Combattre l’homophobie à l’école

Facebooktwittergoogle_plusmail

Nous nous battons afin que chaque jeune puisse acquérir les savoirs et les compétences qui donnent force pour comprendre le monde et pour participer à sa transformation vers plus de justice. Nous ne pouvons tolérer l’homophobie car elle est une insulte à l’intelligence. Nous ne pouvons la supporter car elle est – avec les autres imbécillités que sont le racisme et le sexisme – source d’inégalité, précisément dans la sphère dont nous nous occupons : l’école.

L’Appel Pour une Ecole Démocratique devait apporter sa contribution au combat contre l’homophobie.

Minorisés, étiquetés, stigmatisés, harcelés et discriminés, les lesbiennes, gays, bi et transgenres (LGBT) – et leurs proches, mais aussi les hétéros soupçonnés d’être homos – souffrent dans le système scolaire. Elèves comme membres du personnel. S’il n’existe, à notre connaissance, aucune étude quantitative à propos de l’impact de l’homophobie sur la scolarité – du moins en Belgique -, les enquêtes qualitatives ne manquent pas et révèlent toutes cette triste réalité. Les plus terribles et éclairantes ont trait au taux de suicides des jeunes LGBT.
L’école peut – et doit – être un des lieux où se travaille la perception de l’homosexualité. Le sujet y vient régulièrement sur le tapis. En classe, des élèves posent des questions à son sujet, nous sommes confrontés à l’expression des clichés, moqueries, blagues et insultes homophobes. Et c’est précisément parce que la perception de l’homosexualité est culturelle (1) qu’elle peut être traitée dans l’enseignement.

Alors, même si le sujet est délicat et passionnel, il revient aux enseignants d’ouvrir des brèches, des fenêtres, dans les raisonnements les plus obtus, de montrer que certains adultes voient les choses autrement. Il faut « déconstruire les stéréotypes ». Par la même occasion, nous conforterons dans leur approche positive les jeunes les plus ouverts. Et nous manifesterons aux jeunes LGBT et/ou en questionnement sur leur orientation affective et sexuelle, présents dans nos salles de cours, une reconnaissance et une solidarité explicites, de nature à renforcer leur confiance.

A condition, toutefois, de ne pas nous en tenir à des considérations basées sur le seul affect (« tu fais de la peine au jeune dont tu te moques ») ou à des propos moralisateurs (« ce n’est pas bien, tu sais », gros doigt et regard sévère à l’appui). L’école est avant tout chose l’institution où l’on instruit, où l’on apporte des contenus, des informations, des perspectives historiques, scientifiques, philosophiques, etc.

Enfin, surtout, surtout, ne faisons pas de ce sujet un tabou. Un tabou qui reviendrait à reconnaître implicitement que l’homosexualité serait malsaine et poserait problème.

Non, osons l’aborder, en parler, la banaliser, en faire dans l’esprit d’un maximum de personnes ce qu’elle est : une réalité parmi d’autres.

Contenu de ce dossier :

Au commencement, il y a l’injure… « Sale pédé », « sale gouine »

Enquête à Madrid

Une enseignante fait part de son expérience en classe

Un bel outil inutile ?

(1) Atlas du Monde diplomatique 2003, p. 83, « comment les mères françaises perçoivent l’homosexualité de leurs enfants », évolution de 1973 à 2000, sondages SOFRES. Où l’on voit une très nette évolution dans l’acceptation du fait d’avoir un enfant homo.