CPU : craintes confirmées

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Il y a un peu plus d’un an (voir ED 45 mars 2011), nous disions tout le mal que nous pensions de la réforme prévue au 3ème degré du qualifiant baptisée CPU (Certification Par Unité). Réforme qui avait pour objectif avoué de s’attaquer à l’échec et aux décrochages. Entre-temps, elle a été mise en application comme prévu de manière expérimentale dans deux secteurs et l’expérience s’élargira à la rentrée prochaine à deux nouveaux secteurs. Sans reprendre l’ensemble de notre argumentation, rappelons que nous estimions que la réforme était placée au mauvais endroit. C’est à dire beaucoup trop tard dans le cursus : les élèves du 3ème degré qualifiant sont déjà en échec pour la grande majorité d’entre eux. D’autre part, nous considérions que le principe même de la modularisation certificative allait avoir pour conséquence une dérégulation plus grande à la fois de l’enseignement qualifiant et du marché du travail et surtout allait nuire gravement à la formation générale à ce niveau.
Le 28 avril dernier, nos amis de CGé (Changement pour l’Egalité) organisaient à Namur un débat sur la question. Avec des invités de terrain, des syndicalistes et un spécialiste du qualifiant. Tout ce que nous avons pu entendre n’a hélas fait que confirmer nos craintes et renforcé notre opposition à cette réforme. Pour ne prendre qu’un exemple, Christine Maron, sous directrice d’une école technique du Brabant Wallon qui participe à l’expérience a déclaré : »On est en train de former des « petites mains » plutôt que des diplômés CESS ». Confirmant par là que les conséquences prévisibles étaient le contournement de tout ce qu’il reste de formation générale et même de formation technique un peu généraliste pour une formation ultra spécifique au détriment du reste. Elle a également confirmé la hiérarchisation des filières que nous dénonçons en déclarant qu’à ce stade « le choix de l’orientation n’est pas un choix de métier : les élèves ont été jetés de l’école précédente ».
Nous avons profité de l’occasion pour rappeler nos positions en matière de tronc commun et notamment de formation polytechnique. Et qu’en attendant, à nos yeux, la seule manière de revaloriser le qualifiant était d’y renforcer la formation générale. JPK