« Elitiste? Pas du tout »

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Beaucoup de choses doivent changer… y compris les mentalités! Ci-dessous, un entretien paru dans le Soir … et une réaction.

Interview parue dans le journal  » Le Soir » de ce vendredi 30 novembre

Bernard Clamot est prof de français au Collège Saint-Pierre (Jette).

Vous réfutez le terme d’école élitiste que l’on vous attribue.

J’ai fait le tour de la file. Aucun parent qu’Arena aurait voulu voir arriver n’est là. La faute à qui ? À moi, qui essaie d’offrir le mieux à tous mes élèves, qui, avec mes collègues, essayons de maintenir une école qui fonctionne au nord-ouest de Bruxelles, où il n’y en a pas 36 ? La réalité, c’est que les écoles de moyen à bon niveau disparaissent ou périclitent. Que la ligne de métro est une ligne invisible de démarcation, entre des quartiers difficiles et d’autres où l’on peut encore survivre et travailler. S’il faut faire quelque chose, c’est revaloriser ces quartiers, pas casser l’école qui fonctionne.

Qui fonctionne au prix d’une sélection de vos élèves ?

Mais non. On ne les sélectionne pas à l’entrée. Mais, oui, nous avons une politique d’excellence, nous exigeons beaucoup de nos élèves et nous leur donnons beaucoup. Nous les aidons et les poussons à aller le plus loin possible. Tout le monde le sait avant de venir s’inscrire. C’est vrai que nous bénéficions d’une population socialement favorisée. Ce qui ne veut pas dire que tout le monde roule sur l’or, mais que le taux d’enfants qui ont deux parents francophones et qui travaillent est plus élevé que dans la moyenne bruxelloise. Mais que veut-on ? Imposer des quotas ethniques dans chaque classe ? On est tout sauf une école refermée sur elle-même qui a élevé des barrières sociales. Il y a des étrangers dans nos classes, ma classe soutient un resto social à 200 mètres d’ici, on a deux projets de coopération en Zambie et au Bangladesh.

Vous refusez que l’on dise que vous abandonniez les élèves qui vous quittent. Pourtant, pour 250 qui entrent, 163 sortent.

Mais parce que tout le monde n’est pas fait pour les études générales. D’autres vont choisir les études artistiques ou techniques, quel mal à cela ? Si on sélectionnait autant que ceux qui nous qualifient d’écoles-sanctuaires le prétendent, on garderait tous les « sélectionnés ». Le décrochage, toutes les écoles en connaissent.

Professeur à l’Institut Maris Stella à Laeken, particulièrement soucieux des élèves en difficulté, j’ai été interpellé par l’interview et les propos de Monsieur Bernard Clamot, professeur au collège Saint-Pierre à Jette. Cela ne pouvait me laisser sans réaction!
Il se fait que cette école et la mienne à population majoritairement d’origine étrangère, font partie du même C.E.S. (Centre d’Étude Secondaire), ce qui entraîne un contact privilégié.
J’apprends donc, par la bouche de Monsieur Clamot, que son école n’est pas du tout élitiste. Je m’en réjouis! Les inscriptions trois ans à l’avance ne sont donc dues qu’au fait que Saint Pierre Jette est une école « qui fonctionne au nord-ouest de Bruxelles », dernier bastion et rempart contre l’incurie des quartier difficiles, où l’on ne peut ni survivre ni travailler.
Saint Pierre ne pratique pas la sélection à l’entrée. Fort bien! (Est-ce à dire que l’école la pratique après?) Par quel heureux hasard ne se présentent donc à l’inscription que des élèves au bulletin vierge d’échec? Hasard, également, si, comme l’indique cet enseignant, la population de son école est socialement favorisée, avec une grande proportion de parents francophones (belges?), alors qu’à Bruxelles, trois enfants sur cinq sont issus de l’immigration?
Le collège Saint Pierre est une école ouverte, il y a des étrangers dans ses classes (ouf! Nous voilà rassurés : pas d’apartheid scolaire, les enfants d’origine étrangère sont les bienvenus) et même, les élèves de cette école soutiennent un restaurant social et des projets de coopération en Zambie et au Bangladesh! Formidable!
Peut-être que depuis cette forteresse gardienne de la « politique d’excellence », entourée d’écoles qui ne fonctionnent pas, on pourrait envoyer des commandos au-delà de la ligne de démarcation du métro, dans ces quartiers mal famés et mal fréquentés, commandos qui remettraient à l’honneur la soupe populaire?

Elitiste? Pas du tout!

Jean-Noël Delplanque

3 COMMENTS

  1. Réponse a « Elitiste? Pas du tout »
    Que cherches tu donc ? C’est quoi cette article que tu publies et sourtout quel est ton but ? Tu ne va rien changer en parlant de chose que tu ne sais pas… as-tu déjà été dans cette ecole ? Un bon nombre de copains y sont et pour la plupart tout se passe bien (et pourtant ils sont, tout comme leur parents, d’origine algérienne, iranienne, chinoise, arabe, turque,…)! Tu devrais donc aller y faire un tour car tu ne peux pas te donner une idée de cette école sans y avoir été et seulement l’avoir vu a la télé qui, ont le sait tous, ne montre que se qu’elle veut montrer ! Tu peux penser que cette ecole n’est faite que pour les favorisés, cela je veux bien encore l’admettre… on y voit pas un enfant qui vient d’une famille qui a des problèmes d’argent ! Mais sache que malgré sa réputation et sa prestation sur une chaine belge, Saint-Pierre est loin d’être une école qui a ,comme le dit très bien B. Clamot, des barrières morales… Cette école exige et prône les bons résultats mais il ne fait pas s’en prendre a elle pour sa ! Il est normale de vouloir et surtout de mériter de rentrer quelque part car l’école n’est-elle pas un lieu ou le résultat est le but (car oui ! Le résultat montre l’apprentissage).
    Merci de bien vouloir m’excuser pour mon orthographe qui je l’admet est pitoyable…
    Max

    • Réponse a « Elitiste? Pas du tout »
      Je suis en cinquième année au Collège Saint Pierre. En ce qui concerne les différentes nationalités, heu, c’est fort étrange mais dans toutes les classes où j’ai été il y avait des élèves d’origine étrangère (comme moi d’ailleurs) , et d’autres qui ne roulaient pas vraiment sur l’or. Par contre, PERSONNE que je connaisse n’est entré à saint Pierre sans un bulletin de primaire vierge d’échecs. Et beaucoup sont les élèves qui sont partis, et des tonnes pour se diriger vers une autre école d’enseignement général. D’autres sont partis pour la raison, qui, malgré les bons côtés de Saint Pierre, me fait mépriser cette école. La superficialité et l’importance que les élèves et l’école elle-même attache à sa répitation. Je suis d’ailleurs tombé sur ce site en allant vérifier ce qu’une petite conne du CSPJ avait créé : un site à l’image de Gossip Girl. Peut-être connaissez vous la série ? C’est absurde que ces élèves se croient supérieurs à tout, ils pensent vraiment être l’élite de la Belgique, et bien sûr, croient etre suffisament intéressants pour que tout le monde aille voir les ragots sur un blog. Ce site a pour but de mettre en pièces l’image de chaque individu de l’école, de les humilier en divulgant des histoires de la vie privée, parfois de tres mauvais gout. Entre rejet à cause des vetements de seconde main, garcons qui envoient des photos nues de jeunes filles de l’école « populaires » sur le gsm de tout ceux qui ont leur bluetooth ouvert et fumette au parc Garcet, je crois vraiment qu’un étudiant du CSPJ recevra une bonne éducation, mais en ce qui concerne le caractère qu’il va se forger et les valeurs qu’il va acquérir… Bon courage ! J’espere que ce message réconfortera tout les parents qui n’ont pas pu envoyer leur enfant au cspj et s’en veulent, aujourd’hui encore deux élèves de ma classe se sont battus en cours de géo ils ont eut quelques pages… exactement la meme sanction que pour 4 retards… LOGIQUE ??
      Une élève qui, bien sur ne dira pas son nom histoire de ne pas être « priée de quitter le collège pour avoir sali sa réputation » (ou plutot dit quelques vérités…)

  2. Elitiste ?
    Le CSPJ n’est pas élitiste, elle veille à la présence de professeurs ayant un bon sens moral et qui savent inspirer le droit chemin aux étudiants. C’est ce que les parents apprécient. Quelle est votre proposition ? Déménager ce collège dans le Sud de Bruxelles ?

    Il est vrai que les anciens élèves du CSPJ ne sont majoritairement pas à plaindres, mais une très faible proportion fréquente les bancs de l’université. Probablement que la culture locale influence négativement leur ambition.

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