Les réseaux : un facteur de division sociale

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En 1973, un jeune doctorant en sociologie à l’UCL, nommé Gérard Deprez, publiait un article intitulé «L’école catholique : une école de classe ?». Il y montrait à quel point le choix d’un réseau était déterminé par l’origine sociale des parents : 83% des enfants de cadres ou de professions libérales fréquentaient l’enseignement catholique, alors que 78% des enfants d’ouvriers qualifiés étaient scolarisés dans l’enseignement officiel.

En est-il encore de même aujourd’hui ? Les données des enquêtes PISA permettent de donner une réponse à cette question. Si l’on considère les élèves de 15 ans appartenant au quartile socio-économique inférieur (les 25% les plus pauvres), 63% d’entre eux fréquentent l’enseignement officiel. A l’inverse 63% des élèves du quartile supérieur sont dans une école libre.

On ne peut évidemment comparer directement ces données de 2015 avec celles de 1973. Ici on a des quartiles socio-économiques, là on avait des catégories professionnelles. Mais une chose est certaine : nos réseaux continuent d’agir comme des instances de ségrégation sociale.

Nico Hirtt est physicien de formation et a fait carrière comme professeur de mathématique et de physique. En 1995, il fut l'un des fondateurs de l'Aped, il a aussi été rédacteur en chef de la revue trimestrielle L'école démocratique. Il est actuellement chargé d'étude pour l'Aped. Il est l'auteur de nombreux articles et ouvrages sur l'école.