La catastrophe scolaire belge

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C’est la toute grande leçon de l’enquête PISA : la Belgique est le pays développé où les inégalités de niveau entre élèves sont les plus criantes. C’est aussi l’un de ceux où la détermination sociale des résultats scolaires est la plus forte : l’écart entre les enfants de riches et les enfants de pauvres est plus important chez nous qu’ailleurs. Nous avons voulu savoir pourquoi il en est ainsi. En comparant les résultats de 14 pays européens et en les mettant en relation avec les structures de leurs systèmes éducatifs, nous avons découvert des corrélations troublantes. Les pays qui présentent la plus grande inégalité sociale à l’école sont ceux qui organisent cette ségrégation sociale par des filières hiérarchisées, par la mise en place de mécanismes de marché scolaire (chez nous, on dit plus pudiquement : « liberté d’enseignement ») et par un sous-financement de l’enseignement primaire. Notre pays cumule ces trois « qualités » et ne doit donc pas s’étonner de ses résultats.

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Nico Hirtt est physicien de formation et a fait carrière comme professeur de mathématique et de physique. En 1995, il fut l'un des fondateurs de l'Aped, il a aussi été rédacteur en chef de la revue trimestrielle L'école démocratique. Il est actuellement chargé d'étude pour l'Aped. Il est l'auteur de nombreux articles et ouvrages sur l'école.