L’émergence de l’approche par compétences dans l’enseignement 

Depuis quelques années, l’« approche par compétences » connaît un succès retentissant au sein de l’enseignement, tous niveaux confondus. En centrant les apprentissages sur le développement de compétences nécessaires à l’accomplissement de tâches, elle fait la part belle aux prémisses utilitaristes de l’économie contemporaine. Ce faisant, le champ des savoirs n’occupe plus qu’une place secondaire. Si, historiquement, les systèmes éducatifs ont toujours été en phase avec les transformations sociales, l’approche par compétences, elle, remet en cause toute la question de la finalité de l’enseignement. Explications. [[Cet article prend appui sur un travail de recherche réalisé par Arnault Deltour dans le cadre d’un mémoire de la Faculté ouverte de politique économique et sociale (FOPES) de l’UCL (DELTOUR A., Mutations culturelles : L’approche par compétences dans l’enseignement de la Communauté française de Belgique en question, mémoire,  Louvain-la-Neuve, UCL-FOPES, 2013 (http://www.uclouvain.be/441609.html)) et sur divers travaux d’Éric Mangez.]]

Pas d’école démocratique sans instruction polytechnique

L'enseignement polytechnique tourne le dos aussi bien à l'enseignement général actuel, qui ignore et méprise l'acte productif, qu'à l'enseignement professionnel précoce, qui enferme le jeune dans une spécialisation étroite. L'enseignement polytechnique vise à réconcilier l'homme consommateur et producteur avec l'homme créateur d'outils. Nico Hirtt

Décret « inscription » ou la permanence de la lutte des classes

Le retentissement de la mise en œuvre du « décret » inscription illustre l’actualité d’une polarisation « gauche-droite » dans les choix de société que traduisent certaines décisions politiques.

Changer l’école, pour changer le monde

Lors de la publication, en juin 2003, de l'étude « la catastrophe scolaire belge », certains nous avaient reproché de nous en tenir au constat, sans véritablement proposer d'alternative. Le grief n'était que partiellement fondé : notre étude ne se limitait pas à répercuter le constat - établi par les grandes enquêtes internationales sur les compétences des élèves - que les écarts de résultats et, surtout, leur détermination sociale, sont plus élevés chez nous que dans la plupart des autres pays industrialisés. Nous démontrions surtout, indices statistiques à l'appui, que l'inégalité sociale à l'école est fortement corrélée à trois facteurs : le sous-financement de l'enseignement primaire, la sélection précoce en filières hiérarchisées et l'obligation faite aux parents de choisir l'école de leurs enfants sur un marché scolaire (la mal nommée « liberté de choix »). Ces pistes d'explication indiquaient, automatiquement, des pistes de réflexion pour une autre école : mieux financée, unique, publique.

Coûts scolaires : une piqûre antidémocratique

La Ligue des Familles remet l’ouvrage sur le métier : une fois de plus, elle fustige le coût d’une scolarité obligatoire qui devrait pourtant...

Une ministre de l’enseignement qui divise pour mieux régner

Depuis la déclaration de la ministre Glatigny, en juin 2024, annonçant la suppression des nominations sous prétexte de rendre le métier plus attractif, on...

Notes marginales auprès du Rapport de la Fondation Roi Baudouin

Un rapport publié par la Fondation Roi Baudouin dit contester nos conlusions de juin dernier, relatives aux résultats scolaires des enfants issus de l'immigration. Nous revenons sur cette discussion, dans un article fort technique, mais qui démontre la pertinence de nos constats.

Pénurie : et si, comme en Finlande, on faisait confiance aux enseignants ?

Le problème de la pénurie est particulièrement préoccupant en Communauté française et, même s’il est difficile à quantifier car la situation est forcément très...

Coup de gueule sur les examens de Noël

Aujourd'hui, et depuis quelques années déjà, je suis prof. Vous savez, cette espèce en voie de déconsidération, de disparition même. Cette espèce qui occupe...

Décret inscriptions, pensée magique, réalités bruxelloises

L’objectif du décret inscriptions est d’amorcer une politique de contrainte à la mixité sociale dans les écoles. On y voit un remède à l’échec scolaire qui, sur fond de discrimination persistante, se concentre massivement dans les familles socialement défavorisées. Derrière cette ambition, une idée « force » : à rebours d’un préjugé répandu et largement nourri d’inquiétudes parentales sans fondement, le brassage scolaire améliorerait les performances d’ensemble des élèves, créant un environnement qui tirerait « vers le haut » les plus démunis d’entre eux. Le profit de la mixité, ajoute-t-on , ne se limite pas l’élévation du niveau des plus faibles : il se répartit entre tous, tant la rencontre de l’autre et la confrontation des différences font partie intégrante du développement harmonieux des enfants de tous horizons.

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