Condamnation des « Masters de l’Economie »

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Un professeur de philosophie du Lycée Auguste Blanqui de St-Ouen (93), Gilbert Molinier, a tenté depuis plusieurs années et par divers moyens de faire interdire le jeu-concours « les Masters de l’économie » organisé par le groupe bancaire CIC dans son établissement scolaire.

Après divers déboires démontrant une connivence évidente de l’administration scolaire, du Ministère de l’Education nationale jusqu’au proviseur de son lycée en passant par le Rectorat et l’Académie dont dépend ce lycée, c’est finalement le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise qui, par sa décision du 1er juillet 2004, donne raison à Gilbert Molinier et donne par cette même occasion des moyens pour lutter contre les interventions publicitaires et commerciales d’entreprises privées ou publiques dans les établissements scolaires.

En effet, ce tribunal dans sa décision considère « que ce jeu qui avait clairement des objectifs publicitaires et commerciaux pour la banque organisatrice tombait sous le coup de la prohibition des initiatives de nature publicitaire, commerciale, politique ou confessionnelle figurant au règlement intérieur de l’établissement ; qu’il contrevenait également au principe de neutralité de l’école rappelé par de nombreuses circulaires et notes de service émanant du ministre de l’éducation nationale ; qu’enfin, son organisation aurait dû être autorisée par le conseil d’administration de l’établissement, qui, aux termes de l’article L. 421-4 du code de l’éducation, « règle, par ses délibérations, les affaires de l’établissement » »

Ainsi, en décidant que « pour tous ces motifs, la décision prise par le proviseur du lycée Auguste Blanqui d’autoriser le déroulement de ce jeu dans l’établissement est illégale et doit, donc, être annulée » le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise donne une interprétation juste du caractère de l’intervention du groupe bancaire CIC à travers son jeu. Il redonne tout son sens à la circulaire n°30 du 2 septembre 1999 en évoquant « le principe de la neutralité de l’école. »

Cette notion clairement précisée dans ce jugement et les considérations que le tribunal a jugé comme attentatoires à cette notion et clairement identifiées donnent maintenant un caractère juridique à cette circulaire du 2 septembre 1999. Ce qu’elle stipule ne peut désormais plus être regardé comme une simple recommandation mais bien comme une règle de droit puisque la décision du Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a un caractère jurisprudentiel. Cela est d’autant plus vrai que les termes de son jugement ne sont qu’une stricte application des termes de cette circulaire qui stipule que « Par ailleurs, afin de garantir le respect du principe de neutralité de l’école et, comme le rappelle la circulaire du 27 avril 1995, il ne sera pas donné suite aux sollicitations émanant du secteur privé, dont les visées ont généralement un caractère publicitaire ou commercial. »

Enfin, en évoquant « le principe de la neutralité de l’école » et les causes susceptibles de l’entraver à savoir en l’espèce le caractère publicitaire et commercial de l’intervention du groupe bancaire CIC, il contredit l’interprétation faite par le « Code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire » à propos de cette neutralité et qui considére en ses dispositions que « Le principe de neutralité du service public de l’éducation nationale, rappelé notamment par l’article L. 511-2 du code de l’éducation, s’entend aussi de la neutralité commerciale […] » Il est ainsi parfaitement clair que la décision du Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise anéanti cette interprétation et rend inopérant ce « code de bonne conduite ».

Il appartient donc à tous, enseignants, parents d’élèves, élèves d’une part de faire connaître cette décision, de l’utiliser comme moyen pour faire interdire les interventions des entreprises en milieu scolaire en exploitant les conséquences juridiques qui viennent d’être évoquées et d’autre part utiliser ces mêmes conséquences pour appuyer davantage et continuer à exiger l’annulation du « Code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire ».
Les syndicats qui doutent encore des dangers de ce texte doivent enfin réaliser qu’il est temps de rejoindre Attac et les autres dans leur action.
Les députés de l’Assemblée Nationale qui soutiennent notre action d’annulation de ce texte en relayant notre demande au Parlement doivent s’appuyer sur cette décision pour poursuivre leur travaux allant dans le sens de notre action.

Vous pouvez consulter le dossier complet sur les interventions des entreprises en milieu scolaire sur le site du Collectif Attac IDF Education à l’adresse : http://attaceducidf.jeanmarcfiorese.com
Mise à jour : 26/09/04

Cordialement,
Jean-Marc Fiorese
Membre du Collectif Attac Educ IDF

8 COMMENTS

  1. HALTE A LA BETISE
    ANCIEN PARTICIPANT A CE JEUX CONCOUR JE TIENS A VOUS SIGNALER
    QUE CE JEUX A MOTIVE MA POURSUITE D ETUDE DANS LE DOMAINE BOURSIER
    JE TROUVE REGRETABLE QUE MALGRE LA NON PRISE EN COMPTE DES ELEMENT SOCIAUX DANS CE CONCOURS EMPECHE
    LES ETUDIANT DE SE RAPPROCHER DE LA REALITE CAPITALISTE QUI EST DE NOS JOUR LE SYSTEME DE FONCTIONEMENT DU MONDE

    • Encore un combat idiot !
      totalement d’accord avec le message « halte à la bétise » : ce jeu permettait d’évoluer et de toucher du bout du doigt le monde capitaliste d’aujourd’hui et m’a permis d’apprendre énormément au fil des 3 ou 4 ans que je l’ai pratiqué.
      Mais la motivation des professeurs est fausse concernant la publicité au sein de l’établissement scolaire : leur vrai combat est en fait mené contre le capitalisme, en bon communistes ou socialistes qu’ils sont tous… mais en aucun cas ils ne pensent finalement à « l’éducation financière » de leurs élèves !
      Encore merci d’avoir fait stopper un jeu enrichissant ! feriez mieux de vous attaquer aux jeux remplis de violence… on comprendrait mieux l’utilité !

    • > HALTE A LA BETISE
      Il est tout à fait exact que « la réalité capitaliste est de nos jour (sic) le système de fonctionement (sic) du monde ». Et c’est bien parce que ce « système de fonctionnement » plonge l’humanité dans une succession de catastrophes sociales, écologiques, culturelles et guerrières que nous souhaitons que l’école apprenne aux jeunes, non pas à reproduire ce système, mais à le changer. Vous êtes donc, en effet, la preuve vivante que ce jeu n’a pas sa place à l’école puisqu’il est parvenu à vous inculquer l’idée que le capitalisme est non seulement le « système de fonctionnement » du monde, mais qu’il est le système de fonctionnement NORMAL du monde.

      • > HALTE A LA BETISE
        Je ne pense pas que le capitalisme soit le seul responsable de toutes les catastrophes évoquées…mais plutôt l’état d’esprit général de la population mondiale : notre monde est un monde de détraqués cérébraux et la situation ne va pas en s’améliorant (cf les excités du voile) …et souvent, les gouvernements, tant ceux de droite que de gauche… ne font qu’agraver les choses tellement ils font d’efforts pour assister la population… voilà la cause réelle du problème avec à ses côtés la technologie où là encore tout est question d’interprétation : certains voient dans le progrès l’amélioration des conditions de vie pour tous…d’autres voient l’enrichissement de ceux qui les commercialisent !!!bref le sujet est vaste et dépend du point du vu que l’on veut bien prendre !
        Mais vous ne pouvez pas nier le fait reconnu que la majorité des enseignants sont de gauche et que c’est pour ça qu’ils se sont érigés face à ce jeu aux tendances prononcées pour le capitalisme… pourtant si l’on va dans ce sens… cela ne faisait que rétablir la balance… vu que les enseignants soit disant « neutres » inculquent bien souvent leur morale socialiste !

    • > HALTE A LA BETISE
      La BETISE est liberale. Halte au « tout argent »

      n’echangons pas l’esprit creatif de nos enfants contre l’esprit capitaliste de ces monstres boursiers !

      vive le gratuit !

      apprenons a nos enfants la generosité qui les sauvera de ce monde ou la « competition » en tue des millions !

    • > Quelle Bétise ?
      Bonjour,

      Je fais partie du Collectif auteur de l’article ci dessus et à la lecture des contributions à ce forum je souhaite rétablir quelques vérités à titre personnel :

      – Ce qui a permis le développement considérable des interventions publicitaires commerciales et idéologiques des entreprises ces dernières années dans les établissements scolaires (de la primaire au lycée) est l’oeuvre des socialistes. En effet c’est grâce à la circulaire « Code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire » publiée en avril 2001 que les entreprises ont enfin trouvé le mode d’emploi pour agir dans les écoles afin d’accroître leur « rentabilité » et ce en toute légalité même si c’est au mépris de la neutralité scolaire. Cette circulaire est une oeuvre commencée sous Monsieur Allègre et achevée sous Monsieur Lang sous la direction éminemment juridique de Monsieur Stahl qui se trouvait être rapporteur au Conseil d’Etat en plus d’être directeur juridique de l’Education nationale et rédacteur de cette circulaire. Cet homme très bien intentionné n’avait d’yeux que pour la concurrence libre et non faussée lorsqu’il exerçait au sein de l’une des plus hautes juridictions françaises qu’est le Conseil d’Etat. Il n’avait en effet de cesse d’invoquer les règles tout droit sorties de la loi du marché pour faire débouter les plaignants qui invoquaient le principe de précaution dans le cadre d’exploitations ou d’expériences dont il n’était pas prouvé l’innocuité. Selon lui tout principe de précaution est contraire aux lois du marché et ne saurait être retenu d’aucune manière. C’est donc cet homme (socialiste lui aussi ?) qui a réinventé la neutralité scolaire pour l’adapter au dogmes libéraux : « la neutralité commerciale de l’école. » Même la droite n’avait jamais osé le faire bien que l’ayant rêvé. Pour en terminer et parachever le tableau socialiste c’est encore l’une de ces membres qui s’est superbement illustrée au niveau européen. Il s’agit d’Edith Cresson lorsqu’elle était Commissaire européen à l’Education. En 1997, quelques années avant la publication du fameux « code de bonne conduite » elle pris les recommandations du PEE (Partenariat Européen pour l’Education, lobby industriel de l’édition, du multimédia et des télécommunications) sous son bras et montra à ces chers industriels qu’elle avait bien compris leur leçon lors d’une conférence qui leur était destinée (MIP-COM). Madame Cresson a montré à quel point elle entendait satisfaire leurs désirs en donnant les pistes de travail pour permettre d’aboutir, entre autres, à ce fameux « Code de bonne conduite » mais aussi et surtout à intégrer l’esprit d’entreprise dans les écoles dès le plus jeune âge car après tout l’école, selon elle, doit être gérée comme une entreprise. Aucune des personnalités politique de droite n’avaient osé aller jusque là. La droite en avait rêvé, les socialistes l’ont fait. Plus d’infos dans le dossier « interevntions des entreprises en milieu scolaire » du Collectif Attac IDF Education.

      – D’où la seconde vérité : je ne suis pas socialiste. Je ne suis pas enseignant non plus, cela doit certainement se remarquer par les erreurs de syntaxe de ce texte. Je travaille dans le domaine juridique et dans l’un des plus pénibles. Je suis amené à rencontrer des personnes qui se trouvent dans des situations sociales dramatiques bien loin du bonheur de la Bourse garanti par le CIC à travers son jeu monstrueux. nombre d’entre elles en sont même victimes : licenciements odieux, expulsions locatives, enfants à la rue, scolarité anéantie, avenir sans espoir puisqu’il ne consiste plus qu’à se protéger sous un toit quelconque et à manger pour survivre. Je dis bien « manger », comme les chiens et non pas « petit déjeuner », « déjeuner », « diner » comme le fait toute personne de notre société occidentale si riche (?). Ces personnes que je rencontre ne sont pas démunis uniquement d’argent, elles le sont également de pouvoir de décision. Ce pouvoir, pour l’exercer à bon escient, il faut être apte à comprendre ce qui est demandé, ce qui est attendu ; il faut également être capable de dire ce que l’on veut et ce que l’on ne veut pas ; il faut encore être capable de comprendre ce à quoi on a le droit et ce à quoi on n’a pas le droit. Or ces personnes pour beaucoup d’entre elles ont été très tôt déconnectées des fondamentaux scolaires (lecture, calcul), certaines d’entre elles on pourtant leur Bac. Elles sont inaptes à décider à bon escient parce qu’elles ne comprennent pas ce qu’il leur est demandé, n’appréhendent d’aucune manière les règles de droit élémentaires pourtant accessibles à tous et courent tête baissée contre un mur pour finir par s’effondrer quand elles ne restent pas inertes sous le plafond qui fini par les écraser dans sa chute. Quand je parle avec ces personnes, dont certaines, je le répète sont bachelières voire même diplômées du supérieur, je me rends compte à quel point l’école est devenu un désastre. Elle n’institue plus l’être humain en sujet de droit autonome. A travers toutes ses dernières réformes elle a cru émanciper l’enfant, en réalité elle l’a abruti au plus grand bénéfice du marché et du libéralisme qui préfèrent avoir à disposition des machines humaines uniquement capables d’accomplir des taches des plus simples et élémentaires aux plus complexes et spécialisées mais surtout qui ne pensent pas, notamment aux conséquences de leurs actes. Je le vois tous les jours, huit heures par jour. Ce jeu du CIC dans les écoles est la quintessence de cet abrutissement et je crains qu’avec le « Code de bonne conduite » et les recommandations européennes en matière d’Education que nous nous acheminions vers pire encore. Les lois d’orientation de Jospin en 89, de Fillon cette année ne sont qu’un début de leur transposition française.

      J’en profite au passage pour dire qu’il suffit de voir ce à quoi je suis confronté professionnellement tous les jours, d’en comprendre les causes et d’avoir lu le « Traité établissement une Constitution pour l’Europe » ; il me suffit également de voir que le secteur dans lequel je travaille risque bien un jour d’être happer par la concurrence et la course à la rentabilité et que je risque moi-même d’être broyé par cette machine infernale pour avoir la conviction la plus ferme et irréversible de voter « Non » le 29 mai prochain lors du référendum français sur cette Constitution.

      Jean-Marc Fiorese

      • > Quelle Bétise ?
        Cher Monsieur,
        j’ai lu avec attention votre réponse…et je dois bien avouer que dans un certain sens, vous avez effectivement raison, ne serait ce que par votre façon de vous exprimer, typiquement juridique, celle là même que vous reprochez d’être trop difficile à comprendre pour certains…mais que vous utilisez tout de même !
        Mais passons au dessus !!!
        Pour reprendre la réponse précédente à la votre, qui parlent du « non au tout argent », cette personne se permet de choisir délibéremment à la place de « ses enfants »…au détriment même de la constitution des droits de l’homme…pourtant il me semble, sauf erreur de ma part, que le jeu étant à la base de ce forum, à savoir : les masters de l’économie, s’adresse à des gens majeurs : de 18 à 25 ans, qui sont donc considérés comme adultes, majeurs et capables d’un point de vu juridique…non ? De quel droit peut on oublier ce droit majeur ? A ton demander leur avis aux étudiants en école supérieur ?
        Je ne pense pas être encore si vieux puisque je vais fêter mes 25 printemps d’ici peu comme il est d’usage de le dire…mais pourtant, il ne me semble jamais avoir été obligé de quoique ce soit par le CIC pour participer à son jeu…ni jamais d’avoir été harcelé de pubs ou de propositions commerciales…

        Mais pour l’avoir pratiqué plusieurs années, je me permets d’émettre une requête à votre encontre : pour vous, ce jeu est une idiotie parfaite apparemment dans le sens où il est un tremplin au déclin de gens que vous jugez défavorisé (que j’ai aussi cru que vous preniez pour « débiles » dans un premier temps…). Pour ma part, il me semble qu’il est surtout une vitrine pour les étudiants de ce qui les attendent dans le cas où ils décident d’investir en bourse ou de travailler dans ce secteur d’activité : à savoir qu’il n’est pas évident d’être bénéficiaire : avez vous jamais analysé les résultats des équipes ? combien ont vraiment explosé les compteurs ? peu en vérité…pour avoir terminé une fois trentième, une fois dans les cinq cents et une fois dans les derniers, voilà la leçon que j’en ai tiré : le commun des mortels n’est pas prêt à « parier » ses revenus sur un coup de bourse…car cela présente trop de risques ! Et je pense que beaucoup ont apprécie l’initiation « fictives » mais que très peu ont été tentés de le faire pour de vrai…surtout lorsque l’on voit le capital qu’il faut amener pour que cela soit significatif !

        En tout cas merci pour la leçon d’histoire politique ! et quant au référendum de dimanche…je dois bien avouer que je n’ai pas encore eu le temps de bien approfondir le sujet et de voir ce qu’un oui peut engendrer…mais si vous voulez m’éclairer je suis preneur !

        sincères salutations à ceux qui nous liront !

        Jean Paul

      • > Encore des précisions
        Il est effectivement plus prudent de dire que ce n’est que dans un premier temps que vous croyiez à une méprise de ma part en direction des personnes que je rencontre en les prenant pour des imbéciles. Et dans un deuxième temps qu’elle est l’impression ? Voilà bien le problème auquel je suis régulièrement confronté et qui nous ramène au fameux jeu des Masters de l’économie : poser les choses bien à plat, tout voir, identifier les problèmes, les qualifier, les mesurer et se poser les bonnes questions avant de chercher une solution. Ce n’est pas être un imbécile que de ne pas y parvenir. Cela l’est d’autant moins quand l’école au lieu de donner les outils indispensables pour cette compréhension, préfère amuser avec des jeux scolaires tel que celui du CIC qui occulte deux bon tiers des vérités et en travestit le dernier tiers dans son glossaire. A travers ces jeux l’élève est sensé apprendre mais il le fait de façon très parcellaire car aller au fond des choses est contraignant. Or aujourd’hui l’enseignement doit avant tout être ludique (Edith Cresson lors de la même conférence du MIP COM), les réformes sont là pour le rappeler. Il est donc tout à fait normal que ce mécanisme de fonctionnement partiel de la réflexion se reproduise dans la vie de tout les jours de l’étudiant devenu adulte « autonome » (j’insiste sur les guillements). Il ne va pas au fond des choses, ce d’autant moins lorsqu’il s’agit d’un problème nécesitant une solution contraignante. Il ne met pas tout à plat, ne voit qu’une partie des réalités. Il ne se pose pas les bonnes questions et fini par chercher une solution qui va dans le mauvais sens. Résultat, il se prend la tête contre le mur ou au mieux se trouve dans une impasse dont le retour lui coûtera cher.

        D’aileurs vous ne vous êtes pas posé les bonnes questions à propos de ce forum. En effet vous avez une vision que parcellaire de la question du jeu du CIC : ce jeu-concours était ouvert à tout les élèves agés de moins de 24 ou 25 ans. Il n’y avait pas de limite d’age inférieur de sorte que ce jeu pouvait se dérouler dans les écoles primaires, ce qui s’est fait. A plus ample informé un élève de 8 ans est un enfant mineur sous l’autorité de ses parents qui ont le devoir de décider pour lui. Premiere erreur de votre part quand vous objectez le choix des parents en lieu et place de leur enfant que vous mettez entre guilemets. Et bien oui ces parents sont responsables et soucieux de ce que l’école fait de leurs enfants (sans guillemet)… heureusement !

        Ensuite le jeu du CIC est une opération commerciale en premier lieu. c’est tout du moins ce qu’affirme le service marketing de ce groupe bancaire qui ne s’en cache nullement. Pire, qui s’en vante : « Grâce à ce jeu tous les jeunes connaîtront le sigle CIC. »Cette démarche repose sur une étude faite parmi un échantillon représentatif d’adultes de laquelle il ressort que plus le client a été capté jeune plus il est fidèle. Cela est aussi valable dans d’autre domaines commerciaiaux, mais pour la banque c’est une fidélité presque à toute epreuve et inversement proportionnelle à l’âge du premier contact avec le client. D’ailleurs je fais moi même partie de cette clientèle captive puisque j’ai eu mon premier contact bancaire à l’age de 14 ans (hors école, je vous rassure.) Je n’ai jamais changé de banque et avoue n’avoir nullement l’intention de le faire, l’empreinte affective est réellement présente. C’est MA banque, je le ressents sincèrement comme telle, je n’ai pas honte d’avouer cette faiblesse. Voici donc une seconde appréciation erronnée du jeu de votre part qui vous conduit à penser que vous n’avez pas été touché par le coté commercial de la démarche. Si cela est surement vrai – je ne le conteste pas, vous étiez déjà adulte et probablement moins influençable sur vos choix de consomateur qu’un enfant – il n’en demeure pas moins qu’une autre empreinte vous a profondément marqué. Celle du caractère « normal » de notre modèle économique et social tel que vous le dites vous même en définissant la bétise de contester ce jeu concours et tel que vous l’a fait observer Nico Hirtt : « […] empêche les étudiants de se rapprocher de la réalité capitaliste qui est de nos jour le système de fonctionnement du Monde. » C’est bien vers autant de dévotion que les « Masters de l’économie doivent aboutir.» Cette stratégie ne pouvait que susciter l’approbation des plus hautes personnalités ministérielles. Cela devient évident en regard de ce que je vous ai déjà dis dans ma précédente intervention. Cette approbation je l’ai entendue de mes oreilles lorsque j’ai assisté à l’entretient qu’Attac avait eu avec le cabinet de Jack Lang en 2001. Le chef de Cabinet a tenu à peu de choses près le même propos que vous. Les propos n’étaient pas très loin non plus de l’esprit d’entreprise dans les écoles mais cela aurait été stratégiquement une erreur de leur part de nous le dire aussi clairement, il vallait mieux nous le dire à postériori à travers le «Code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire.»

        Enfin, pour en terminer bien qu’il y aurait bien d’autres choses à répondre à vos affirmations, vous avez une notion tronquée du caractère fictif de ce jeu. Certes les sommes mises en bourse étaient fictives mais les sociétés cotées sur lesquelles vous “misiez” ne l’étaient pas ! Avez-vous misé sur Danone ? Saviez vous que Danone a été la première entreprise qui, en 2001 en France, a déclenché la stratégie des licenciements boursiers de masse (près de mille personnes) ? saviez-vous que nombreuses personnes de cette mutinationale employées à Ris Orangis en Essonne (le département que j’habite) ont dû quitter la région précipatament pour accepter un reclassement (au rabais) à plus de 200 km de chez eux. Cela a obligé plusieurs d’entre eux de brader leur maison pour pouvoir se reloger. Saviez vous que certains d’entre eux ont tout perdu (femme et enfants), il y en a même qui se sont suicidés. Le CIC vous l’a-t-il appris lors de vos divers participations à ce jeu concours « les Masters de l’économie» ? Est-ce là un modèle économique et social normal selon vous ?

        Quant à votre dernière question, vous vous y prenez un peu tard. Le Traité Constitutionnel Européen ce n’est pas aussi simpliste que les « Masters» et ce n’est pas un jeu. Il parle de politique figeant un projet de société qui est sensé nous concerné ainsi que nos enfants et petits enfants. Dire “Oui” ou “Non” à ce traité est probablement l’un des actes social le plus important que vous aurez à faire de votre vie. Il ne se prend pas à la légère, il ne se réfléchit pas une semaine avant le moment de la décision. Il a fallut plus d’un an et demis pour rédiger ce texte, il a fallu plusieurs mois à des militants pour le décripter. Ce n’est pas en quelques lignes qu’il est possible de vous éclairer. La encore vous faites preuve de légèreté alors que vous êtes sensé avoir le statut d’adulte citoyen… Allez, une petite aide : pour les arguments du Oui allumez votre télé ou votre radio ou encore lisez les grands titres de la presse (sauf l’Humanité), bref consultez les médias. Pour les arguments du Non éteignez votre télé et votre radio, fermez les grands titres de la presse (sauf l’Humanité) consultez Internet allez à des réunions publiques, ne vous limitez pas aux tracts qui sont par essence « simpliste » par leurs raccourcis. Vous pouvez aussi écouter les émisions « Des sous et des hommes » sur Internet (chaque émission dure 20 minutes et il y en a une tripotée sur le TCE http://dsedh.free.fr . Bon courage.

        Cordialement,

        Jean-Marc Fiorese

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