Mixité sociale : il y a loin de la coupe aux lèvres

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L’Aped constate que la note d’orientation adoptée ce vendredi 16 mai par le gouvernement de la Communauté Française partage avec le décret dit « Inscriptions » l’objectif de mixité sociale. Ceci afin de lutter contre les inégalités criantes qui caractérisent notre système éducatif.

Nous nous réjouissons que le critère « premier arrivé, premier servi » soit abandonné au profit de critères plus sérieux comme le fait d’être domicilié dans la commune où se situe l’établissement.

Nous nous réjouissons également qu’un critère socio-économique soit pris en compte : 15 % dans l’immédiat, 20 % à terme d’élèves issus d’une école primaire accueillant un public moins favorisé. C’est la première fois, qu’à l’instar de ce que nous préconisons, de tels critères seront pris en compte dans l’affectation des élèves.

Il y a malheureusement très loin de la coupe aux lèvres et nous devons regretter les éléments suivants :
– Les établissements devront établir d’autres critères que ceux établis par le gouvernement. Quel sera le poids des différents critères ? Certains établissements ne risquent-ils pas de pratiquer une sélection déguisée via leurs propres critères ?
– Que fera-t-on dans les écoles où ne se seront pas (ou peu) manifestés d’élèves issus de milieux précarisés ? Il n’y aura aucun moyen, dans ce cas, de favoriser la mixité sociale dans ces établissements
– Même remarque pour les jeunes domiciliés dans la commune. Certains établissements, souvent élitistes, recrutent parfois très loin de leur implantation.

Tous ces éléments négatifs ont une cause commune : la solution proposée ne s’attaque nullement aux mécanismes du quasi marché scolaire. Elle ne s’appliquera d’ailleurs que dans les écoles où il existera un nombre trop important de demandes par rapport aux places disponibles. Ailleurs, aucune régulation ne sera mise en place. Or, ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de demandes en surnombre dans une école que celle-ci ne peut pas être très homogène socialement.

L’Aped estime que le principe fondamental qui doit régir l’inscription des élèves est le droit, pour chaque enfant, de trouver une école de qualité à proximité de son domicile. Il est évident que le dispositif proposé ne permettra nullement de satisfaire à ce droit. Ceci parce qu’il lui en préfère un autre : la liberté totale du choix de l’établissement. Or, c’est parce que tous les parents ne disposent pas des mêmes « outils » pour effectuer ce choix que la dualisation sociale est si présente dans notre enseignement. En décidant de n’intervenir que là où il y aura éventuellement surnombre, le gouvernement renonce à toute régulation globale du système éducatif via l’affectation des élèves. Il n’y a donc pas de raison que les inégalités constatées actuellement soient réduites autrement qu’à la marge

1 COMMENT

  1. Mixité sociale : il y a loin de la coupe aux lèvres
    On parle tout le temps de mixité sociale.
    Alors que le seul critère retenu est le quartier où l’enfant habite…

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