Nous ne voulons pas de cette loi !

Facebooktwittergoogle_plusmail

Le gouvernement de la Generalitat a fait parvenir au Parlement de Catalogne un projet de Loi d’Education de Catalogne (LEC). Confrontés à ce fait, nous, les syndicats USTEC- STEs, ASPEPC-SPS et CGT, nous voulons nous adresser aux travailleurs et aux travailleuses ainsi qu’aux citoyens en général dans le but de fournir des renseignements à propos des mesures que ce projet entraîne et pour en évaluer les conséquences.

Nous sommes persuadés que ce projet de loi ne peut pas resoudre aucun des problèmes qui aujourd’hui entourent l’enseignement public en Catalogne. Au contraire, il s’agit de faire encore un pas vers la privatisation et l’exploitation marchande des centres d’enseignement public. C’est pour ceci que nous vous invitons à rendre public votre rejet de ce projet de loi et a vous adhérer, soit comme organisation, soit à titre individuel, à ce manifeste.

Le projet de Loi d’Education de la Catalogne (LEC) comporte l’ouverture d’une voie permettant d’avancer vers le but de la privatisation de secteurs de l’enseignement public tels que l’école maternelle -de 0 à 3 ans-, la formation professionnelle, l’enseignement secondaire en cours du soir, la formation d’adultes, les centres éducatifs desservant les quartiers défavorisés et d’autres tels que les services éducationnels et les activités extra-scolaires. En plus, cela rend possible de consolider et même d’élargir le montant des fonds publics transferés au patronat de l’enseignement privé subventionné -dans la plupart de cas il s’agit d’institutions religieuses-, étant donné que la nouvelle loi maintient des conditions permettant au patronat de continuer à choisir les elèves lors de l’enregistrement à l’école, selon des critères tels que le revenu familial ou leur origine sociale et culturelle.

Cette loi favorise l’offre éducative du secteur privé et confère à l’enseignement public un caractère subsidiaire, alors qu’elle renforce l’idéologie des centres privés évoqués tout à l’heure. Au bout de compte, elle consolide le pouvoir du patronat et approfondit la division sociale du travail en fonction du choix d’école effectué auparavant. Elle renforce aussi les positions de l’enseignement confessionnel.

Le pari que la loi fait pour municipaliser l’enseignement public, à travers la création de partenariats publics-privés et/ou de formules équivalentes, ainsi que la mise en oeuvre de centres municipaux, comporte la dispersion et le démembrement de l’enseignement public, ce qui équivaut à condamner ceci à un processus graduel de privatisation, ainsi qu’à une déstructuration organisative lors de l’application de politiques éducatives, curriculaires et linguistiques.

Aussi, ce projet accorde aux centres d’enseignement un caractère d’entreprise commerciale, car il prevoit de compléter le financement public par le moyen de l’obtention de resources économiques supplémentaires provenant de donations ou de la vente de produits, allant jusqu’à la possibilité de l’endettement. Il s’agit donc d’une pratique susceptible d’élargir les différences existant parmi les centres par rapport à leur environnement social et territorial. Dans ce sens-là, le modèle de gestion proposé pour les centres publics relève d’un caractère éminemment dirigiste, hiérarchisant et autoritaire, totalement opposé à une gestion démocratique, ce qui, par force, restreindra le rôle des structures de participation et gestion des enseignants et des familles (assemblées plénières d’enseignants et conseils d’école), qui désormais vont devoir se contenter d’une fonction de simple décor. Au même temps, cette loi preconise la dérégularisation des actuelles conditions de travail des enseignants, aggrave la précarité occupationnelle de plusieurs collectifs d’enseignants et enfin elle individualise aussi les rapports entre employés et employeurs.

En ce qui concerne l’investissement public dans l’éducation, la proposition que la loi fait est insuffisante et en plus elle n’accorde aucune priorité à l’investissement dans l’éducation publique, ce qui devrait aggraver les problèmes de massification dans les salles de classe, le manque d’enseignants qualifiés pour repondre aux besoins d’une diversité culturelle toujours en croissance parmi les elèves, ainsi que la pénurie d’équipements, problèmes qui concernent actuellement la plupart de centres publics en Catalogne.

Tout sommé, les mesures envisagées par cette loi visent la marchandisation de l’enseignement dans notre pays. Elles donnent priorité à un ensemble de conditions qui aggravent l’inégalité parmi les centres et parmi les elèves, ce qui constitue une attaque contre l’éducation publique, la seule institution qui puisse garantir l’égalité d’opportunités ainsi que le droit à une éducation publique, laïque et de qualité pour tous, quels que soient le revenu, la position sociale ou l’origine culturelle.

NOUS EXIGEONS LE RETRAIT DE CETTE LOI !

www.novolemaquestallei.cat