La note un engrais qui ronge

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Comme responsable de la CEN (coordination de l’éducation nouvelle populaire et alternative) je fais partie de ceux qui ont pris le risque depuis des années de refuser de sélectionner, notamment via la notation, à l’Université de Franche Comté à Besançon, et à l’IUFM de Lyon.

Cette désobéissance a constitué pour moi un combat de chaque jour auquel je tentais d’associer directement mes étudiants, contre leur intériorisation de la culture dominante via l’institution scolaire , en leur en facilitant le dévoilement, en tentant de détourner avec eux, les pratiques scolaires et universitaires de domination et de sélection.
Sous la (bonne) raison que ce système d’instruction public d’état est un
service public, faut-il lui épargner la critique ?
Celle-ci ne doit-elle pas se fonder sur les pratiques de résistances et
d’alternatives, sur les analyses des sociologies de la domination (Bourdieu,
Accardo, Vincent..etc), et sur l’histoire du système éducatif (rappel :
J.Ferry : « par l’école..nous fermerons l’ère des révolutions » Discours
Vosges 1871) ?

AGCS oblige, « l’offensive libérale sur l’école » nous oblige-t-elle à la
(re)considérer soudainement comme émancipatrice ?
Le texte du GFEN sur ce site semble pris dans cette logique défensive, comme
une large partie du mouvement syndical.
Ne faut-il pas via des expérimentations et la mise en réflexion des
citoyens, via le dévoilement des logiques profondes du système,
entreprendre, un dépassement vers une autre école…par exemple…. : »agent
de développement local solidaire », …. »coopérative des savoirs »,
…. »démocratique »…etc, mais radicalement autre que celle d’état, hyper
hiérarchisée et dominatrice, qui a fonctionné à la légitimation des
inégalités sociales et à l’intériorisation de la culture libérale, avec les
médias et le système politique…
Au point que nous devons bien constater (avec tristesse) combien le système
économique de l’exploitation se double d’une colonisation (réussie) des
esprits.
Par cette servitude involontaire (habitus) la collaboration à la
reproduction (insconciente) de ce système, est assez massive à tous les
étages, et chez les dominés itou, semble-t-il…
En tout cas la révolte ne l’est pas…
Le service public, qui serait au service du bien commun des compétences
citoyennes et des savoirs, conçus et construits comme instruments d’action,
ne peut-il se réaliser sous d’autres formes que celle (hyper bureaucratique
et hiérarchique) de notre actuel appareil d’état , hérité de l’histoire de
la domestication (scolaire) du peuple?
Ces formes restent à inventer dans les luttes globales, et grâce à des
alternatives locales, avec les citoyens.
Le 19ème siècle n’était pas avare de ces formes :Commune de Paris, Marx,
Bakounine, Ecoles mutuelles, Education populaire, Pédagogies nouvelles de
l’émancipation intellectuelle, Bourses du travail…

Quelles propositions alternatives à l’ultra libéralisme ?
(Voir sur le site :[-> www.la-cen.org] quelques propositions, textes, dont « la responsabilité des intellectuels et l’éducation
nouvelle »

Le texte qui est proposé : « LA NOTE, UN ENGRAIS QUI RONGE » est paru ( selon
des variantes) dans la revue « SILENCE » de nov 03 (revue alternative) et dans
« l’Educateur » (De Genève)

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André Duny, 21, rue des Mouettes, 07130 Cornas [->mailto:Andre.Duny@wanadoo.fr]