Linguistique (maîtrise …)

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 « Le language est la conscience réelle, pratique » (Marx, L’idéologie allemande,)

1) Le lien entre la classe dominante, la culture hégémonique et le langage qui l’exprime a aussi été décrit par Antonio Gramsci. À cet égard, malheureusement, aujourd’hui, nous pouvons voir l’utilisation de termes «techniques», dépouillés des déterminations humaines, réelles, personnelles et quotidiennes. Ainsi, par exemple nous avons de nombreuses substitutions:

– libre marché = vol légalisé
– libre-échange = libre désordre
– optimisation des ressources = licenciements
– compétition = exploitation
– rationalisation = centralisation, abandon des zones périphériques
– libre entreprise = exploitation obligatoire
– employeur = patron
– mondialisation = impérialisme
– libre circulation des personnes = circulation de la main-d’œuvre en fonction des besoins du marché (émigration)
– libéralisation = abolition des protections sociales 

– flexibilité = travail du soir, nocturne et du dimanche. emploi instable et emploi précaire
– privatisation = mauvais service, diminution du service
– déréglementation = suppression des obligations contractuelles

La langue est un facteur qui unit et constitue un groupe solidaire. Pour Gramsci un groupe politique, une avant-garde, doit mettre la question de la langue sur son ordre du jour afin de former les futurs dirigeants. En effet, les classes dite dominantes le font depuis toujours et jamais n’arrêtent d’y penser.

La langue ainsi faite est un abus, visant à la préservation de la domination politique, ainsi que culturelle et idéologique, mais aussi économique. La langue ainsi faite est simplement un reflet de la domination de l’actuelle formation socio économique .

2) Si la langue est une concrétisation de la conscience, la question du langage et de la maîtrise de la langue sous tous ses aspects apparaît dans toute son importance.
 
Des études montrent clairement comment la langue est en étroite corrélation avec la réussite scolaire. En vérité, les classes populaires n’éprouvaient pas le besoin de ces études pour savoir que leurs enfants étaient rejetés à l’école.

L’enseignement de la langue à l’école correspond beaucoup à l’enseignement de la lecture et de l’écriture. Si l’on considère le taux d’analphabétisme dans le monde occidental il y a peu de motifs d’être joyeux. 15% des jeunes de 15 ans sortent de l’école obligatoire en souffrant de graves retards dans la lecture et l’écriture. Nous voyons là une maîtrise linguistique bien misérable.

Un objectif politique et pédagogique consisterait certainement à investir davantage dans la première langue. Les capacités de raisonnement, d’analyse et de synthèse, ainsi que celle d’argumentation et la connaissance générale ne doivent pas être réservées à quelques privilégiés.

La conscience se définit comme la réfléxion d’un sujet réel, concret, et historique. Cela signifie la connaissance de ses propres besoins pratiques et quotidiens. La maîtrise d’une langue est un instrument de cette connaissance, de l’expression de ses propres besoins et de la façon de les honorer.