La participation des jeunes à l’école, nous sommes pour !

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Participation des jeunes à l’école, éducation à la citoyenneté, apprentissage de la démocratie … quelques termes dont se gargarise le monde de l’enseignement depuis le tournant des années 1990. Des termes devenus, comme on dit, très  » tendance « . Dans les discours et les décrets politiques comme sur le terrain, se multiplient les expériences de participation des jeunes à la vie de leur école : délégués de classe, conseils d’élèves, conseil de participation, pédagogie du projet, parrainage-tutorat des jeunes élèves par les aînés, actions en tous genres pour l’environnement, contre le racisme, etc.

Un mouvement comme le nôtre, l’Appel pour une école démocratique, devait se pencher sur la question.

Nous sommes pour

Disons-le tout net, nous sommes pour la participation des jeunes. Radicalement pour. Et ce à trois niveaux. D’abord, pour qu’ils s’impliquent dans la construction de leurs savoirs, qu’ils soient actifs dans leur scolarité. Ensuite, pour qu’ils participent à la vie de leur école. Que celle-ci soit bien le lieu où ils font leur vie. Plus particulièrement les enfants pour qui l’école est la seule chance. Les jeunes doivent avoir leur mot à dire dans la gestion même de leur établissement : règlements, sécurité, hygiène, embellissement, choix budgétaires, activités parascolaires… Enfin, pour une école où les jeunes comprennent le monde et s’initient à l’action collective. L’engagement politique doit y trouver sa place : droit d’association, d’expression et d’action pour conduire le monde vers plus de justice.

Le contexte n’est pas favorable

Mais, car il y a un mais -et de taille-, force est de constater que le contexte où se débat actuellement l’école ne favorise pas la participation démocratique des jeunes. L’école présente plutôt les caractéristiques d’un marché scolaire : compétition, concurrence, filières hiérarchisées, sélection sociale et culturelle, éducation à deux vitesses… Rien qui rime avec démocratie. Si on y ajoute le manque dramatique de moyens -encadrement, locaux, budgets- et le manque de disponibilité de directions et d’enseignants souvent débordés et/ou déstabilisés par la dégradation continue de leurs conditions de travail depuis plus de vingt ans, il est difficile dans ces conditions d’y croire. Faut-il pour autant renoncer ?

Aller de l’avant

Même dans le contexte que nous connaissons, il est possible de prendre des initiatives authentiquement démocratiques. Surtout, il nous faut lutter pour en créer les conditions. Par exemple, si le rôle de l’école n’est plus simplement d’instruire, il faut envisager très sérieusement d’augmenter le temps qu’y passent les jeunes. Sans quoi l’apprentissage de la démocratie se fera immanquablement au détriment de l’acquisition des savoirs. Cette revendication en étonnera plus d’un. Plus de temps à l’école ? L’Aped est-il tombé sur la tête ?
Nous ne le pensons pas. L’école que nous appelons de nos voeux serait bien plus palpitante que celle que nous connaissons. Elle offrirait à tous un éventail complet d’activités sportives, artistiques, sociales, culturelles, politiques… en lieu et place du système actuel, où seuls les enfants favorisés accèdent aux activités de leur choix, après l’école et aux frais de leurs parents. Les enfants s’y impliqueraient bien plus qu’ils ne la subiraient.
Il va de soi qu’une telle école demande un encadrement et des installations autres que les bouts de ficelles avec lesquels nous bricolons depuis tant d’années. Les moyens existent. Les orienter en priorité vers l’éducation est bien un choix politique. Un choix de société.
Petite mise au point : le lecteur (très) bien informé sera peut-être surpris de me voir signer un dossier critique sur la participation des jeunes à l’école. Il se souvient en effet que je m’étais engagé, entre 1990 et 1996, comme détaché pédagogique à la JEC (jeunesse étudiante chrétienne), auprès d’étudiants du secondaire qui se lançaient dans l’aventure des conseils d’élèves… Journées et week-ends de formation, articles défendant le point de vue des jeunes sur l’école, publication d’outils pédagogiques… Autant d’expériences qui m’auront permis de mesurer aussi bien l’intérêt réel d’une pratique démocratique pour les étudiants que les limites et contradictions de celle-ci. Et les dangers d’errances contre-productives. C’est ce que je tente de transmettre dans ce dossier. Sans angélisme : ni l’école ni les jeunes ne sont prêts en l’état actuel pour la démocratie. Sans sombrer néanmoins dans l’excès contraire : l’école peut être le lieu où les jeunes découvrent le monde et agissent à le rendre plus juste.

A boire et à manger
A la recherche d’une participation démocratique
Paroles de jeunes
Les étudiants, la sécurité, l’hygiène et l’embellissement de leur école
Les enjeux cachés de la participation

1 COMMENT

  1. Cyril mennegun invité de France Culture
    Ecoutez cette émmission, riche de sens et de pistes et parlons en

    Mike

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