs à l’effet de serre.

    Peut-on appréhender toutes les variables entrant dans la construction , l’utilisation , l’entretien et le recyclage des trains ,avions , voitures , bateaux ?

    Ainsi peut-on dire que prendre un TGV qui exige une infrastructure très lourde consommant de l’électricité nucléaire (il faut aussi construire les centrales , extraire l’uranium , l’acheminer et le « recycler ») a une moindre empreinte carbone que la voiture ?

    Un transport plus polluant mais consommant moins de co2 est-il préférable ? comment aborder ce problème ?

    Cordialement Yves

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