Burundi: Ravages de la guerre dans l’éducation

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Avant la guerre qui a éclaté en 1993, le Burundi figurait dans le peloton de tête des pays africains en matière d’alphabétisation avec un taux de 72 %. Le conflit est évidemment à l’origine de nombre de situations dramatiques. Parmi elles, des orphelins par milliers qui traînent souvent dans les rues pour quémander de quoi vivre. Les plus chanceux sont pris en charge par des ONG africaines ou européennes qui, sous l’égide de l’Unesco, mais avec des moyens dérisoires, tentent de les rescolariser et de leur faire « oublier » les massacres dont ils ont parfois été témoins. Mais même dans les familles qui ont eu la chance d’être épargnée directement par la guerre, la misère est telle que bon nombre d’enfants ne fréquentent plus l’école en raison des frais scolaires. Ceux-ci paraissent pourtant dérisoire aux Occidentaux que nous sommes : 1500 francs burundais soit 1,30 euro par an ! Mais pour beaucoup de familles, ils sont insurmontables. L’Etat a décrété que les communes devaient prendre en charge ces frais pour les familles indigentes. Voeu pieu quand la plupart éprouvent des difficultés à payer leurs fonctionnaires … Conséquence, le taux d’alphabétisation est redescendu à 40 % !
Si l’absence de moyens représente le facteur principal de discrimination, une décision gouvernementale prise il y a dix ans vient se greffer au problème. Dans ce pays bilingue (kirundi – français), les autorités ont en effet décidé que les cours en primaire se donneraient en kirundi de la 1ère à la 4ème. Le français y étant enseigné comme d’autres matières. En 5ème et 6ème par contre, c’est dans la langue de Molière que l’enseignement est prodigué. A la fin se tient le concours national, en français, pour l’entrée au collège. Ce système avantage les familles riches qui peuvent mettre leurs enfants dans les écoles privées où l’enseignement est dispensé en français dès la 1ère primaire.
Le Monde de l’Education, juin 03