La Culture pour tous ou la loi de la jungle? Il faut choisir!

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A propos du livre Une école sous influence, de Jean-Paul Brighelli.

Beaucoup de mes amis pédagogues vont encore m’interpeller et me demander si je ne change pas de camp car en effet, j’ai apprécié ce livre et partage beaucoup d’idées émises par son auteur.
Naturellement comme pour les deux précédents livres que j’ai dégustés avec autant de régal, j’ai eu parfois quelques éruptions de boutons…
Les pédagogues sont largement critiqués, tancés, moqués….

Encore une fois je persiste et signe : on peut se réclamer de Freinet et combattre l’appauvrissement des contenus, le nivellement par le bas et la démagogie qui consiste à caresser dans le sens du poil les jeunes destructurés.
Comme beaucoup d’enseignants, je suis d’accord avec les propos rapportés de Michèle Naervaez, agrégée de lettres :  Pourquoi faudrait-il accepter qu’un élève parle en classe comme il parle chez lui. .
Chaque enfant, chaque élève doit avoir accès à la culture et non à une bouillie même pas tamisée .

Tout n’est pas acceptable à l’école ou dans la rue : l’égalité des droits doit s’appliquer et les religions doivent rester cantonnés à la sphère publique et ne pas pouvoir imposer leur loi qui en plus est toujours réactionnaire.
Jean-Paul Brigelli explique bien avec un style incisif les enjeux du combat actuel entre l’obscurantisme et les lumières.
Comme lui et beaucoup d’autres j’ai fustigé et je condamne les politiques suicidaires de complaisance qui ont conduit certains politiques à donner les clés de maisons de jeunes et de structures aux grands frères qui ont pu ainsi imposer leurs diktats.
Mais parfois l’intelligence prime sur la bêtise:
Quand il s’est agi de recruter dans les Collèges des médiateurs prévention violence, des militants d’éducation populaire ont demandé et obtenu : que les ressortissants des quartiers ne soient pas recrutés pour travailler dans les établissements des villes où ils vivaient et qu’une formation préalable leur soit donnée….

Oui, il est bien difficile de redresser l’école quand l’environnement a si massivement démissionné   mais comme l’explique avec force l’auteur de ce livre:   Assimilation_par l’école, avant tout. Par l’apprentissage scupuleux d’une langue. Par la transmission d’un savoir et d’une culture, d’un champ référentiel commun. Il n’est pas question pour moi de supprimer l’origine-l’ethnos, au sens large. Mais de les sublimer par la culture, et l’apprentissage en commun d’une langue normée. 

Si l’auteur analyse sans faiblesse le système scolaire actuel, la lâcheté de politiques, c’est pour déboucher sur d’autres perspectives permettant d’ouvrir les portes du savoir à tous les élèves et de mettre fin au règne de l’obscurantisme…

L’annexe occupe plus du tiers de l’ouvrage…Cette petite histoire des monothéismes, truculente, passionnante et tellement véridique ressemble à un dessert succulent que nous offrirait Jean-Paul Brighelli…A ne pas manquer.
L’auteur ne baisse pas les bras et il a bien raison: 
S’il reste un espoir, c’est d’améliorer l’Homme
-malgré lui.
Combattre jusqu’au bout l’axe du Mal-le sabre, le goupillon, et le croissant, et la mondialisation de la bonne conscience.
Lutter, comme disait Voltaire, lutter sans relâche pour écraser l’Infâme. 

Une école sous influence,
de Jean-Paul Brighelli,
Jean-Claude Gawsewitch Editeur,
275 pages,
Octobre 2006,
19,90 eur