La décroissance en dix questions

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Denis Bayon, Fabrice Flipo, François Schneider, La décroissance, dix questions pour comprendre et en débattre, La Découverte, 2010, 234 p.

Les ouvrages de présentation sur le mouvement émergent de la décroissance n’ont pas manqué ces dernières années. Le trio à l’origine de celui-ci ne cache pas son engagement en faveur de cette mouvance, mais, en même temps, ne tombe à aucun moment dans le panégyrique. Bayon est économiste, Flipo, philosophe, et Schneider, chercheur indépendant à l’université autonome de Barcelone. La décroissance est explorée au fil de dix questions ou objections souvent posées par les esprits contradicteurs ou tout simplement curieux : que signifie « décroissance » ? La décroissance, une idée neuve ? Pourquoi pas le « développement durable » ? La décroissance, est-ce la fin du progrès scientifique et technique ? La décroissance est-elle malthusienne ? La décroissance, privation ou joie de vivre ? La décroissance, c’est la récession et le chômage ? La décroissance concerne-t-elle les pays du sud ? La décroissance n’implique-t-elle pas une vision dirigiste ou autoritaire de la politique ? Qui signifierait concrètement une politique de décroissance ? Les auteurs répondent d’une manière très documentée, en voguant entre les domaines de l’économie, de la politique et de l’éthique. Il y a ici matière à battre en brèche les idées toutes faites sur la décroissance, tout comme il a fallu (et il faut toujours) combattre les préjugés sur le marxisme ou l’anarchisme, en fait tous les courants de la philosophie politique qui remettent en cause la domination du capital. On voit aussi se dégager ici les points communs et de rupture entre celle-là et ceux-ci. L’objection de croissance se veut, avant toute autre considération (comme celle du bonheur ou de la nature, par exemple), porteuse d’un projet d’émancipation, d’autonomie et d’égalité; elle n’a donc rien d’un quelconque fondamentalisme écologiste. Cet ouvrage est un nouvel incontournable dans la littérature « décroissante ».

Bernard Legros