Les vautours du coronavirus 4, édition spéciale « bac à sable »

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La « continuité pédagogique » à distance constituerait « un bac à sable grandeur nature ». Nous vivrions « un moment de bascule fabuleux ». L’obscénité de ces propos, dans un pays confiné, où un virus ravageur fait chaque jour des centaines de victimes, nous la devons à Yannig Raffanel, président du Cluster EdTech Grand Ouest, la fédération des entreprises du secteur numérique appliqué à l’éducation (EdTech) dans cette région (Le Monde, 07/04/20).

Les entreprises EdTech ont immédiatement saisi l’opportunité qui s’offrait à elles. Confinement, continuité pédagogique à maintenir, espaces numériques de travail (ENT) publics débordés par la situation : l’heure était venue pour l’EdTech de démarcher et de séduire les personnels de l’éducation (1 million de personnes en France), qui tâchent de rester en contact avec leurs 12 millions d’élèves (et leurs parents), autant de nouveaux clients potentiels.

Le 13 mars déjà, 250 entreprises décidaient de rendre leurs services gratuits… au moins le temps du confinement.

Ce faisant, elles poursuivent leur travail de sape de l’enseignement public. A travers leur discours marketing, ces boîtes aux noms évocateurs (Schoolmouv, Digischool, Maxicours…), vantent des outils « jolis, simples, attrayants à utiliser, évolutifs », par opposition aux offres austères de l’Education nationale. D’autant que les ENT ont vite été débordés en début de crise, donnant lieu à un « bricolage » indigne de la situation.

L’offensive marchande en cours jouit de la complicité du ministre Blanquer. Nous y reviendrons dans le prochain épisode de notre feuilleton…

(Source : L’Humanité dimanche, 16/04/2020)

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