Principes élémentaires de propagande de guerre, utilisables en cas de guerre froide, chaude ou tiède …

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Pour tous les cours généraux, puisqu’il y est question de discours, de médias, d’actualité, d’histoire, mais aussi de philosophie – vérité, doute, paix -, je vous recommande chaudement la lecture de cet ouvrage d’Anne Morelli, publié en 2001 chez Labor (Bruxelles), dans la collection Quartier Libre.
Un livre de vulgarisation d’un abord vraiment facile, 90 pages notes comprises, au style incisif et non dénué d’humour.

Reprenant le flambeau d’Arthur Ponsonby, travailliste hostile à l’entrée en guerre de la Grande-Bretagne en 1914, Anne Morelli nous enseigne les dix principes sur lesquels se basent toutes les propagandes de guerre : “ nous ne voulons pas la guerre, le camp adverse est seul responsable de la guerre, le chef du camp adverse a le visage du diable, c’est une cause noble que nous défendons (et non des intérêts particuliers), l’ennemi provoque sciemment des atrocités (si nous commettons des bavures, c’est involontairement), l’ennemi utilise des armes non autorisées, nous subissons très peu de pertes (les pertes de l’ennemi sont énormes), les artistes et intellectuels soutiennent notre cause, notre cause a un caractère sacré, ceux qui mettent en doute notre propagande sont des traîtres “.
Ces dix principes sont illustrés d’exemples de 14-18 et de 40-45, de la guerre du Golfe et de celle de l’Otan contre la Yougoslavie.
L’objet de l’auteure n’est pas de prendre position pour tel ou tel camp, mais de montrer comment, de part et d’autre, les “va-t-en-guerre” parviennent à enlever l’adhésion des opinions publiques à leurs projets mortifères.
L’actualité ne manque pas d’occasions de vérifier la pertinence de ces principes de propagande. Irak, Tchétchénie, Afghanistan, Venezuela … et les conflits sociaux nous donnent autant d’occasions de fournir aux jeunes des armes pour comprendre le monde, pour ne pas se laisser berner par les discours officiels.
Plus que jamais, nous rappelle Anne Morelli, il nous faut apprendre à douter, douter … et encore douter.

Ph. Schmetz