L’essentiel n’est pas dans les files d’attente

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Dès vendredi prochain, les parents pourront demander à inscrire leurs
enfants dans l’école de leur choix. L’effet le plus médiatique du nouveau
décret « inscription » se concentrera devant quelques écoles privilégiées où
les files d’attente risquent d’être longues. Effet médiatique mais anecdotique,
au vu de l’objectif poursuivi que le MOC entend soutenir plus que jamais.

Ce jeudi 29 et vendredi 30 novembre, on ne parlera que de « ça », et ne verra que
« ça » : quelques files d’attente de parents d’élèves devant quelques écoles
huppées de Bruxelles et de Wallonie.
Voilà, du point de vue médiatique, à quoi risque de se résumer la réfome des
inscriptions dans le premier degré de l’enseignement secondaire.
Le Mouvement Ouvier Chrétien refuse de rentrer dans les polémiques actuelles
relatives à la mise en oeuvre du décret « inscription ». Son impact réel en termes
de promotion de la mixité sociale dans les écoles devra faire l’objet d’une
évaluation rigoureuse.
Le MOC note toutefois que la « pagaille » suscitée par cette réforme démontre à
quel point l’hypocrisie règne en matière d’égalité scolaire : les files d’attente
visibiles dès demain devant certaines écoles « cotées » existaient déjà, mais
organisées discrètement par certaines directions soucieuses de sélectionner leur
public sur base socio-culturelle, académique, voire ethnique.
Faut-il rappeler que l’école, en Communauté française, est l’une des plus
inégalitaires d’Europe ? Chez nous plus qu’ailleurs, le taux de réussite des élèves
est étroitement lié à l’établissement fréquenté et à leur origine socio-culturelle.
Dans ce contexte extrêmement dualisé, ce sont les enfants des milieux populaires
qui sont le plus systématiquement victimes de l’échec comme du décrochage
scolaires.
Cet « apartheid scolaire » est le prix payé pour une liberté de choix d’école
totalement illusoire puisqu’elle ne bénéficiait dans les faits qu’à un nombre
restreint de familles, mieux informées et mieux nanties.
Voilà pourquoi le MOC soutient et soutiendra toute initiative destinée à lutter
contre la « ghettoïsation » du milieu scolaire. L’intention du décret « inscription »
est celle là. Il faut le rappeler. Et il faut avoir le courage de dire que cela ne suffira
pas.

Thierry Jacques , Président du MOC

3 COMMENTS

  1. Plus de 4000 élèves s’entendent donc dire qu’ils ne sont pas importants!
    Votre message est sidérant.

    Tout ramener à la lutte des classes est d’un autre âge.

    Le vrai problème est la perte des valeurs et des principes d’éducation dans notre société.

    Les 4000 élèves désirant rejoindre des établissements dont la pédagogie est réputée sont considérés par vous comme peu important. Par contre, un décret a été crée pour ces 4000 élèves. Ceci est incohérent et démontre un acharnement qui consumme des forces vives et des coûts qui seraient bienvenus dans notre enseignement.

    Décret à supprimer de toute urgence… L’esprit chrétien n’y est pas du tout présent. La philosophie communiste y transpire par contre à chaque section…

    • La bonne pédagogie des écoles d’élite !
      Dans bon nombre des écoles que vous évoquez, la « pédagogie réputée » consiste à donner cours aussi mal que possible, de sorte que seuls les élèves disposant chez eux d’un soutien adéquat peuvent suivre. Résultat : une pyramide inversée. Dans ces conditions, bien sûr, les résultats des rescapés à l’université sont excellents ! Grâce à la « bonne pédagogie » ?

      • La sociologie des files !
        Je pense qu’une analyse sociologique des parents qui faisaient le file devant certaines écoles et une autre des parents qui ne faisaient aucune file serait intéressante pour définir comment réformer l’enseignement en profondeur avec la qualité requise pour tous et toutes.

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