Le Parti Populaire en rupture avec l’Aped !

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Mue par une curiosité toute pédagogique, je me suis penchée sur les propositions du Parti Populaire concernant l’école. Quelle ne fut pas ma surprise : Mischaël Modrikamen est en désaccord avec les propositions de l’Aped ! Bon, j’avoue, cela ne m’étonne pas vraiment.

Le PP est effectivement pour la suppression du décret inscription alors que l’Aped souhaite qu’il aille plus loin et qu’une école soit proposée à chaque parent dès le primaire afin d’assurer une véritable mixité dans les écoles et d’éviter la formation d’école « ghetto de riches » ou « ghetto de pauvres ».

En parfaite cohérence avec cette suppression du décret inscription, le PP prône aussiune véritable autonomie de gestion pour les écoles et l’instauration de chèques éducation ajoutant que « toute distinction entre école publique et privée, entre réseaux, sera abolie »[1]. Il est vrai que tout cela se tient, mais M. Modrikamen oublie de préciser que, avec ces chèques éducation, c’est le privé et le marché scolaire qui seront gagnants. On risque dès lors de ne plus parler d’école publique du tout. C’est effectivement une façon de supprimer « toute distinction entre école publique et privée » !

Cependant, en observant attentivement l’UNIQUE page consacrée à l’enseignement, j’ai relevé quelques erreurs symptomatiques, au mieux, d’un manque de connaissances flagrant ou, au pire, d’une incompétence manifeste en matière d’enseignement.

Ainsi, dans l’introduction consacrée à « Une école du savoir et de l’effort », le PP souligne que « Nous sommes bons derniers aux tests internationaux Pisa (la Flandre en tête !) »[2]. Cela est malheureusement presque vrai si l’on parle d’équité, mais la Flandre, dans ce cas-là, n’est pas du tout en tête puisqu’elle se classe aussi mal que nous. Par contre, cela est complètement faux si l’on parle des performances moyennes obtenues par les élèves de la Fédération Wallonie Bruxelles. En effet, ceux-ci se classent non loin de la moyenne de l’OCDÉ[3] et ne sont donc pas les « bons derniers ». Ajoutons que la Flandre n’est pas en tête de ce classement des performances, même si elle se classe devant la FWB. Mais nous ne sommes plus à une imprécision près !

Enfin, la plus flagrante erreur, motif de cet article, concerne le tronc commun. S’insurgeant contre le pacte d’excellence, le PP récuse « le projet de tronc commun de 15 à 18 ans qui menace de compromettre les contrats d’apprentissage »[4]. J’avoue que j’ai dû relire cette phrase de nombreuses fois pour m’assurer de sa compréhension. Où M. Modrikamen a-t-il vu que le tronc commun concernait les élèves de 15 à 18 ans ? Comment une telle erreur peut-elle se glisser dans un programme approuvé par un Congrès ? Sur quelle planète vivent les membres du PP ? N’y a-t-il pas un seul enseignant parmi eux ? Évidemment, si cette grossière erreur ne figurait pas dans leur programme, comment le PP pourrait-il alerter son électorat potentiel d’une menace sur l’apprentissage et l’enseignement dual prôné par le parti ?

Une simple erreur ou une manipulation de l’électorat ? À vous de juger…

[1] https://partipopulaire.be/Propositions_du_Parti_Populaire_2018-2019.pdf, p. 22

[2] Ibidem, p. 21.

[3] Cf « Les résultats de l’enquête Pisa 2015 en Fédération Wallonie-Bruxelles » in Les cahiers des Sciences de l’éducation n°37 de décembre 2017

[4] https://partipopulaire.be/Propositions_du_Parti_Populaire_2018-2019.pdf, p. 22

1 COMMENT

  1. Bon au risque d »ouvrir une discussion belgo-belge sans fin, pour ma part j »estime qu »il est faux d »affirmer que la NVa ( issue de la Volksunie pour rappel) soit un parti d »extrême-droite, ce qu »est indubitablement le Vlaams Belang. Bien que l »électorat entre le Vlaams Belang et la NVa tient à quelques mailles, tout comme de nombreux membres du premier rejoignent le second ( vu la déculottée électorale, la soupe vaut bien quelques pas), on ne peut pas mettre tout ce petit monde (qui pèse lourd aujourd »hui) dans le même panier. Tous deux indépendantistes et nationalistes certes, le parti de De Wever ne vocifère pas « que la Belgique crève, jusqu »à vomir sur le Parlement comme le Vlaams Belang. N »en déplaise ça reste un parti démocrate. Et pour l »avoir expérimenté, ma « francitude n »a jamais été mise à mal par un partisan de la Nva. Pas plus que je n »ai eu à souffrir d »une quelconque discrimination alors que je vivais à Anvers dont De Wever est le bourgmestre. Ce qui les distingue principalement est l »européisme de la NVa qui ne tient pas du tout à la disparition de Bruxelles et de ses prébendes! Séparatiste radicale vis à vis des francophones, la NVa reste néo-libérale et donc pas du tout pour la fermeture des « futures frontières de la Flandre: main-d »oeuvre étrangère bon marché et tout le toutim en libre circulation!

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