Cuba: ce qui grandit un petit pays

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Durant les dernières vacances de Pâques, l’Appel Pour une Ecole Démocratique organisait un voyage d’étude à Cuba. Un groupe de 19 enthousiastes (à part deux, tous des enseignants) goûtait pendant deux semaines à l’hospitalité cubaine et pouvait voir de l’intérieur son système d’enseignement, de la maternelle à l’université, de l’enseignement de la deuxième chance jusqu’aux instituts pour handicapés. Dans ce dossier thématique, nous voulons partager notre goût pour l’enseignement cubain. Nous n’avons pas la prétention de vous livrer une œuvre académique, mais nous avons tout de même essayé, sur base de nos expériences et d’un peu d’étude, de vous donner une vue systématique. Nous avons demandé aux participants de se focaliser chacun sur un aspect déterminé et d’en faire rapport. Le tout débouche sur une association de matériel d’étude et d’impressions de voyage, avec évidemment différentes interprétations des expériences vécues, chacun ayant son style. La rédaction a délibérément donné carte blanche à chaque auteur. Il faut avouer que les divergences d’opinion montaient dans le groupe dès qu’il était question de l’enseignement belge… Dans cette introduction, nous voulons exposer quelques aspects sociaux et l’évolution récente de Cuba, informations nécessaires pour bien comprendre la
(R)évolution de l’enseignement des dernières années dans l’île.

Le dossier complet sur l’enseignement à Cuba, dont vous pouvez lire un article ci-dessous, compte 36 pages et a fait l’objet d’un numéro spécial de l’Ecole démocratique en septembre dernier. Vous pouvez le télécharger ci-dessous. Voici le contenu de ce dossier :

– Ce qui grandit un pays
– Vue panoramique: L’enseignement à Cuba,
une réussite « avec distinction »
– Jouer au petit docteur en classe: Une école
maternelle aux environs de La Havane
-Une école fondamentale à Trinidad: Enseigner est une profession d’amour
– L’école primaire Youri Gagarine : Apprendre au rythme de la salsa
– L’enseignement supérieur à Cuba : L’université va vers le peuple
– Formation d’animateurs artistiques à l’école
Manuel Ascunce Domenech de Villa Clara : Des humanités artistiques qui swinguent
– «Mon travail : étudier»
Enseignement de la deuxième chance à Cienfuegos
– Etudier du matin au soir
L’Ecole normale de Melena del Sur
– L’école « Solidarité avec Panama » . L’enseignement spécial à La Havane
– Les «Palacios»: De vrais palais pour les enfants,
mais pas comme dans les contes de fées !
– Et un voyage de plus à Cuba !

Vous pouvez télécharger le dossier complet au format PDF en cliquant ci-dessous :

Cuba.pdf

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Pauvre mais développé

Cuba continue à nous déboussoler. C’est un pays du tiers monde, mais puisqu’on n’y trouve pas la misère criante typique d’un pays du sud, on a tendance à oublier qu’on est bel et bien dans un pays pauvre. Grâce au développement fort de l’île dans les domaines de l’enseignement, de la science, des soins de santé, de la culture,…on la considère spontanément suivant les critères d’un pays riche et développé. Ce qui est évidemment une erreur. Si, dans ces articles, vous faites abstraction des circonstances matérielles (souvent faibles) et oubliez les noms des lieux, vous pourriez croire à un voyage d’études en Espagne, au Canada ou encore dans la riche Norvège.

| |Belgique|Cuba|Amerique-Latine|
|Espérance de vie|79 a|77 a|71 a|
|Mortalité enfants|5‰|6‰|27‰|
|PNB / Hab|$ 26.000|$ 2.500|$ 3.300|
|Dépenses enseignement en % PNB|5,8%|8,5%|3,9%|
|Travail d’enfants|0%|0%|9%|

Sources: undp, Human Development Report 2004, p. 168-171; 202-5; Worldbank, World Development Report 2005, p. 256-7, 264; Chronic Poverty Research Centre, The Chronic Poverty Report 2004-05, p. 112.

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Unicef, State of the World’s Children 2005, _New York 2005; minsap, Estadísticas 2004.

Pourtant, il s’agit ici d’un pays qui économiquement se trouve en dessous de la moyenne d’ Amérique Latine et qui peut être comparé aux pays Nord Africains. Dans ces pays, le travail d’enfants est coutumier, la couche sociale basse est analphabète, il y a des milliers d’enfants dans les rues et seule une élite peut rêver d’études universitaires. Voilà à quoi on devrait s’attendre à Cuba et c’est dans ces reflets qu’il faut regarder et évaluer la société cubaine et son système d’enseignement.

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Ces graphiques comparent les niveaux des étudiants latino-américains en mathématique et en langue. Il s’agit des 2éme et 3éme degrés dans l’enseignement primaire. Unesco (Laboratorio Latinoamericano de Evaluación de la Calidad de la Educación), Primer Estudio Internacional Comparativo sobre Lenguaje, Matemática y Factores Asociados en Tercero y Cuarto Grado. Santiago 1998, p. 37 en 59.

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(Ce graphique montre le score d’étudiants supérieurs en langues, par rapport au nombre d’années d’enseignement de leurs parents)

Une base économique faible est évidemment un handicap important pour bien nourrir une population, lui offrir un bon enseignement et lui fournir des soins de santé adéquats. Mais on peut le surmonter. L’exemple cubain montre que le développement social n’est pas déterminé par le développement économique. Développement et lutte contre la pauvreté sont d’abord une question de redistribution, de rapports de pouvoir et donc de politique. La pauvreté et la misère ne sont pas un destin, mais une suite de rapports sociaux.

La Période Spéciale

La base économique faible de Cuba est le résultat de trois facteurs : sa position sur le marché mondial, l’effondrement du bloc de l’Est et le blocus imposé par les Etats-Unis. La colonisation avait fait de l’île une énorme plantation de canne à sucre, puis un pays conquis par les multinationales américaines. Cuba avait toutes les caractéristiques typiques d’un pays du tiers monde. Après la révolution de 59, l’île s’est directement vue imposer un blocus économique. Les grandes pertes qui s’en suivirent furent partiellement compensées par les relations privilégiées avec les pays du bloc de l’Est. Mais ceux-ci se sont brusquement arrêtés avec la chute des pays socialistes en Europe et en URSS. Les conséquences en furent désastreuses pour Cuba. Les USA poussaient plus loin encore, en renforçant le blocus par les lois Torricelli (1992) en Helms Burton (1996). L’économie traversait une dépression sans précédent. Le PNB descendait de 35%, le commerce de 80%, des pans entiers de la production étaient paralysés. Ce genre de situation n’apparaît normalement qu’en période de guerre. C’est pourquoi on l’a baptisée la « Période Spéciale en temps de paix ».
Dans des situations économiques pareilles, la situation sociale régresse aussi, du moins en est-il ainsi dans les pays capitalistes. Le pouvoir d’achat de la population cubaine a sensiblement baissé, mais les indicateurs sociaux ont continué à progresser. La mortalité des nouveaux-nés – ce qui est un indicateur important pour mesurer le bien-être d’une population – a diminué pendant la Période Spéciale de 12 à 6 par mille, ce qui en fait une des plus basses au monde.

Le gouvernement cubain a fait appel à une gestion de crise bien pensée et équilibrée, entre autres en développant le tourisme, ce qui a donné bien vite des résultats. La relance dure depuis 1994 et, depuis la fin des années 90, dépasse de loin la moyenne de l’Amérique Latine… En ce moment, Cuba se trouve au même niveau que celui de 1989. Autrement dit : une perte de 15 ans. Sans cette crise, le PNB serait aujourd’hui supérieur de 70% et sans le blocage, il eût été même beaucoup plus haut.

Pour les sources, voir articles de Vandepitte M., sur www.cubanismo.net.

Vers la fin de notre voyage (9 avril 2005), une intervention monétaire importante était planifiée : une réévaluation des monnaies locales (il y en a 2). Quelques mois auparavant, le dollar cessait d’être accepté comme moyen de paiement. Cela nous mènerait trop loin de tout expliquer, mais ceci est un signe clair de la force croissante de l’économie cubaine, entre autres conséquences des relations économiques favorables avec le Venezuela, la Chine et le Brésil, et de quelques autres opportunités. D’autres réévaluations suivront, qui devraient combler le fossé entre Cubains qui détiennent des dollars (ou d’autres devises) et ceux qui n’ont que des pesos.

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Batalla de las Ideas

Pendant la Période Spéciale, le monde autour de l’île a profondément changé. Avant elle, deux grands blocs maintenaient un équilibre. Maintenant, Cuba se trouve dans un monde hostile où une mondialisation néolibérale dirigée par les USA réclame tout le pouvoir. Ce qui augmente le risque d’agression des USA envers Cuba. Des personnalités de l’administration Bush n’hésitent pas à viser Cuba dans leur « guerre au terrorisme ». D’un autre côté, il y a une jeune génération cubaine qui n’a jamais connu que les problèmes de la Période Spéciale, une jeune génération ciblée par une idéologie néolibérale et sensible à celle-ci.
Pas moins que 2.239 heures de radio par semaine – sponsorisées par le gouvernement US – assiègent l’île avec des appels contre-révolutionnaires et de la désinformation. Ce qui est bien vu, car la Période Spéciale a laissé des traces. Ella a érodé la foi révolutionnaire de la population. Mais le gouvernement cubain a bien réagi. Déjà en 1998, quand l’île retrouvait un peu plus de souffle matériel, il initiait les premiers pas de la ‘Batalla de las Ideas’. Solidarité, effort social, internationalisation et travail collectif au projet de la révolution sont à l’ordre du jour. Pour réaliser ceci, Cuba s’inspire de José Martí, le poète héros de l’indépendance, et suit le Che. ‘Ser como él’ (‘Etre comme le Che’) est la devise des Pionniers, le mouvement de jeunesse nationale. José Martí défendait l’idée que seul un peuple bien instruit et formé peut s’assurer de sa liberté. Face à la campagne de l’ennemi, la révolution s’arme avec une meilleure formation et un niveau culturel supérieur du peuple, liés à une forte mobilisation. La ‘Batalla de las Ideas’ contient 200 projets concrets, tous ciblant le développement de la connaissance, de la culture et de la conviction.

Mais ce n’est pas uniquement pour le combat que la révolution veut se renforcer. Il y a un plus grand projet : développer une société socialiste plus équitable. Car, après tout ce qui a été atteint après 40 ans de révolution avec l’égalité des chances pour chaque Cubain, la marginalité et le racisme sont toujours présents. Les Cubains veulent résoudre ces problèmes à court terme et faire un grand saut social.

« S’ils veulent nous combattre au niveau des idées, nous gagnerons cette guerre. Une forteresse d’idées est plus forte qu’une de pierres. Une idée juste qui se défend de la profondeur d’une grotte est plus forte qu’une armée »
José Martí.

Elián et ‘Les Cinq’

La ‘Batalla de las Ideas’ a pris forme pour du bon pendant la campagne pour ramener chez son père à Cuba,le petit garçon Elián, pris en otage à Miami. L’enfant avait été emporté, à l’insu du père, par sa mère et son ami sur un bateau pour Miami. Le 25 novembre ’99, on apprenait qu’Elián, après un naufrage où sa mère avait trouvé la mort, avait été sauvé par des pêcheurs et que la maffia cubaine à Miami ne comptait pas renvoyer le garçon d’à peine 5 ans auprès de son père. Des jeunes et des écoliers se mirent spontanément en action. Chaque soir, il y avait de grandes manifestations devant la Représentation Américaine à la Havane. Le peuple cubain s’opposait à la machine de propagande US qui prétendait que l’enfant était mieux à Miami. Ce fut le démarrage pour la ‘Batalla de las ideas’.
La ‘Batalla de las Ideas’ emportait une première victoire le 28 juin 2000, quand Juan Miguel González porta Elián fièrement dans ses bras en sortant de l’avion à la Havane. Grâce à la mobilisation de tout le peuple cubain et grâce à la solidarité internationale, y compris aux USA, le garçon était revenu dans sa famille malgré la forte pression de la maffia cubano-américaine de Miami. L’enthousiasme révolutionnaire cubain, jeunes et anciens confondus, s’amplifiait. Une nouvelle impulsion est alors venue avec l’affaire des « Cinq ». Depuis les années ’60, des groupes terroristes sont actifs contre Cuba, depuis Miami et avec un appui à peine caché de la CIA et de la Maison Blanche. Puisqu’une collaboration avec les autorités US est exclue, les Cubains ne pouvaient faire autrement que d’infiltrer ces réseaux terroristes. C’est ce que faisaient Gerardo Hernández, Ramón Labañino, René González, Fernando González et Antonio Guerrero. Au risque de leur propre vie, ils infiltraient pour obtenir de l’information et prévenir les attentats. Grâce à leur courage, quelques grands attentats à la bombe ont été prévenus. Malheureusement, ils furent découverts et arrêtés en 1998. Après un faux procès, ils ont été condamnés à des peines anormalement lourdes (4 fois pour la vie et une fois 77 ans). Depuis lors, ils ont été proclamés héros de la révolution cubaine. Des millions de Cubains manifestent pour eux et l’affaire est quotidiennement dans le journal télévisé. De par le monde, il y a plus de 200 comités « Free the Five » qui agissent pour leur libération. Ils constituent un symbole de la résistance contre l’impérialisme américain. Depuis des années, la campagne pour leur libération est la campagne primordiale à Cuba. Quand on s’adresse à des gens dans la rue au sujet des Cinq, on touche leur âme, ce que les voyageurs des vacances de Pâques ont pu vérifier plusieurs fois.

Plus de 200 programmes

Les leaders de la révolution ont confié la responsabilité de la ‘Batalla de las Ideas’ résolument aux jeunes. Ils sont responsables de plus de 200 programmes dans cette campagne. Ainsi Miriam Yanet Martín González, présidente nationale des Pionniers et âgée d’à peine 30 ans, est responsable d’un des programmes pour les jeunes entre 12 et 15 ans. Chacun sait que c’est un âge sensible. Cuba a décidé de mener une révolution dans la pédagogie du cycle inférieur de l’enseignement secondaire. Les enfants, sortant de la petite classe bien connue avec l’instituteur, se retrouvent tout à coup dans l’anonymat d’une grande école, avec une masse d’enseignants pour différents cours. Et cela à un age où un bon accompagnement est indispensable pour maintenir la motivation. En 2001, Cuba a entamé une expérience. Cent jeunes de 18 ans avaient été requis pour ce projet. Ils se firent appeler « los 100 valientes », les 100 courageux. Ils ont commencé une formation intégrale de régendat. Ils devaient pouvoir donner aussi bien l’éducation physique, que les langues étrangères et tous les autres cours, à des petites classes de 15 étudiants. Ainsi pourraient-ils assurer un bon suivi de chaque élève. L’enseignant pourrait établir un lien personnel avec chacun des 15 élèves, il connaissait ses problèmes, sa famille, sa situation sociale. Les résultats du test dans deux écoles, avec ces jeunes enseignants en pleine formation, furent merveilleux. Depuis lors, la formation intégrale et l’application du programme ont été généralisées. Le 8 septembre 2003, au début de la nouvelle année scolaire, le programme fut instauré dans 1.140 écoles secondaires inférieures, avec un total de 498.000 étudiants. Comme tous les programmes de la ‘Batalla’, celui-ci est minutieusement suivi. Chaque soir à 5 heures, dans chaque école, une brève réunion d’évaluation se tient. Une heure plus tard, les résultats se trouvent au « poste de commande nationale ». L’équipe responsable – le ministre de l’enseignement, Miriam Yanet, les collaborateurs du cabinet et les cadres des mouvements de jeunesse cubaine – revoit ces résultats et apporte des corrections là où c’est nécessaire.

Un autre programme : « Etudier comme job ». Beaucoup de jeunes semblent «glander ». Ils quittent l’école pour diverses raisons, n’obtiennent pas de diplôme et ne travaillent pas. Ils perdent leur temps, font des petits travaux, essayent de temps à autre d’obtenir de l’argent d’un touriste. Bref, ils n’ont pas de place dans la société et font partie d’un groupe à risque qui peut se retrouver dans la criminalité. Des 170.000 jeunes Cubains qui se trouvaient jusqu’il y a peu dans cette situation, 63,4% ont repris les études. Ils ont été payés pour étudier. 37.155 d’entre eux sont depuis lors entrés à l’université. 1000 de ces derniers ont choisi une carrière de médecin. En même temps, des milliers de familles, qui depuis des générations vivaient dans la marginalité, ont senti que la révolution s’occupait explicitement de leurs enfants. Aussi les petits ne sont pas oubliés. A Cuba, un pays en développement, depuis longtemps déjà, les enfants en dessous de 12 ans allaient à l’école. Mais souvent dans des locaux trop petits ou en mauvais état. Pendant l’été 2002, les étudiants cubains ont pris les choses en main. Comme chaque année, ils ont suivi l’appel de Che Guevara aux ‘Brigadas Estudiantiles de Trabajo’, les brigades de travail des étudiants, pour remplir quelques tâches sociales comme volontaires. Des centaines de locaux d’écoles ont été construits ou aménagés. Depuis, le nombre maximal d’élèves par classe est de 20, toutes les écoles primaires sont équipées d’une télévision et d’un vidéo par classe, et un local d’ordinateur. Des cours modèles, donnés par les meilleurs enseignants, sont distribués par vidéo. Pour réaliser ceci, il fallait prévoir l’électricité. Quelques écoles dans des régions lointaines, ne l’avaient pas encore. Au total, 2.368 panneaux solaires ont été placés. 439 de ces écoles n’avaient que 5 élèves, 67 n’en avaient qu’un seul.Malgré tout, ils ont tous été installés et chaque école a son équipe d’enseignants.

Cela nous mènerait trop loin de parcourir chaque programme et d’évaluer son impact. Dans l’article de J. De Maere, tous les plans concrets de l’enseignement sont alignés. Nous remarquons encore juste que de deux programmes de la’Batalla de las Ideas’ sont destinés à l’ensemble de la population. D’abord la ‘Mesa Redonda’, ou Table Ronde, un programme d’info et d’actualité qui passe sur antenne chaque soir et qui fournit à chaque Cubain une information détaillée sur le monde. L’information de médias comme CNN ou TVE est revue et corrigée par des spécialistes. Cuba y va de sa propre vision anti-impérialiste. Ainsi s’assure-t-on que la population est pourvue d’arguments solides face à la désinformation.
« C’est important que les gens se rendent compte chaque jour de l’importance de l’effort social, et qu’en plus eux-mêmes en soient le moteur. »
Che Guevara

Et puis il y a enfin les’Tribunas Abiertas de la Revolución’, des réunions politico-culturelles hebdomadaires. En 2003, il y en avait 154 dans 141 des 169 communes cubaines. Plus de 9,5 millions de personnes, sur une population de 11 millions, y participaient. Les podiums sont conçus et décorés par les artistes locaux. Le programme réunit de la musique, du chant et de la danse, assortis de messages politiques liés au thème du meeting ou à l’actualité. Ces messages sont prononcés par les porte-parole des syndicats, des mouvements de femmes ou de jeunes, autant que par les leaders historiques de la révolution. Ces ‘tribunas abiertas’ ont lancé toute une nouvelle dynamique. Les gens en sont fiers et savourent le haut niveau de leurs artistes locaux. En même temps, ce sont des moments mobilisateurs de l’esprit révolutionnaire.
La ‘Batalla’ n’en est qu’à ses débuts. Pourtant, les résultats en sont déjà visibles. Des milliers de jeunes ont été formés par ces nouveaux programmes. Des milliers d’autres s’inscrivent. Une nouvelle génération se forme pour porter le projet révolutionnaire cubain.
publiciste

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Pour télécharger le dossier complet de 36 pages, cliquez ici :

Cuba.pdf

4 COMMENTS

  1. > Cuba: ce qui grandit un petit pays
    Je viens de lire un excellent article sur Cuba et la Revolution Cubaine!
    Je concorde avec l’article car je suis etudiant Malien a Cuba depuis 2001 et je connais bien la realite cubaine. Enfin, j’invite tous a faire un tour ici pour connaitre non seulement le tres bon systeme educatif qu’ils ont, sinon savoir plus sur la culture et les gens.
    Bonne chance a tous et felicitations pour les auteurs.

  2. > Cuba: ce qui grandit un petit pays
    A propos du taux de mortalité infantile :
    Depuis mars 2006, il est passé à Cuba sous la barre des 6 pour mille (5,8 je crois, à vérifier). C’est un détail qui a son importance et dont les Cubains peuvent être fiers.

  3. > Cuba: ce qui grandit un petit pays
    Je crois qu’actuellement le taux est de 4,6/1000 nouves nes!

  4. > Cuba: ce qui grandit un petit pays
    Bonjour,

    Je reviens de Cuba, un voyage de deux semaines.Un peu frustré de n’avoir pas eu de contacts suffisants avec la population et notamment la jeunesse, curieux de connaitre leur point de vue sur la situation actuelle et future de Cuba, de leur degré d’adhésion aux thèmes de la révolution,leur appréciation sur le système éducatif, je me suis mis à chercher sur le net des informations me permettant de combler cette lacune.

    A cette occasion j’ai fait la connaissance de votre site.

    Bravo aux rédacteurs de ce document qui permet de façon me semble t’il objective d’appréhender la politique éducative de ce pays.

    C’est vrai que pour nous européens à partir de notre grille de lecture, les notions de liberté sont peut être différentes mais la première des liberté n’est elle pas d’assurer la santé et le savoir?

    En matière d’éducation nous n’avons pas de conseil à donner avec nos classes surchargées ,notre échec scolaire !

    Il est à espérer qu’après la disparition de fidel Castro ses successeurs auront à coeur de maintenir ces acquis et que la mafia américo-cubaine restera à Miami.

    Contrairement aux propos d’ingrid FRANCX j’étais un touriste ordinaire ayant même consacré trois jours à « glander » sur la plage de Varadero,mais j’ai maintenant moins de remords ayant grâce à votre dossier comblé une bonne partie de mes interrogations.

    Encore merci et bravo.

    antoine Leandri

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