4. Une fusion des réseaux

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Et que faites-vous de la liberté religieuse ?
L’enseignement libre n’est-il pas plus efficace que l’officiel ? Plus humain ? Plus ouvert ? Pourquoi changer ce qui fonctionne bien ?
L’existence d’établissements confessionnels ne représente-t-elle pas un rempart contre l’intégrisme (leur interdiction ayant pour effet pervers de cristalliser les rancoeurs) ?
La liberté d’enseignement est dans la Constitution !

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Ce que dit le texte du programme de l’Aped :

Une fusion des réseaux

La mixité sociale et l’utilisation rationnelle des infrastructures ne pourront se faire vraiment qu’avec une fusion des réseaux. C’est la fonction même d’associations comme la nôtre de soulever ce genre de lièvre et d’oser fixer des objectifs que la majorité considère encore comme « tabous ». La fusion est le prix à payer si l’on veut réellement réduire l’inégalité sociale et créer une école démocratique. La suppression du caractère confessionnel nous semble également souhaitable pour éviter la montée des communautarismes religieux.

Alors, osons.

L’école commune sera celle d’un seul réseau, forcément public. Elle impliquera un immense chamboulement dans l’affectation des enseignants et des bâtiments scolaires. Toutes les structures actuelles se verront modifier, aucun établissement ne subsistant dans sa forme actuelle.

Les bâtiments du réseau libre, s’ils appartiennent à une asbl, seront mis sous statut public. Loués, les anciens contrats emphytéotiques seront reconduits au nom de l’Etat et aux mêmes conditions.

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Et que faites-vous de la liberté religieuse ?

Nous n’y touchons pas ! Nous reconnaissons à chacun la liberté de pratiquer la religion de son choix. Mais quel rapport avec l’école ? Nous ne sommes pas favorables à une séparation des élèves selon la conviction de leurs parents : les catholiques dans des écoles chrétiennes, les musulmans dans des écoles islamiques, les juifs dans des écoles hébraïques… La multiculturalité croissante de notre société rend de plus en plus inacceptable cette forme de communautarisme qui tend à l’apartheid. De plus, face à la montée des intégrismes, nous voulons une école qui valorise la raison et la science comme fondements de la compréhension du monde et comme base de l’enseignement.

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L’enseignement libre n’est-il pas plus efficace que l’officiel ? Plus humain ? Plus ouvert ? Pourquoi changer ce qui fonctionne bien ?

Qu’est-ce qui permet d’affirmer que l’enseignement libre est plus efficace ? On retrouve dans ce réseau un peu plus d’écoles élitistes que dans les autres. C’est essentiellement dû à des causes historiques et sociologiques. Est-ce un gage d’efficacité ? Où est le mérite d’arriver à des résultats quand on travaille dans un cocon !
Mais il existe aussi des écoles « ghettos » dans ce réseau. Leurs élèves et enseignants subissent les mêmes souffrances qu’ailleurs. Et ceux-là auraient donc beaucoup à gagner à l’introduction du système que nous proposons.
Quant aux côtés « humain » ou « ouvert », ils dépendent essentiellement de l’équipe éducative. Il n’y a aucune raison de penser que les enseignants sérieux, consciencieux et de bonne volonté se retrouvent davantage dans un réseau que dans un autre. Ni que l’on retrouve plus de gens, dans tel ou tel réseau, qui se sont trompés de vocation …
Cette impression tout à fait subjective est aussi liée au climat idéologique dans lequel nous baignons, selon lequel tout ce qui est issu du privé fonctionnerait soi-disant mieux. C’est une affirmation gratuite, souvent démentie par les faits. Pensons à la faillite de la SABENA privatisée ou au fait que le gouvernement britannique a dû re-nationaliser la gestion des infrastructures ferroviaires pour cause d’incurie de la société privée à qui elle avait été confiée (nombreux accidents, etc.)

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L’existence d’établissements confessionnels ne représente-t-elle pas un rempart contre l’intégrisme (leur interdiction ayant pour effet pervers de cristalliser les rancoeurs) ?

De quel intégrisme parle-t-on ? L’intégrisme catholique, si minoritaire ? La majorité des chrétiens, « modérée », devrait se satisfaire de la liberté de culte, hors école.
Si on parle plutôt de l’intégrisme musulman, voyons quelle est la situation. Certaines rancoeurs proviennent du fait suivant : les écoles libres à caractère confessionnel sont dans leur écrasante majorité catholiques. Quelle en est la raison ? Si la liberté d’enseignement est quasi totale dans notre pays, elle implique une condition : posséder ou louer les bâtiments nécessaires. Ce n’est pas à la portée de tout le monde. L’existence d’un seul réseau public, en supprimant ce sentiment d’injustice, serait donc au contraire susceptible d’apaiser ces rancoeurs-là.

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La liberté d’enseignement est dans la Constitution !

La Constitution peut être modifiée. La preuve : la Belgique de papa a cédé le pas à celle des Communautés et des Régions. Avant 1989, la Constitution considérait que l’enseignement relevait de la responsabilité de l’Etat unitaire. Pourquoi un enjeu aussi important que l’égalité dans l’enseignement ne mériterait-il pas une nouvelle révision de la Constitution ?