Coût des études

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Le mercredi 29 novembre dernier, je comptais parmi les invités de la Ministre Marie Dominique SIMONET aux Facultés Saint Louis, comme participant au colloque sur la condition sociale étudiante. Madame la Ministre avait souhaité que je sois intervenant dans l’atelier intitulé aides indirectes aux étudiants. C’est toujours un honneur que d’être l’invité d’une ou d’un Ministre en Belgique, surtout quand on exerce la profession d’ouvrier inconnu des grands de ce monde.

Les gens que j’ai dépannés en trente années de métier chez Touring Secours entretiennent peut être de moi une autre image mais cela n’apporte rien quant à ce qui nous préoccupe…

Le mercredi 29 novembre dernier, lors de ce colloque, un représentant de la FEF posa cette question à Monsieur André WALGRAFFE, Conseiller transport au Cabinet du Ministre André ANTOINE :
« Pourquoi ne pas accorder la gratuité des transports aux étudiants du supérieur ou de l’universitaire ? »
Il est vrai qu’à défaut de courageux moyens mis en œuvre pour rendre l’accès plus facile à l’enseignement supérieur, autant tenter de grignoter de petites avancées ci et là…

Monsieur le Conseiller transport au Cabinet d’André ANTOINE failli tomber de sa chaise.
Nous eûmes droit à une réponse (sans doute préparée d’avance) illustrant l’impossibilité majeure d’accorder la moindre parcelle d’oreille à cette demande, en raison du manque à gagner qu’elle engendrerait pour les transports publics.
David LALLEMAND de la RTBF, ainsi que les personnes présentes à l’atelier entendirent la réponse du Conseiller transport au Cabinet ANTOINE.
Je dois le dire, la précision des arguments avancés par l’intervenant ôta du premier coup au membre de la FEF, comme à moi d’ailleurs, l’envie de tirer une seconde salve.

Ce vendredi 8 décembre, surprise !

A 17hr, lors du bulletin d’info radio sur la Première, l’annonce de la gratuité des transports accordée à l’ensemble des 150.000 employés du fédéral s’envole sur les ondes de la RTBF. Dans l’édition du journal Le Soir de ces samedi 9 et dimanche 10, l’info est confirmée.

Nous avons donc d’une part, la demande en provenance d’étudiants sans revenu de pouvoir bénéficier des transports gratuits, soldée par un refus le 29 novembre, et d’autre part cette gratuité des transports pour l’ensemble du personnel fédéral, soit 150.000 salariés, accordée dix jours plus tard.

Vous écrivant en notre qualité de parents confrontés aux coûts des études des enfants, nous qui ramons depuis des années en ne réussissant juste qu’à ne pas couler, nous pensons pouvoir écrire que les décideurs nous prennent pour des idiots.
Non pas que j’éprouve la moindre jalousie à l’égard des employés du fédéral qui vont profiter de l’avantage, non ! C’est sans doute une bonne manière d’inciter à l’utilisation des transports en commun.
Mais que cette mesure qui, pour raison budgétaire, s’avère inacceptable pour des étudiants sans revenu le 29 novembre trouve grâce aux yeux des décideurs en faveur de 150.000 salariés le 8 décembre, soit moins de deux semaines plus tard, ça doit poser question et ça mérite réponse !
150.000 employés fédéraux qui ensemble s’écrient merci Saint Nicolas, ça doit mettre de l’ambiance dans les bureaux !
A moins que… Merci Monsieur Fédéral, nous voterons pour vous au printemps prochain…

Un second point…

Madame la Ministre de l’Egalité des chances et de l’Action sociale, MADAME Christiane VIENNE, depuis que vous avez très récemment mis de l’ordre dans les bureaux de l’Awiph, les employés sous votre feu se terrent tous sous leur bureau en rejetant la responsabilité des dysfonctionnements (mon Dieu quelle belle invention que ce mot dysfonctionnement) à la tête de leur collègues.

Depuis 1997, nous interpellons sans distinction des élus quant au coût des études supérieures ou universitaires à charge des étudiants ou de leur famille. Nous exprimons le plus poliment et le plus clairement possible nos inquiétudes quotidiennes face à cette réalité. Nous écrivons chaque mois des dizaines de lettres auxquelles les destinataires ne se donnent même plus la peine de répondre, ou alors des réponses qui sont un peu du n’importe quoi, comme cette réponse reçue de vous, Madame la Ministre, qui nous invitez à prendre contact avec des services sociaux. Sur votre conseil, nous avons donc pris contact avec ces différents organismes dont vous nous renseignez l’existence par votre courrier du 9 novembre.
Nous nous sommes fait remballer par le personnel des trois institutions. Visiblement, les conséquences du sous financement de l’enseignement en Communauté française sur les familles nombreuses ne relèvent pas des compétences de ces organismes dont vous nous avez fourni les coordonnées. Comme quoi, les employés de l’Awiph ne sont pas les seuls à occasionner des dysfonctionnements… En attendant, un mois de plus s’ajoute à notre quotidien dans la difficulté.

En regard de notre situation assumée dans l’inquiétude usante au fil du temps, j’avoue m’interroger quant à cette fonction de Ministre de l’Egalité des chances et de l’Action Sociale quand une famille confrontée à l’inéquitable et qui le crie partout depuis des années est lâchée par la Ministre même qui dispose des compétences d’Egalité des chances, d’Action sociale et de la Santé dans ses attributions.

Pour conclure. Le but que nous poursuivons, et dont notre asphyxie financière est le moteur, est de réduire le poids qui pèse ou qui écrase (c’est selon…) les épaules des familles quand les enfants sont en cours d’études supérieures ou universitaires. Les moyens à mettre en œuvre sont de votre ressort. La pétition que nous avions lancée pour appuyer notre requête compte aujourd’hui près de 14.000 signatures ! Faut-il continuer ?
Depuis huit ans, nous, parents, accomplissons notre devoir.

Cela fait des mois que je suis convaincu que la déductibilité fiscale n’est pas la bonne piste, qu’elle est même la plus mauvaise. Atteindre le but par une quotité de revenu exonérée d’impôt, ou par une solide révision à la hausse des plafonds pour l’obtention des bourses d’études, ou par une allocation au logement, ou par un refinancement à concurrence de ses besoins réels de l’enseignement en Communauté française ? Cela comporte des décisions qui n’appartiennent pas aux électeurs mais bien aux élus. C’est un choix de société !
Le temps presse…

Dans l’attente de vous lire ou de vous rencontrer, nous vous prions de bien vouloir agréer, Mesdames et Messieurs en vos titres et qualités, l’expression de notre haute considération.

Jean-Pol HARZEE

1 COMMENT

  1. > Coût les études Pourquoi les études sont si couteuses ?
    N’oubliez pas q’un « peuple instruit est difficile à gouverner »
    J’ai lu dans un livre d’histoire qu’en 732 à Poitiers, Charles Martel avait battu « l’armée islmamiste ». L’islam ne s’est répandue qu’au 9e siecle, mais si on peut désigner des coupables à la misère ambiante (les immigés) on s’intéressera moins aux grosses fortunes et comment elles ont été acquises
    Anatole France a dit : La justice est vraiment juste, elle rend à chacun son dû : la richesse aux riches, la misère aux pauvres

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