Quelle violence ? Pourquoi ? Et pourquoi l’école y fait-elle difficilement face ?

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Le nombre d’actes de violence commis par les jeunes est-il vraiment en train d’exploser ? Ou est-ce la gravité de ceux-ci qui est de plus en plus préoccupante ? Des faits auparavant ignorés du grand public – parce qu’ils nuiraient à l’image de marque de l’école dans un contexte de quasi-marché scolaire – ne seraient-ils pas désormais (sur)médiatisés ? N’est-ce pas plutôt les bavardages continuels, le manque d’intérêt porté à l’école et les « incivilités » quotidiennes qui plombent l’ambiance de nos établissements, bien plus que des accès de fièvre certes aigus mais assez rares ? En l’absence d’études quantitatives et qualitatives vraiment fiables en la matière, du moins en Belgique, il est parfois délicat de faire la part des choses. Nous voudrions néanmoins rappeler quelques vérités, essentielles à une époque où d’aucuns voudraient exploiter le filon de la violence pour justifier des politiques de droite extrême … et où d’autres prétendraient tout régler par un traitement strictement psychologisant.

Il y a bien un problème de violence à l’école

La violence est réelle. Injures, menaces, bousculades, racket, bagarres, vol, chahuts, coups de couteau… Avec parfois des conséquences terribles pour celles et ceux qui en sont victimes ou témoins impuissants. Avec aussi pour conséquence un métier d’enseignant perçu comme de plus en plus pénible (même si la violence n’est pas seule responsable).

Il y a bien des causes liées à l’éducation et au psycho-relationnel

On ne peut pas plus nier que des jeunes manquent du minimum d’éducation requis pour vivre en collectivité et s’y comportent en véritables « sauvageons ». Ni que nombre de conflits dans l’école naissent d’une mauvaise relation entre élèves et enseignants ou éducateurs. Nous ne nierons pas ici que certains collègues constituent de vraies catastrophes ambulantes sur ce plan et portent atteinte à l’intégrité morale de leurs élèves, à force de mépris et d’irrespect. Et qu’outre ces excès, la communication est souvent déficiente au sein de la « communauté » scolaire.

Un contexte matériel et culturel

Néanmoins, s’il peut être utile d’investir dans la formation des maîtres à la gestion de conflit, à l’écoute active, à la gestion du stress, etc., nous avons la conviction que les personnes et leurs comportements sont surtout le fruit du contexte matériel et culturel dans lequel ils vivent. Et que c’est donc là qu’on trouvera les explications les plus pertinentes. Interrogeons-nous sur les principaux traits de la société occidentale d’aujourd’hui et nous verrons apparaître autant d’explications des comportements que nous fustigeons. Il est précieux également, comme le fait une Carla Nagels (voir encadré et programme des 6 heures du 20 octobre prochain), de replacer notre réflexion dans une perspective historique.

30 années de récession sociale

Les Trente glorieuses sont loin derrière nous. Le chômage de masse s’est installé durablement (et pas qu’en Belgique). Les allocataires sociaux, pourtant les principales victimes de la course au profit des propriétaires et patrons d’entreprises, sont stigmatisés et poussés vers de nouvelles formes d’exploitation (boulots à temps partiel, sous-statuts précaires, contrôles renforcés …) Dans le même temps, les services publics ont été mis à mal par des politiques d’austérité. Des politiques antisociales car on sait que la réduction des services touche d’abord les personnes les plus précaires. Bon nombre d’enfants viennent à l’école avec pour fardeau les difficultés matérielles quotidiennes vécues à la maison : logement insalubre, soins de santé déficients, détresse morale, violences familiales, etc. Dans une moindre mesure, même dans les familles de classe moyenne, la peur du chômage et la pression toujours accrue à la performance professionnelle peuvent empêcher les parents d’assumer pleinement le suivi de leurs enfants. Nous vivons dans une société de plus en plus dure et cette souffrance ne reste pas, comme par miracle, au vestiaire de l’école. Elle y entre de plein pied. Elle explique bien des sautes d’humeur et des accès de violence.
La rupture des années 70 a également entraîné une fracture dans le rapport qu’entretiennent les jeunes avec l’école. Le diplôme n’apparaît plus comme l’assurance d’un emploi choisi et d’une émancipation sociale. Du moins dans les classes populaires. Par ailleurs, la scolarité obligatoire a été portée de 14 à 18 ans (ce qui, en soi, est évidemment un progrès). Nous nous retrouvons par conséquent avec une masse de jeunes peu motivés, qui subissent l’école plus qu’ils ne la vivent. D’où une incompréhension, source de tension permanente, avec des enseignants qui tiennent à remplir leur mission consciencieusement, mais se trouvent opposés à des élèves allergiques au travail scolaire. Et qui se rebiffent.
Pensons aussi aux élèves qui cumulent handicap social et stigmatisation du fait de leur origine étrangère.

Un système scolaire qui accroît l’inégalité et l’injustice et concentre les difficultés dans des écoles ghettos

Il est désormais de notoriété publique que l’enseignement belge est champion dans l’inégalité. Les jeunes les plus précaires (socialement et culturellement) s’y voient presque irrémédiablement relégués vers des filières et des établissements qui vont concentrer tous les handicaps. Des classes et des écoles ghettos où la situation est explosive. Les effets dévastateurs de la ségrégation sont renforcés par la misère structurelle des cours généraux dans ces sections. Les jeunes, au sens propre du terme, n’ont pas les mots pour s’exprimer ni pour comprendre le discours d’autrui. Autant d’occasions de malentendus et de règlements de comptes rugueux.

Une société de la consommation, de l’individualisme, de la compétition et de la frime

Le « bouillon de culture », le bain idéologique dans lequel nous vivons depuis le tournant des années 70, se caractérise par une négation -progressive mais constante- de l’intérêt collectif et de la solidarité au profit de l’hédonisme le plus cynique et de l’exaltation de la force. Cette évolution n’a rien de naturel ! Elle sert les intérêts des riches et de leur machine à produire et à exploiter. Elle est orchestrée par les marques, leur pieuvre publicitaire (en croissance exponentielle), les médias (appartenant pour la plupart à de grands groupes financiers et industriels … et soumis à leurs annonceurs publicitaires), etc. Le cynisme et la violence disproportionnée régissent aussi les rapports internationaux (la croisade contre le terrorisme entreprise en 2001, par exemple, que l’on sait inspirée aussi par des enjeux de prédation énergétique). Ils s’étalent en long et en large au cours des journaux télévisés. Cette logique domine aussi le monde du jeu vidéo, dont nos têtes blondes sont si friandes. A leur niveau (et à celui des adultes aussi), cela débouche sur une culture du chacun pour soi, du darwinisme social (struggle for life), de l’apparence – et des marques – plutôt que de la qualité humaine et de l’intelligence, de la concurrence plutôt que de la coopération. Concrètement, il arrive que tous les moyens soient bons pour obtenir satisfaction et garder la face devant les pairs. Dans un tel contexte, ne nous étonnons pas, dans l’enceinte de l’école, d’avoir affaire à de petits coqs de combat prêts à la plus grande violence pour sauver la face devant les copains.

Le choc de différentes cultures de classes

Ça peut paraître anodin, mais c’est aussi une sacrée source d’accrochages : les enseignants, dont l’écrasante majorité est issue de la classe moyenne, peuvent percevoir comme un manque de respect un code vestimentaire tout à fait banal aux yeux de leurs élèves, issus de la classe populaire (comme le port des baskets-training-casquette).

Des difficultés de l’école à faire face

L’Ecole elle-même est une des victimes des mesures d’austérité des années 80 et 90. Elle éprouve dès lors les pires difficultés à faire face à la violence des jeunes. Et elle n’est guère en mesure de se remettre en cause, quant à ses propres responsabilités. Soyons concrets : les effectifs ont été réduits (professeurs et éducateurs). Les heures de titulariat, de conseil de classe et de travail d’équipe, si précieuses du temps du rénové, sont passées à la trappe depuis belle lurette. Il est devenu de plus en plus difficile d’aider les élèves en difficulté, d’accorder du temps au dialogue. Mais il y a aussi une profonde lassitude, une usure, une désillusion des personnels éducatifs, qui ont alors tendance à « fermer les yeux », à aller de petites démissions en petites démissions pour s’épargner des conflits quotidiens avec les élèves. Le libéralisme de notre système veut aussi que trop souvent des enseignants inexpérimentés soient envoyés au feu dans les classes les plus difficiles. Avec les effets que l’on imagine pour eux comme pour les jeunes.

4 COMMENTS

  1. > Quelle violence ? Pourquoi ? Et pourquoi l’école y fait-elle difficilement face ?
    l’école n’est plus un modèle « compétitif » face à la « popculture » bling-bling facile, chansonnettes et paillettes, véhiculée par les médias dominants, TV, internet.
    Allez comparer un prof à une vedette de foot , TV, ou cinéma ?
    L’école en est encore au stade industriel dominant des 30 glorieuses si ce n’est pas au stade agricole d’avant 1914.
    L’école est vécue par bcp d’enseignants comme une « place forte » assiégée, une ligne Maginot contre l’invasion des barbares. Mais elle n’attaque pas.
    Au contraire étant « obligatoire » , elle est vécue par les élèves comme une prison. Et elle est assez stupide pour accueillir même ses ennemis en son sein.
    L’école devrait faire envie, être désirée, ou alors réellement crainte,et que les profs soient des caïds à leur tour.

  2. Quelle violence ? Pourquoi ? Et pourquoi l’école y fait-elle difficilement face ?
    cher Philippe, « cher Aped »

    Je voudrais juste
    ajouter un élément de réflexion à ton/votre article ô combien pertinent et
    bien résumé (c’est souvent le plus difficile!) concernant les expressions de
    violence dans l’enceinte scolaire.

    Dans le cadre de ta/votre réflexion, je voudrais apporter mon expérience de
    mère, de citoyenne, de parente d’élève, et les réflexions que cette
    expérience m’inspirent depuis l’entrée de mon fils à l’école maternelle:

    En tant que mère/citoyenne/militante, en tant qu’être humain, (tout
    simplement!) sensible à des valeurs comme la résolution pacifique des
    conflits (la démocratie, quoi…), j’ai toujours appris et rappelé à mon fils
    Théo, aujourd’hui âgé de 7 ans que la violence n’était pas acceptable, et que
    si chacun-e l’utilisait comme méthode pour imposer sa volonté aux autres,
    nous aurions sans doute tou-te-s des yeux au beurre noir en permanence!
    (l’image l’a fait rire!)

    Déjà à l’école maternelle, je me suis rendu compte que cela me/le mettait dans
    une position difficile: d’abord, parce que n’étant pas du tout accoutumé à la
    violence, les actes d’agression provoquaient chez lui une grande
    incompréhension et donc une grande détresse. Surtout quand la « gardienne »
    (pourtant très agréable et motivée par sa tâche, ce qui n’est pas toujours le
    cas, pour diverses raisons sur lesquelles je reviendrai plus loin) lui
    assénait un « mais il faut apprendre à te défendre TOUT SEUL ».

    Cette déclaration très courante dans les cours de récréation mais pas du
    tout « anodine » constitue selon moi une violence supplémentaire et bien plus
    perturbante que les conflits eux-mêmes, car elle est la négation de tout
    notre discours de parents-éducateurs et de citoyen-ne-s, concernant la
    position d’arbitrage des conflits que devrait, à mon sens, assumer l’adulte
    surveillant la cour de récréation…comme peut l’être un juge dans notre
    société! Nous avons donc dû, un peu la mort dans l' »âme », adapter notre
    discours en lui expliquant que lorsqu’il avait signifié son désaccord à
    son « agresseur » (c’est parfois bénin, mais pas toujours…) par la parole (en
    gros, dit « non, tu ne peux pas me frapper »), il avait le droit de répliquer
    par les mêmes « méthodes » que celui-ci. C’était le seul moyen de ne pas le
    retrouver en position de « souffre-douleur » d’enfants manifestement
    plus « habitués » que lui à vivre dans un climat violent…Ce ne fut pas
    une « concession » facile à faire entre nos idéaux et le monde « réel » auquel il
    était confronté sans notre protection, et parfois…sans protection du tout,
    manifestement!

    Plus récemment, cet enfant à qui nous avons essayé de transmettre nos valeurs
    solidaires et « pacifistes » (avec les questionnements que cela suppose: ne
    l’avons-nous pas éduqué comme un doux agneau pour l’envoyer dans un monde où
    rôdent pas mal de loups féroces? Lui jouant ainsi un « mauvais tour »?) est
    revenu de son école primaire avec un sentiment d’angoisse palpable: un petit
    copain de sa classe le frappait, certes sans gravité, mais avec insistance,
    malgré ses protestations…Il est donc allé se « plaindre » à la surveillante:
    celle-ci lui a répondu qu’il devrait être puni pour avoir « racuspoté », et
    que, de toute façon, il « pleurait tout le temps »! Je l’ai aidé à exprimer le
    sentiment angoissant d’insécurité et la culpabilité (je suis un « faible », me
    disait-il!…) que cet épisode avait provoqué, en lui expliquant qu’il
    n’était pas en tort, que la surveillante n’avait pas fait son travail, et que
    je voulais bien en parler avec elle, voire avec le directeur si cela le
    rassurait: oui, m’a-t-il avoué dans un gros sanglot, qui manifestait le
    désarroi et la crainte qu’il éprouvait. Et pourtant, ce n’est pas dans son
    habitude…

    Mon constat est le suivant: la tâche de surveillance des cours de récréation
    est à mon avis, et peut-être davantage encore que la « classe » (où les
    énergies sont canalisées par les tâches et travaux), LE moment où
    s’expérimente et s’apprend la vie en société, le mode de relation à l’autre,
    la gestion des conflits… Il ne s’agit pas uniquement de s’assurer que les
    enfants ne « tombent pas du module »…La sécurité ne se mesure pas qu’en bleus
    au corps, les bleus à l’âme (ou à l’esprit) sont bien plus longs à
    cicatriser!

    Or, il se fait que cette responsabilité de surveillance (veiller sur…) est
    confiée à des personnes qui, au mieux sont motivées (malgré des conditions
    salariales et d’horaire de travail infâmes!) mais sans formation
    psycho-pédagogique à laquelle n’ont droit que les enseignant-e-s. Ou qui, au
    pire, sont, des femmes (eh oui, principalement…) souvent chômeuses de
    longue durée, qui ont accepté cet « emploi » faute de mieux. Ou, plus récemment
    encore, et c’est fort inquiétant, ont dû l’accepter tout simplement pour ne
    pas se retrouver exclues de l’assurance-chômage!
    En bref, notre société confie donc cette responsabilité à mes yeux essentielle
    dans la construction des citoyen-ne-s de demain, et donc de la société de
    demain…dans ces conditions totalement insuffisantes et inquiétantes

    Je doute que cela change avant la fin de la scolarité obligatoire de mon fils,
    mais je suis sûre que les effets stressants et le sentiment d’injustice
    auquel cela l’expose quotidiennement s’en feront sentir de façon de plus en
    plus évidente au fur et à mesure de celle-ci: je dois à présent décider de
    défendre devant lui les valeurs auxquelles je crois, au risque qu’il me
    regarde comme une menteuse, même si je l’assure que c’est bien la
    surveillante qui est en défaut, et pas lui, et qu’il ne devra jamais hésiter
    à nous prévenir de toute violence qui lui serait faite et dont les adultes
    chargé-e-s de sa surveillance ne le protégeraient pas, comme la loi et
    leur « statut » les y oblige: car même si le soi-disant « statut » est un des
    pires du marché du travail, cela « explique » sans doute certains
    comportements, mais ne les excuse pas!

    Comme je l’expliquais au chef d’établissement (dont le projet pédagogique est
    basé sur le charitable message chrétien!…eh oui, ce n’est pas par
    choix « confessionnel », mais par nécessité géographique!): si les enfants
    doivent se défendre seuls dans une cour d’école, pourquoi ne pas soulager le
    budget de l’Enseignement en n’y mettant plus aucun adulte? Il suffirait alors
    d’attendre passivement pour voir qui est le plus fort, selon la loi de la
    sélection « naturelle »…Un peu comme dans ce film « Highlander », dont le
    message récurrent, résume, à mon sens, très bien le message permanent auquel
    nous sommes exposés dans ce monde concurrentiel: « Il ne peut en rester
    qu’un »…

    Voilà en quoi je rejoins le propos de votre article, avec mon expérience de
    mère (et… de salariée de l’Education permanente, ce qui consiste
    à « fabriquer » des Citoyen-ne-s Responsables, Actifs et Critiques,
    des « CRAC »!): il ne faut pas s’étonner de vivre dans la violence quand on
    l’admet comme mode de vie en société (?!) dès le plus jeune âge. Tout ne se
    joue pas avant 6 ans, mais beaucoup de dégâts ne sont plus « rattrapables » par
    des parents, des enseignant-e-s et des travailleur-euse-s sociaux quelque
    soit leur volonté et leur motivation, lorsqu’on a « fermé les yeux » pendant
    des années…

    J’ai peur de demain, et encore plus pour mon fils que pour moi, mais je
    continuerai à dire et à vivre mes valeurs « pacifistes » que je considère
    légitimes, même si, je dois le reconnaître, je commence à douter de plus en
    plus de leur utilité dans le futur…Devrons-nous un jour inscrire nos
    enfants dans des stages de vacances qui leur apprendraient la « survie »
    (plutôt que la vie) en société? Ce serait un aveu d’échec terrible, mais qui
    sait?

    En vous remerciant pour votre réflexion, et en espérant que, comme la vôtre,
    la mienne contribuera à d’autres…

    Bien à toi/vous,

    • Quelle violence ? Pourquoi ? Et pourquoi l’école y fait-elle difficilement face ?
      Bonjour Caroline,

      Un grand merci pour ton témoignage.

      Il est révélateur des contradictions et impasses de l’éducation dans une société bâtie sur la loi de la prédation, du profit, de la compétition et de l’individualisme.

      Comme toi, je trouve particulièrement inquiétante la proportion croissante dans l’enseignement de personnels engagés en sous-statuts et sous-qualifiés. Même si ces personnes font souvent preuve de beaucoup de bonne volonté, elles n’ont pas toujours les compétences requises pour leur mission pourtant essentielle, comme tu le soulignes justement.

      Permets-moi juste un bémol (mais je sais que tu partageras mon point de vue) : s’il faut que les adultes soient attentifs à ce qui se passe dans les cours de récré et y jouent un rôle d’arbitres, nous devons résister à la tentation – très forte dans certaines écoles – de monter dans la surenchère et de transformer les établissements en systèmes concentrationnaires, avec les effets contre-productifs qui en découleraient.

      Une équation vraiment pas simple à résoudre … tant que le système reste ce qu’il est (et là, je renvois au programme de l’APED « Vers l’école commune ».

      Amitiés,
      Philippe

      • Quelle violence ? Pourquoi ? Et pourquoi l’école y fait-elle difficilement face ?
        Cher Philippe,
        je trouve ta remarque tout à fait justifiée! Je ne pensais pas du tout à une mission de surveillance au sens « disciplinaire »(c’est pour cela que je traduisais le terme en « veiller sur », ce qui est plus proche de la notion de « prendre soin de »…), mais tu as raison de mettre en évidence ces dérives possibles et parfois avérées…
        D’ailleurs, la plupart du temps, je pense que les enfants se débrouillent très bien pour « réguler » leurs échanges, y compris « conflictuels » (je le vérifie tous les jours, entre autres dans l’espace ludique et coopératif des « gavroches »! voir lien…).
        Ils et elles ne sont pas moins aptes dans ce domaine que les adultes…(bien au contraire?)
        Je ne suis donc pas pour un « interventionnisme » (disciplinaire, ou autre…) constant et ou « couvant » de l’adulte, qui mettrait ainsi de facto « en doute » les compétences relationnelles propres aux enfants, et les empêcheraient de les pratiquer…et donc de les améliorer!
        Mais c’est lorsque celles-ci ont atteint leurs limites « pacifistes »(au moins chez l’un-e des protagonistes…) qu’il me semble opportun que l’adulte, en tant que tiers, vienne gérer « l’impasse ».
        C’est pourquoi la comparaison avec le juge me semblait « éclairante » pour la compréhension: quand on a, par exemple, un conflit avec un-e voisin-e, on n’apprécierait pas forcément qu’un juge débarque dans l’immédiat (dans le jardin, en hélico, avec la cpae et tout et tout, ;-)) pour régler le problème… mais lorsqu’on est arrivé au bout de tentatives de conciliation par le dialogue, on se tourne alors vers un arbitre, donc une tierce personne se trouvant hors ET au-dessus du conflit, pour sortir d’un « face à face » qui n’a pas permis de dégager de solution « pacifique », et pour éviter l’escalade et l’apparition éventuelle d’expressions de violence interindividuelle (entre autres de vengeance personnelle) qui pourraient en découler.

        Voilà, une précision que ta remarque me permet de formuler…donc, merci!
        Et je voudrais aussi préciser que je ne met pas en doute la bonne volonté (d’autant plus admirable qu’elle est bien peu valorisée, d’ailleurs) ou les compétences des « profs » et/ou surveillant-e-s d’école en général. Et puis, je comprends aussi très bien les « sautes d’humeur »: on n’est pas toujours ni tous les jours à la « hauteur « de ses idéaux, en tant qu’enseignant-e, surveillant-e et/ou parent-e…l’erreur est humaine…et c’est très bien ainsi!

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