Quand l’entreprise finance les collégiens de banlieue

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«NOUS LE SAVONS, la promotion sociale reste dans notre pays insuffisante. La trajectoire scolaire ou professionnelle des enfants issus de milieux ouvriers ou employés reste quasi identique à celle de leurs parents. » Ce constat, c’est le ministre de l’Education nationale, François Fillon, qui l’a fait à l’occasion de la signature d’une convention avec le groupe Pinault-Printemps-Redoute (PPR).

Ce document prévoit le financement, par PPR, de bourses destinées à des collégiens de zones d’éducation prioritaires (ZEP), « méritants et motivés, éprouvant des difficultés économiques, familiales ou sociales, afin qu’ils poursuivent leurs études dans les meilleures conditions ». Pour cela, ces élèves seront placés en internat, dans des collèges publics. Une véritable intrusion du privé dans la sphère de l’Education nationale. Au ministère, on réfute toute accusation de paternalisme ou de démission de l’Etat. « L’Education nationale reste le fondement pour amener des jeunes vers la réussite. Mais il faut reconnaître que la situation est difficile. Ce n’est pas un aveu d’impuissance, mais la reconnaissance que la société est un tout, et que pour que ça marche, tout le monde doit contribuer à la lutte contre l’exclusion », répond Hanifa Cherifi, conseillère technique pour les zones d’éducation prioritaires et l’intégration.
« Nous voulons favoriser la remise en route de l’ascenseur social » Le groupe PPR, par l’association SolidarCité, financera à terme jusqu’à 60 bourses de 2 300 € par an. Cet argent servira à payer les frais d’internat, les fournitures scolaires, les frais de transport et les frais relatifs à la mise en oeuvre du projet personnel de l’élève. Par ailleurs, chaque boursier sera accompagné durant toute sa scolarité par un tuteur. Ce dernier, cadre du groupe PPR, assurera bénévolement ce suivi. Pour en bénéficier, les élèves seront choisis par les enseignants et les chefs d’établissement en fonction de quatre critères : « Avoir 14 de moyenne générale. Etre issu de famille très modeste et bénéficiant de bourses. Etre habitant de ZEP ou issu d’un environnement très défavorable. Présenter un dossier scolaire confirmant ses aptitudes à poursuivre des études supérieures. » « Nous voulons favoriser la remise en route de l’ascenseur social, assure Thomas Kamm, directeur de la communication de PPR et président de SolidarCité. Pour cela, nous souhaitons nous baser sur les internats car ils permettent d’extraire ces élèves d’un milieu qui peut être pénalisant. » Une première convention avait déjà été signée en 2001, dans le cadre du plan de relance des internats. Deux établissements avaient ainsi bénéficié d’aides financières. Le collège André-Canivez de Douai (Nord) et le collège Alfred-Sisley de Moret-sur-Loing (Seine-et-Marne). Dans ce dernier, la salle informatique a été payée par le groupe PPR, ainsi que de nombreux livres. « Aujourd’hui, nous souhaitons aller plus loin, en aidant personnellement des élèves qui seront scolarisés dans ces deux établissements », explique Thomas Kamm.

Le groupe Pinault-Printemps-La Redoute va financer des bourses destinées à aider des collégiens issus de zones d’éducation prioritaires.   (LP/FREDERIC DUGIT.)

Sébastien Morelli
Le Parisien , jeudi 15 juillet 2004

1 COMMENT

  1. > Quand l’entreprise finance les collégiens de banlieue
    évidemment l’idée peut paraître alléchante, mais je préférerais que le rôle de l’entreprise soit avant tout de créer des emplois, de vrais contrats à durée indéterminée aux parents de ces jeunes désoeuvrés qui côtoient plus souvent le chômage et la précarité que les stock options ; avons nous affaire à ces mêmes personnes qui pratiquent la délocalisation des entreprises plus rentables dans certaines contrées, qui ferment des entreprises qui font des bénéfices , et qui aujourd’hui veulent faire du social… pour quel motif, pour quelle image, ????

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