Objectifs et enjeux pour l’éducation du 21e siècle

La première phase des travaux initiés par madame la ministre Milquet dans le cadre du Pacte pour un Enseignement d’Excellence prévoit deux groupes de travail chargés de mener une réflexion en parallèle sur deux questions. Le premier groupe doit établir « l’état des lieux de la situation actuelle de l’enseignement », entre autres en matière de qualité de l’offre d’enseignement, en matière de qualité du parcours pédagogique des élèves et en matière d’efficacité de la gouvernance. Le deuxième groupe est chargé de mener une « réflexion sur le sens, les valeurs, les objectifs et missions de l’école au 21e siècle ». Le présent document constitue une première contribution de l’Aped aux travaux des groupes 1 et 2.

Vers l’école commune

Au terme de plusieurs mois de discussions internes, l'Aped a adopté un "programmme en dix points" en vue d'une réforme de l'enseignement en Belgique. Nous vous le livrons ici en avant-première, afin de susciter des réactions. Ce programme sera présenté à la presse début 2007 et fera aussi l'objet d'une journée d'étude.

Ecole commune : vos questions, nos réponses

Le 3 mars 2007, l'Aped lançait officiellement son programme «Vers l'école commune», notre vision stratégique pour une réforme en profondeur de l'enseignement en Belgique. Au cours de longs débats, au sein de notre association, nous avons construit une vision commune qui s'appuie sur un argumentaire solide. C'est cet argumentaire que nous vous présentons aujourd'hui, sous la forme d'une «foire aux questions» (FAQ). Chacune des propositions du programme a donc été passée au crible d'une critique implacable, à laquelle nous répondons point par point.

Programme pour l’enseignement obligatoire en Belgique

Le 8 novembre dernier une vingtaine de membres et amis de l'Aped se réunissaient pour discuter de notre projet d'école sur base d'un texte intitulé Changer l'école pour changer le monde. Ce texte avait pour vocation de répondre à une objection formulée de temps à autre : « Vous dénoncez les dérives du système éducatif, ses aspects non démocratiques, mais vos alternatives se limitent à des grands principes. Que voulez-vous concrètement ? » Les échanges furent très riches. Néanmoins, nous avons enregistré ce jour-là et dans les jours qui ont suivi quelques remarques que l'on pourrait résumer comme suit : « Votre vision de l'école telle qu'elle devrait être est excellente, mais il y a un tel fossé entre cette école-là et l'école que nous connaissons qu'on ne voit vraiment pas par quel chemin on pourrait y arriver ! » C'est pourquoi nous avons voulu proposer un nouveau texte. Celui-ci ne remplace pas le précédent. Il le complète en proposant un programme pour lequel nous estimons qu'il est possible de lutter dès maintenant. Cela ne signifie pas qu'il pourrait être d'application à la prochaine rentrée. Mais bien que l'heure est venue de débattre, de chercher des alliés, bref de mener une lutte politique pour obtenir des avancées concrètes. Un premier échange a eu lieu le 24 avril. Une nouvelle réunion est prévue pour le samedi 26 juin

Changer l’école, pour changer le monde

Lors de la publication, en juin 2003, de l'étude « la catastrophe scolaire belge », certains nous avaient reproché de nous en tenir au constat, sans véritablement proposer d'alternative. Le grief n'était que partiellement fondé : notre étude ne se limitait pas à répercuter le constat - établi par les grandes enquêtes internationales sur les compétences des élèves - que les écarts de résultats et, surtout, leur détermination sociale, sont plus élevés chez nous que dans la plupart des autres pays industrialisés. Nous démontrions surtout, indices statistiques à l'appui, que l'inégalité sociale à l'école est fortement corrélée à trois facteurs : le sous-financement de l'enseignement primaire, la sélection précoce en filières hiérarchisées et l'obligation faite aux parents de choisir l'école de leurs enfants sur un marché scolaire (la mal nommée « liberté de choix »). Ces pistes d'explication indiquaient, automatiquement, des pistes de réflexion pour une autre école : mieux financée, unique, publique.
Appel pour une école démocratique

Pour une école démocratique

1. Notre société dominée par les « lois du marché » cause chaque jour des ravages. L'Appel Pour une Ecole Démocratique (Aped) se bat afin que chaque jeune puisse acquérir les savoirs et les compétences qui donnent force pour comprendre le monde et pour participer à sa transformation vers plus de justice. L'Aped est un mouvement d'action et de réflexion. Il s'adresse aux enseignants, éducateurs, étudiants, parents, chercheurs, syndicalistes à qui la démocratisation de l'enseignement tient à cœur.

7% du PIB pour l’enseignement

Alors qu'arrive le moment de réviser les clés de répartition des dotations aux communautés, nous appelons les francophones, les néerlandophones et les germanophones à s'unir, afin d'exiger un refinancement global de l'enseignement en Belgique.

«Appel pour une école démocratique»

Les restrictions imposées à l'enseignement dans toutes les communautés de Belgique détruisent le droit à un enseignement démocratique. L'école démocratique, c'est le droit, pour tous...

L’école en péril

Les acquis de trente années de démocratisation de l'enseignement en Belgique sont mis en péril par la succession de réformes et de mesures d'austérité : diminution de l'emploi et de l'encadrement, autonomie administrative et financière, fusions d'écoles, suppression d'orientations et d'options, numerus clausus dans l'enseignement supérieur, renforcement de la sélection sous prétexte de lutte contre l'échec scolaire, partenariat avec les entreprises privées dans l'enseignement technique et professionnel. Ces réformes ne sont pas seulement d'inspiration budgétaire. On ne saurait davantage incriminer une prétendue incapacité générale de la classe politique. D'Onkelinx à Van den Bossche, on retrouve une même politique éducative, claire et cohérente, une volonté délibérée d'enterrer le processus de démocratisation de l'enseignement. Aujourd'hui, promouvoir l'école démocratique, c'est choisir une société dont les priorités ne soient pas dictées par les intérêts économiques d'une minorité, mais par le souci du bien être et de l'émancipation sociale, politique et culturelle de tous.

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