Pour un nouveau décret Inscription !

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Faut-il enterrer le décret Inscription ? Si c’est pour en revenir à plus de « libre marché » scolaire, comme semblent le proposer Olivier Maingain et Laurette Onkelinx, l’Aped (Appel pour une école démocratique) s’y opposera de toutes ses forces. En revanche, nous sommes tout à fait favorables à une réflexion qui conduirait à une régulation plus démocratique des inscriptions scolaires. 

Rappelons d’abord quelques vérités essentielles.

La Flandre et la Fédération Wallonie-Bruxelles sont les quasi-recordmen européens de l’inégalité sociale et de la ségrégation sociale dans l’enseignement. 49% des élèves francophones fréquentent une « école ghetto » : c’est le niveau le plus élevé en Europe occidentale.

Les statistiques comparatives montrent par ailleurs que ces différences d’équité éducative entre pays européens, s’expliquent pour 45% par l’organisation plus ou moins libérale du marché scolaire, c’est-à-dire les modalités d’inscription et l’existence de réseaux concurrents. Et là aussi notre pays est champion.

Dans les formes successives voulues par les ministres Arena, Dupont et Simonet, le décret Inscription a essentiellement servi à résoudre un problème d’engorgement en début de secondaire et à empêcher certaines pratiques injustes. Il a également eu le mérite de rouvrir enfin le débat sur la « liberté d’enseignement », brisant un tabou qui remonte au XIXe siècle.

Mais ce décret n’a jamais été conçu pour s’attaquer résolument à la ségrégation sociale. Premièrement parce qu’il ne régule les inscriptions qu’à partir du début du secondaire, alors que les inégalités et les écoles ghettos existent dès la maternelle. Deuxièmement parce qu’il continue d’obliger les parents à choisir leur école et qu’il continue de privilégier ce choix parental avant toute considération de régulation.

Oui, un autre décret Inscription est possible.

  • Il devrait s’appliquer dès l’entrée en maternelle et ensuite tout au long du tronc commun (donc chaque fois qu’un élève est amené à changer d’école pour quelque motif que ce soit).
  • Il devrait proposer d’emblée aux parents un établissement scolaire en maximisant à la fois la proximité et la mixité sociale des écoles. Une étude a montré que ceci est parfaitement possible, même à Bruxelles, où la ségrégation sociale résidentielle est pourtant très forte.
  • Il devrait enfin laisser aux parents la liberté d’accepter ou de refuser l’école qui leur serait ainsi proposée ; en cas de refus, les parents pourront toujours choisir librement une école où il reste de la place.

Ce nouveau décret permettrait ainsi de garantir à la fois la mixité sociale des écoles, la proximité école-domicile et la liberté de choix des parents.