Après Paris, Istanbul, Ankara, Tunis, Londres,…

(foto: wikimedia commons)
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Après Paris, Istanbul, Ankara, Tunis, Londres, Madrid, New York, Bamako, Casablanca et bien d’autres, la capitale de l’Europe vient d’être touchée de la plus odieuse des manières. L’Aped est horrifiée par la barbarie terroriste et nos pensées vont évidemment d’abord aux victimes et à leurs proches.

Comment réagir, au-delà de l’émotion bien légitime ? En plaçant des caméras partout ? Des policiers ou des militaires à tous les coins de rue ? Quelle efficacité quand certains sont prêts à mourir pour ce qu’ils croient être une cause ? Sommes-nous vraiment prêts à sacrifier certains droits fondamentaux sur l’autel d’une bien improbable sécurité ?
Aussi insupportable que ce soit, osons dire ce que tout le monde pressent : il n’y a pas de solution à court terme face au terrorisme.

Se résigner alors ? Non, mais en comprendre les racines pour espérer l’éradiquer à terme. Qui peut croire que les dominations imposée aux peuples du Tiers Monde depuis des siècles, les changements de régimes dirigés, les spoliations des richesses naturelles, les soutiens inconditionnels à l’Etat voyou d’Israël ou encore les occupations ne jouent aucun rôle dans le développement des frustrations des peuples concernés ? Qui peut nier que les discriminations, le racisme, les taux de chômage dramatiques, la ghettoïsation des quartiers et des écoles sont un terreau rêvé pour ces recruteurs qui transforment des paumés en criminels fous ?

Alors oui, s’ils ne se sont pas déjà faits exploser, il faut arrêter ces criminels et leurs « cerveaux ».

Mais si nous perdons de vue que le système économique dans lequel nous vivons – le capitalisme pour ne pas le nommer – nous entraîne comme une sorte de train fou, et ce indépendamment du terrorisme, vers l’approfondissement des crises sociale, écologique, économique, morale et évidemment politique, nous ne résoudrons rien fondamentalement.

C’est pourquoi nous ne pouvons que répéter ce qu’écrivait Nico Hirtt dans « l’Ecole Démocratique » de décembre 2015, sous le titre « Contre toutes les barbaries : éduquer, éduquer, éduquer ! »:

Pour que les révoltés cessent de se laisser entraîner par la barbarie néo-nazie du FN ou la barbarie islamiste de Daesh, nous devons encourager et donner consistance à la haine de la barbarie capitaliste.

Cela veut dire : leur montrer, par une solide formation polytechnique, comment ce système économique empêche les progrès d’être mis au service de la résolution des véritables problèmes de l’humanité ; leur enseigner par une solide formation géographique et économique, pourquoi ce système devait inéluctablement conduire au développement inégal et chaotique qui gangrène l’humanité ; leur apprendre, par une solide formation historique, que les peuples du tiers-monde et les classes populaires des pays riches sont également exploités et que leur émancipation passe par leur unité dans la lutte ; leur inculquer, par une solide formation scientifique, que la vérité a besoin de raison et d’observation et non de préjugés ou de croyances ; leur apporter, par une solide formation philosophique, linguistique et mathématique, la capacité de réfléchir avec leur propre tête et pas avec celle d’un chef religieux, d’une Marine ou d’un présentateur de show télévisé ; leur faire sentir, par une solide formation artistique, que la Culture peut être une richesse pour tous et pas seulement pour les riches ; leur faire découvrir, par une solide vie collective, que le respect des autres, le respect de soi-même et la discipline de travail sont les conditions d’une vie active et heureuse, au service de l’émancipation de tous.