Marie Arena et le libre choix

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Notre ami Jean-Pierre Wauters réagit à une interview de Marie Arena dans le journal Le Soir. La ministre y assurait qu’elle ne toucherait jamais au « libre choix » des parents…

Woluwe-Saint-Pierre, le 25 août 2006

Madame la Ministre,

Objet : Votre interview dans « Le Soir », libre choix des parents.

J’ai lu avec intérêt votre interview dans « Le Soir ». Votre position tranchée sur le libre choix des parents me laisse perplexe.

D’une part vous constatez, avec ou sans enquête PISA, l’inégalité alarmante de l’enseignement en Belgique et vous reconnaissez le problème et d’autre part vous vous refusez à appliquer les mesures qui pourraient y porter remède.

Je ne pense pas que vous vous fassiez la moindre illusion sur la possibilité effective de « convaincre les parents d’oser la mixité sociale ». Il me semble qu’en annonçant publiquement qu’il n’est pas question de toucher au libre choix des parents et en commandant par ailleurs une étude à nos universités, vous définissez clairement à l’avance la conclusion à laquelle doit aboutir cette étude. Je pense que vous auriez donc pu en faire l’économie.

Je constate du reste que de plus en plus d’études universitaires ne servent qu’à justifier des choix politiques préalables. Vous trouverez sur mon site les constatations qu’on peut faire, concernant certains de ces travaux, lorsqu’on prend la peine de les lire, ce que les journalistes font hélas trop peu souvent.
http://users.skynet.be/EurUtopie/EtudesScient.htm . Pour ma part, je ne manquerai pas de lire soigneusement l’étude qui sera produite à votre demande, pour autant qu’elle soit rendue publique dans son intégralité (y compris les préalables, présupposés et orientations demandées).

Autant j’ai approuvé les mesures que vous avez prises, pour le premier niveau de l’enseignement fondamental, autant je regrette votre choix d’aujourd’hui, à mon sens un peu démagogique. Toucher au libre choix des parents n’est sans doute pas populaire mais, avec la suppression progressive des réseaux et la spécialisation plus tardive, c’est pourtant l’une des décisions importantes et urgentes à prendre si vous voulez restaurer en Belgique un enseignement démocratique de qualité, conforme à l’intérêt du pays et à nos valeurs socialistes.

Je vous prie de croire, Madame la Ministre, en l’expression de mes sentiments respectueux.

Jean-Pierre Wauters