Couts scolaires : déni de démocratie

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L’obstacle des frais scolaires se franchit d’autant plus aisément que l’on est riche et déterminé à offrir à ses enfants une position sociale privilégiée. Selon nous, seule une gratuité réelle de l’école est de nature à la démocratiser. Sinon, de toute évidence, les inégalités sociales se traduisent (et s’approfondissent) en inégalités scolaires (puis culturelles, professionnelles, etc.).
La Ligue des Familles publie son étude annuelle sur les couts scolaires. Pour les enfants du maternel au secondaire, ont été explorés six types de couts : le matériel scolaire, les repas à l’école, les activités culturelles et sportives, les déplacements, le soutien scolaire et l’extrascolaire (garderie). Résultat : un cout moyen annuel de 1057 € en maternelle, de 2152 € en primaire et de 2933 € en secondaire. Pour le supérieur, ont été ajoutés le minerval et le kot. Résultat : une moyenne de 7928 €.
Quelques traits que nous retenons de l’étude. Un. On est très loin de la gratuité de l’école. Elle est sans cesse plus chère pour les ménages. Deux. On observe des différences phénoménales dans les frais scolaires exigés d’une école à l’autre (du simple au triple !) La législation est clairement « ignorée, bafouée et contournée ». Interpellé sur ce point, le cabinet de Simonet répond que « s’il y a des problèmes, il suffit (sic) d’en informer son ministère qui interviendra ». Et Denis Lambert, directeur général de la Ligue, de souligner à bon escient qu’il est « trop facile d’en appeler à la vigilance des parents alors que ceux-ci sont soumis à la pression d’être de ‘bons parents’ ». Trois. Pesant très lourd (jusqu’à 1000 euros), il y a les voyages scolaires, dont on peut parfois mettre en doute la pertinence pédagogique et le caractère facultatif. Lambert n’hésite pas à fustiger des «voyages scolaires bling-bling aux destinations de plus en plus exotiques», participant au «marketing de positionnement» des écoles entre elles (dans un quasi marché scolaire, chaque école se positionne en fonction du public plus ou moins élitiste qu’elle veut attirer et sélectionner). Des voyages présentés comme facultatifs, mais qu’il est quasiment impossible de décliner, sous peine de passer pour des parents «pauvres, rabat-joie ou ringards». Quatre. La Ligue épingle aussi les frais de soutien scolaire (remédiations, cours particuliers). Elle estime fort justement que cette tâche relève de la responsabilité de l’enseignement. Nous ajouterons qu’il faut alors organiser (et doter) les écoles à cette fin, si l’on veut sortir du bricolage en la matière. Cinq. L’étude fait aussi quelques constats concernant les repas pris à l’école, les modes de déplacements, les garderies d’après-4 heures, le minerval et les kots dans le supérieur.
L’enquête complète est disponible au format pdf sur le site de la Ligue, www.citoyenparent.be (dans la rubrique « notre actualité », voir « nos analyses et études »). PhS (source : Le Ligueur, 10/08/11, et le Moustique, 17/08/11)