Wallonie-Bruxelles : La presse à l’école

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Du 16 au 20 septembre, 52 000 écoliers de sixième primaire ont eu l’occasion de se pencher sur la presse quotidienne francophone pour, à partir du 4 octobre, choisir deux titres qu’ils recevront en classe toute l’année scolaire. L’opération, menée conjointement par le ministère de M.Nollet et les éditeurs de journaux, a un coût : 40 000 euros. (Le Soir, 17/09/02)
Nous devrions nous réjouir de voir ainsi pénétrer dans les classes des outils pour comprendre le monde. Mais l’initiative ne va pas sans poser quelques questions embarrassantes.
Quelle initiative le ministre lance-t-il, parallèlement à l’opération presse, pour faire en sorte que désormais plus aucun enfant ne sorte du fondamental sans savoir lire couramment ? Ces enfants sont pourtant légions.
Passé le premier intérêt des enfants – pour les sports, les faits divers et les infos “people” -, les journaux seront-ils vraiment exploités, y compris les sujets qui demandent de solides références culturelles, historiques, géographiques, économiques ou scientifiques ?
Les journaux ne sont-ils pas des entreprises commerciales, d’ailleurs propriétés de puissants groupes industriels et financiers et essentiellement financés par la publicité ? Leur démarche auprès des enfants est-elle motivée par autre chose que le besoin de renouveler un lectorat en chute libre ? Jusqu’à quel point les quotidiens sont-ils encore capables de donner à leurs lecteurs un regard vraiment critique sur le monde ? Les média-mensonges ne se ramassent-ils pas à la pelle ces derniers temps ? Tous les enseignants auront-ils le temps, la formation et le courage nécessaires pour aller avec leurs élèves au-delà d’une lecture superficielle et consensuelle des informations ?
Quels titres choisir, enfin ? La presse quotidienne de gauche ayant disparu depuis belle lurette, les enfants et leurs enseignants n’auront qu’un choix limité, entre une presse populiste de droite (proximité, fait divers, obsession sécuritaire à la limite du racisme, sports, people …) et une presse de “centre”-droit acquise aux mirages du libéralisme, présentant peu d’attrait, voire hermétique pour des enfants de 10 à 12 ans. Perspectives palpitantes …