De l’argent pour des bonnes notes

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Dans son nouvel essai Ce que l’argent ne peut acheter (éd. du Seuil, 2014), le philosophe Michael J. Sandel (né en 1953) consacre un chapitre aux incitations économiques qui corrompent divers comportement sociaux, dont ceux des enfants vis-à-vis de l’école. C’est ainsi qu’une pratique s’est généralisée aux États-Unis : rémunérer les élèves qui obtiennent des bonnes notes ou qui prouvent être arrivés au bout de la lecture d’un livre. Les réformateurs de l’enseignement y voient un procédé adéquat pour tirer les élèves médiocres vers le haut. Ainsi, la fondation de Roland Fryer Jr a versé en tout 6,3 millions de dollars aux élèves de 261 écoles principalement fréquentées par des Afro-Américains et des Hispaniques.

Si ces opérations ont eu des effets mitigés, elle signent la fin d’une ère où les jeunes allaient à l’école pour le plaisir gratuit d’apprendre et de se perfectionner. « […] nous n’avons plus une économie de marché, nous sommes devenus une société de marché », souligne l’auteur (p. 42).
B. L.