Le ministre bruxellois Guy Vanhengel plaide pour une École normale bilingue

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Le ministre bruxellois compétent en matière d’enseignement néerlandophone en Communauté flamande (VGC), Guy Vanhengel (Open Vld), a plaidé le 5 février en faveur d’un enseignement normal bilingue à Bruxelles, où les enseignants bénéficieraient d’une formation multilingue. Pas sûr que nous pourrions nous entendre sur le sens même de l’Ecole (M. Vanhengel visant sans doute à adapter l’enseignement à une demande du marché), mais l’idée de faire la nique à la frontière linguistique pour résoudre les problèmes de l’enseignement bruxellois est plutôt faite pour nous plaire. Ci-dessous, un aperçu de la proposition…

“ Pour que notre projet d’enseignement bilingue voit le jour à Bruxelles, c’est bien chez les enseignants qu’il faut commencer en fondant une École normale bilingue.

Si nous voulons voir l’enseignement évoluer et répondre à la demande fonctionnelle bilingue ou multilingue implicite au statut de Bruxelles, c’est la formation des enseignants, des directeurs d’école et du personnel administratif qu’il faut mettre à jour.

En pratique, quel est l’enjeu d’une école normale bilingue ?

Les Communautés française et flamande doivent tout d’abord se réunir autour de leurs programmes d’enseignement supérieur pédagogique. Ceux-ci ne diffèrent pas fondamentalement l’un de l’autre.

Ils doivent refonder leur programme sur la même base et être disposés à la reconnaissance des certificats des diplômés. Ces derniers devront être formés à donner cours aussi bien dans l’enseignement néerlandophone que dans l’enseignement francophone, ainsi que dans un futur enseignement bilingue.

Tout jeune diplômé de l’enseignement secondaire néerlandophone et francophone doit avoir accès à cette formation. D’où l’importance de répartir de façon analogue les matières de l’enseignement supérieur enseignées en néerlandais et en français.

Un programme de cours spécifique en français est à prévoir pour les néerlandophones, il en va de même pour les francophones qui auront leur programme en néerlandais. Par conséquent, il sera possible d’assurer une parfaite maîtrise de la deuxième langue écrite et parlée en fin de parcours scolaire supérieur.

La création d’une école-pilote inaugurera la première phase du projet. Le financement de cette école et la composition du personnel doit pouvoir compter sur un soutien égal en Communauté flamande et française. Ceci peut entretemps faire l’objet d’un accord de collaboration.

Les deux communautés suivront l’exhaustivité de la formation avec l’appui de leurs services d’inspection. Les étudiants de cette formation devront prester leurs stages dans des écoles francophones ainsi que dans des écoles néerlandophones.

Les enseignants de cette école doivent être recrutés selon la procédure déjà en place dans l’enseignement pédagogique néerlandais ou français. Mais s’ajoute une nouvelle condition, à savoir, être en possession d’un certificat Selor de la connaissance la plus élevée de l’autre langue nationale. Il leur sera est ainsi possible d’enseigner dans les deux langues. Je pars du principe qu’il est tout à fait envisageable de trouver assez d’enseignants répondant à ces conditions.

Un avantage pécuniaire est prévu pour ces enseignants sous la forme d’une prime linguistique.

Dès qu’il y aura assez de diplômés issus de cette formation sur le marché du travail, la deuxième phase du projet pourra alors être amorcée avec l’ouverture consécutivement d’écoles maternelles, fondamentales et secondaires.”

(Source: Open VLD, 5 février 2014)