Un examen d’entrée pour les normaliens ?

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Dans le Soir du 26 janvier, Pierre Bouillon fait état de certaines rumeurs selon lesquelles « Certains acteurs interrogés lors du débat sur la prolongation des études pour les normaliens, proposent un examen d’entrée, alors que d’autres préconisent l’organisation d’un test d’évaluation des compétences de base (particulièrement la maîtrise orale et écrite du français) ».

Certains étudiants voient cette proposition d’un mauvais œil, comme en témoigne Névin sur le site de la FEF (www.fef.be). Elle craint que « cet examen soit pénalisant pour les élèves issus de moins bonnes écoles et pense qu’il faut laisser aux étudiants une chance de combler leurs lacunes, durant les études supérieures ».
J’estime cependant que cet examen serait bien utile quand on voit le degré de maîtrise de la langue française de certains normaliens (mais aussi des personnes qui présentent l’agrégation à l’université et de celles qui préparent un CAP en promotion sociale) il y a vraiment de quoi être inquiet. Rien n’empêche celui dont le niveau est insuffisant de se préparer en travaillant seul ou avec l’aide de l’enseignement à distance (comme le font les élèves qui passent un examen d’entrée en math). Pourquoi ne pas prévoir, pour les recalés, une année spéciale pour se mettre à niveau si besoin est. Les professeurs de MEOL ne devraient pas avoir à revenir sur des notions étudiées dans le secondaire et pourraient se concentrer sur l’essentiel à savoir la maîtrise indispensable d’un vocabulaire soutenu et d’une syntaxe impeccable, la capacité de comprendre et de synthétiser un texte de difficulté supérieure à celle exigée des élèves de 15 ans, une aptitude à s’exprimer correctement, une culture générale plus étendue…
Je pense que plus on sera exigeant avec les normaliens, plus le métier attirera de gens intéressants et motivés et non l’inverse! La preuve, Nevin n’a pas l’intention de finir sa carrière dans l’enseignement mais la société a payé pour qu’elle reçoive une formation… A fonds perdus alors!!!
La pénurie est, certainement en partie, due au fait que les étudiants de qualité se tournent vers d’autres études plus exigeantes et par le peu d’attraits que présente cette profession très prenante, mal considérée (à cause des trop nombreux professeurs incompétents aussi) et mal payée.
Les enseignants comme Nevin qui sont déjà très éprouvés par leur travail après quelques années, se retrouveront, s’ils font partie des bons réseaux sociaux ou politiques, parmi les cadres de l’enseignement (détachés pédagogiques, conseillers pédagogiques voire détachés dans les écoles normales!!!…); les autres occuperont, dans le meilleur des cas, un poste dans une banque ou une administration.
Bien entendu, d’autres éléments doivent être améliorés dans l’enseignement (voir le programme en dix points de l’APED) mais la formation des maîtres me semble une des priorités.

2 COMMENTS

  1. Un examen d’entrée pour les normaliens ?
    Entièrement d’accord! C’est une catastrophe de voir les fautes des profs!
    De plus, ils ne corrigent donc plus les fautes des élèves car n’en sont pas capables vu qu’ils ne les voient pas,…..
    Plus aucune exigence orthographique ou à de très rares exceptions,…
    Importance également, je pense, de tester la réelle motivation des profs autre que celle d’avoir de nombreux jours de congés. J’ai beaucoup de respect pour les profs mais beaucoup n’ont plus du tout la fibre de transmission du savoir, beaucoup de très jeunes profs tout nouveau d’ailleurs .
    Bref très belle idée à développer et proposer.

    • Un examen d’entrée pour les normaliens ?
      Quelques réflexions que m’inspire la réaction de Swa.

      Bien sûr, l’orthographe compte (la relecture finale de l’Ecole démocratique m’incombe, c’est une de mes préoccupations principales) : mieux on écrit, plus on est lisible. On regrettera cependant que l’orthodoxie orthographique ait servi et serve encore trop souvent d’outil de sélection scolaire et de ségrégation sociale. Car la langue véhiculaire n’est pas que forme : sa maîtrise ouvre surtout à la compréhension du monde et à la capacité d’y intervenir comme citoyen critique.
      Mais sur ce plan-là aussi, trop peu de candidats enseignants et/ou jeunes enseignants sont assez aguerris. L’une de nos hypothèses, à l’Aped, est que l’approche par compétences a, en la matière, des conséquences désastreuses. Pour revenir à l’orthographe, les apprentissages – toujours présents – sont atomisés au gré des séquences, sans faire suffisamment l’objet de synthèses structurées et structurantes. Pour ce qui relève des « savoirs citoyens critiques », la formation initiale des enseignants pèche par un manque flagrant de solidité et de profondeur (vu que l’accent est mis sur l’animation de l’approche par compétences).
      Je vous rejoins sur l’importance de la motivation pour enseigner. Cruciale aux yeux des élèves, elle l’est aussi pour l’enseignant lui-même. Ça suppose la revalorisation d’un métier qui doit redevenir une profession de premier choix. Pas sûr que les mesures antisociales qui frappent et vont frapper nos régions et communautés aillent dans ce sens, malheureusement…
      Au-delà des constats, il nous faudra inlassablement continuer de lutter pour une école démocratique et une société plus juste.

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