Repas scolaires: l’enquête de la Ligue des Familles acte le retour des ventres vides

L’an passé, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (MR/Engagés) mettait fin à l’appel à projets permettant aux écoles en encadrement différencié d’offrir des repas sains et durables à leurs élèves. Nous étions nombreux à prédire le retour de la boite à tartines vide ou des repas de piètre qualité. L’enquête de la Ligue des Familles confirme malheureusement ces tristes prédictions.

Les familles de milieux populaires sont, avec les enseignants, les cibles privilégiées du gouvernement MR-Engagés. Après avoir dilué les moyens alloués à la gratuité scolaire, le gouvernement de la FW-B s’était ainsi attaqué aux repas gratuits: le budget de 21,4 millions alloué à ces repas avait été supprimé, « pour raisons budgétaires ». A titre de comparaison, 21,4 millions, cela représente moins de 0,3% de la fortune d’Eric Wittouk, l’homme le plus riche de Belgique selon le magazine Forbes… Les choix budgétaires de nos gouvernements de Droite posent décidément question.

Face aux critiques, le gouvernement avait rétorqué que les écoles auraient encore la possibilité d’offrir des repas gratuits car une partie des moyens serait redirigée vers les moyens de fonctionnement des écoles. En réalité, les moyens ont été réduits de plus de 60%. Il ne faisait donc guère de doute que les établissements scolaires ne pourraient plus assurer la gratuité des repas.

L’enquête réalisée par la Ligue des Familles révèle les conséquences de ce définancement. Les auteurs de cette étude expliquent ainsi que :

  • 24% des écoles ont arrêté leur service de repas chauds
  • 17% l’ont maintenu mais craignent de devoir l’arrêter en cas de trop forte chute des inscriptions.
  • Pour celles qui l’ont maintenu, dans 92% des cas les repas sont devenus payants, avec un cout mensuel moyen à charge des familles atteignant de 54€ (en maternelle pour un 4 repas par semaine) à 78€ (en primaire pour un 5 repas par semaine).
  • Dans les écoles qui ont maintenu le service de repas en le rendant payant, le taux d’inscription des enfants chute de plus de 60%.  Au total en tenant compte des écoles qui ont arrêté le service de repas, l’accès aux repas scolaires chute de près de 70%.
  • Et 78% des directions constatent à nouveau que certains enfants arrivent le ventre vide, n’ont pas suffisamment à manger le midi ou mangent une alimentation de très mauvaise qualité.

Cette mesure est bien entendu anti-sociale, mais elle est aussi anti-pédagogique, puisqu’il va de soi qu’on apprend mieux après un repas équilibré que le ventre vide.