Avec l’entrée du capitalisme dans l’ère de la globalisation et des crises à répétition, l’école, elle, est entrée dans l’ère de la marchandisation. Une triple marchandisation, en réalité : primo, sa conquête par les marchés ; secundo, son utilisation aux fins de stimuler les marchés ; tertio (et surtout) l’adaptation de ses structures, de ses contenus, de ses pratiques, aux fins de répondre aux attentes du marché du travail. Concrètement, tout cela se traduit par le glissement des savoirs vers les compétences, par le mise en compétition des systèmes éducatifs, des écoles, des enseignants et des élèves, par l’introduction de techniques managériales importées du secteur privé, etc.

Certains des articles proposés ici sont déjà anciens, mais leur analyse reste cruellement correcte.

NOS ARTICLES PRINCIPAUX

Compétences et compétition : deux formes de la dérégulation de l’enseignement...

«Efficacité et équité». On ne compte plus les rapports de la Commission, les motions du Parlement européen, les mémorandums du Conseil des ministres de l'Education, les circulaires et les colloques de spécialistes se penchant sur «l'efficacité et l'équité des systèmes éducatifs en Europe». La doctrine officielle de l'Europe en matière d’enseignement semble désormais tenir dans ces deux mots : «efficacité» et «équité». Qui pourrait ne pas applaudir un si beau programme ? Quelqu'un, dans cette salle, se lèvera-t-il pour affirmer qu'il ne veut pas d'un enseignement efficace ? Quelqu'un a-t-il une objection à élever contre une éducation équitable ?

Le paradigme européen de la connaissance

La construction institutionnelle d’un « espace européen de l’éducation, de la recherche et de l’innovation » s’est réalisée en s’appuyant sur un discours très particulier donnant à la connaissance une finalité strictement économique[[Cet article constitue le chapitre 2 de l'ouvrage «La grande mutation. Néolibéralisme et éducation en Europe, par Christian Laval, Isabelle Bruno et Pierre Clémant, Editions Syllepse, collection 'Comprendre et agir', Paris, 2010. Avec l'aimable autorisation des auteurs]]. Ce discours a sa cohérence, il détermine un ensemble de réformes institutionnelles, il coagule des intérêts multiples, il impressionne et paralyse d’éventuels opposants. En un mot, le discours européen sur la connaissance s’est progressivement établi comme une rationalité dominante[[Nous en avons déjà analysé les grandes lignes dans plusieurs ouvrages précédents: Christian Laval et Louis Weber (coord.), op. cit., 2002 et Christian Laval, L’école n’est pas une entreprise, Le néolibéralisme à l’assaut de l’enseignement public, Paris, La Découverte, 2004. Plus récemment, cf. Isabelle Bruno, À vos marques, prêts... cherchez! La stratégie européenne de Lisbonne, vers un marché de la recherche, Bellecombe-enBauges, Le Croquant, 2008.]]. Quels en sont les traits majeurs, les origines diverses, les articulations principales ?

La réforme managériale et sécuritaire de l’école

L’école-entreprise, tel semble bien être l’objectif des nouveaux réformateurs de l’école à l’ère néolibérale et sécuritaire. Ne serait-il pas temps de faire de l’école une machine « efficace », de la soumettre à la saine pression concurrentielle du marché, à l’évaluation généralisée des résultats, à la surveillance numérique des élèves et des professeurs, au dépistage des comportements anormaux  ? L’heure n’est plus à la démocratisation de la culture, elle est à la croissance de la productivité des enseignants et à leur mutation en hommes d’entreprise.

Quand la Commission se soucie d’équité

Peut-on concilier l'efficacité économique de l'enseignement avec son équité sociale ? L'école peut-elle à la fois être en phase avec les attentes des employeurs et des marchands et, en même temps, garantir une égalité de chances entre les élèves ? A cette question, la Commission européenne a choisi de répondre de façon résolument optimiste. Malheureusement, la vision de l'équité qu'elle nous propose est bien étrange...

Les trois axes de la marchandisation scolaire

Depuis la fin des années 80, les systèmes éducatifs des pays industrialisés sont soumis à un feu roulant de critiques et de réformes : décentralisations, déréglementations, autonomie croissante des établissements scolaires, allègement et dérégulation des programmes, « approche par les compétences », diminution du nombre d' heures de cours pour les élèves, partenariats avec le monde de l' entreprise, introduction massive des TIC, stimulation de l' enseignement privé et payant. Il ne s' agit pas là de lubies personnelles de quelques ministres ou d' un fait de hasard. La similitude des politiques éducatives menées dans l' ensemble du monde capitaliste globalisé ne laisse planer aucune doute quant à l' existence de puissants déterminants communs, impulsant ces politiques.

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