Education nationale ou éducation libérale ?

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Les lycéens qui manifestent avec courage et détermination contre la loi Fillon expriment le refus d’une école inégalitaire soumise aux besoins du patronat et des pouvoirs d’argent.

A Toulouse, les lycéens ont symboliquement enterré l’ Ecole de la République.

Ce mouvement nous interpelle tous : Que reste t il aujourd’hui des principes fondamentaux de l’Ecole ?

Qu’en reste t- il, quand, par exemple, des banques ou des sociétés publicitaires sont invitées, bien souvent sous couvert de « partenariat », à investir notre système éducatif ?

Qu’en reste t-il quand, par exemple, le ministère de l’Education nationale délègue l’orientation des élèves à Disneyland ou la « formation » des professeurs de SES au MEDEF, rebaptisé pour la circonstance, Institut de l’entreprise?

S’il fallait trouver un nouvel exemple de la mise à mort du service public, le gouvernement et le ministère viennent de l’apporter.

Les chefs d’établissement ont en effet reçu, à l’occasion de la campagne pour (ou contre ?) le traité européen, un bien curieux courrier émanant du chef de représentation en France de… la commission européenne. Yves Gazzo indique dans cette lettre :

« A l’initiative de la ministre déléguée aux Affaires européennes, le gouvernement de la République française, le Parlement européen et la Commission européenne ont établi un partenariat en matière d’information sur l’Union européenne. Le thème prioritaire cette année concerne l’information sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe.

Dans ce cadre, et en accord avec le ministère de l’Education nationale de l’Enseignement supérieur et de la recherche, la représentation en France de la commission européenne a décidé d’adresser la brochure « Une Constitution pour l’Europe à tous les lycées de France ».

Cette brochure, destinée être distribuée « à l’ensemble des lycéens de classe terminale » n’a évidemment rien d’une information objective.

Elle fait partie d’une campagne de propagande lancée en milieu scolaire en faveur du traité. Les moyens mis en œuvre sont énormes : cassettes, sites internet, brochures (dont 750000 exemplaires de « Pour une Constitution »), débats, initiatives « originales », 2,2 millions de serviettes papier pour les restaurants universitaires…

Bafouant ouvertement tout respect du principe de neutralité scolaire la campagne pour le « oui » bat son plein à l’école aussi.

L’aspect partisan de l’opération vient d’être confirmé par la censure dont a fait l’objet Dominique Rousseau, universitaire et membre du Conseil supérieur de la magistrature. La contribution que ce partisan du non avait rédigé pour la revue « Textes et documents pour la classe » a en effet été supprimée juste avant sa publication. La revue arrivera dans les établissements avec le seul point de vue des partisans du oui.

Monsieur Fillon, cette scandaleuse opération de propagande ne révèle t-elle pas une étrange conception de cette « Education à la citoyenneté » dont vous parlez tant ?

Et si les citoyens avec les lycéens vous disaient non ?

Ci-dessous un petit texte rédigé à la demande du Réseau Stop Précarité, association signataire du manifeste pour l’annulation du « code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire »

Pour toute in formation relative à ce manifeste, dont ATTAC est également signataire, merci de me contacter.

Christiane Levilly