Bonne merde !

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En bonne logique, c’est au rédac’chef que revient l’honneur de présenter à ses lecteurs les vœux de l’Ecole démocratique. Des vœux pour 2012 ! Sauf que, dans le marasme actuel, c’est plus facile à dire qu’à faire…

Quoique ! Il est une formule, toute simple, qu’il n’est nul besoin d’être devin pour savoir qu’elle se réalisera : « à toutes et tous, chers lecteurs, bonne merde ! » Car, de toute évidence, si rien ne change, en 2012, plus qu’en 2011 et moins qu’en 2013, dans la merde, nous y serons. A n’en point douter. Et jusqu’au cou !

Les banquiers nous y ont précipités. Et, contre vents et marées, avec leurs alliés politiques, ils continuent d’appliquer les mêmes recettes néolibérales avec toujours plus d’acharnement : profits privatisés, dettes collectivisées, réduction drastique des aides sociales, coupes sombres dans les services publics, au mépris de la vie sous toutes ses formes. Même si les effets criminels de leurs choix éclatent au grand jour, ils poursuivent leur funeste marche.

Et nous, là dedans ? Notre projet d’Ecole et de société démocratiques s’éloigne plus vite que nous n’avançons.

Et pourtant, c’est tout sauf une fatalité.

Me reviennent les mots de Jean Ziegler * : « Une certitude pourtant : en cette fin du XXe siècle, et pour la première fois de son histoire, l’humanité possède les moyens scientifiques, idéologiques, économiques nécessaires pour vaincre – partout sur la planète – la plupart des fléaux : la tyrannie, la faim, l’exploitation, le surtravail, le chômage, la maladie qui, de tous temps, ont affligé la vie des hommes. Les conditions objectives, concrètes, sont aujourd’hui réunies pour que notre terre devienne – enfin ! – habitable pour tous. Il suffirait que nous le voulions et que nous choisissions notre camp : celui des exploités, des offensés, des humbles. »

Nul ne peut plus ignorer l’ineptie et l’injustice des « remèdes » néolibéraux. L’insupportable contradiction du capitalisme.

Militants et sympathisants de l’Aped, nous avons choisi notre camp depuis longtemps. Nous nous battons pour une autre Ecole et une autre société possibles. Nous serons, en 2012, plus que jamais placés devant deux défis. Nos adversaires ont choisi la fuite en avant, ils ont passé la surmultipliée. Nous devrons faire face à des attaques de plus en plus brutales. La lutte va se durcir. Forcément. Il nous incombe de résister… et de préparer un monde plus humain. Au vu des circonstances, l’heure est venue de redoubler de vigilance, de solidarité et de combativité. Et de sortir de notre univers un peu clos. Nous trouverons des alliés. A nous de multiplier les liens tous azimuts. Entre enseignants progressistes belges. Mais aussi nos liens internationaux. Et nos liens avec toutes les catégories de citoyens et de travailleurs avides de démocratie réelle. Les occasions ne vont pas manquer, ça c’est une certitude. Alors, au risque de nous répéter, chère lectrice, cher lecteur, pour 2012, de tout cœur, bonne merde !

* J. Ziegler, Retournez les fusils, 1980

1 COMMENT

  1. Bonne merde !
    Dans la merde, nous y sommes déjà, et depuis fort longtemps. On peut s’étonner que nombreux soient ceux qui s’y complaisent, bon gré, mal gré, dans l’attente hypothétique de voir arriver le fameux « ascenseur social » que certains nous promettent. Il serait parait-il momentanément en panne? Qu’il le reste! D’ailleurs je n’y crois pas, je n’y ai même jamais cru. Sortir de ma condition, gravir l’échelle sociale!!! C’est quoi cette M…..
    Elle est belle ma condition, elle est belle ma classe, elles ont une belle histoire commune, une belle culture et tant d’autres belles choses en commun. Alors pourquoi en sortirai-je? Pourquoi irai-je singer mes bourreaux?
    Alors tu as raison, Philippe, tissons, re-tissons les liens solidaires, collectifs, retrouvons notre combativité (pour ceux qui l’auraient perdue). N’attendons pas l’ascenseur, ouvrons bien les yeux, nous n’y verrons qu’un vulgaire « monte charges » dans lequel on nous entasse, et qui fluctue au gré des besoins de nos ennemis de toujours.
    Bonne année à celles et ceux qui luttent, même s’ils peuvent perdre, bonne merde à celles et ceux qui ne luttent pas car ils ont déjà tout perdu.
    Un modeste « colibri » qui fait sa part pour éteindre l’incendie,
    Patrick

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