Wallonie-Bruxelles : Accéder à l’université ? Un privilège

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La probabilité pour un enfant d’entrer – et de réussir – un jour à l’université est étroitement liée au niveau d’instruction de ses parents. Telle est la conclusion d’un étude menée par l’Université Catholique de Louvain (UCL) et le Mouvement ouvrier chrétien (MOC) à partir de statistiques réalisées par l’UCL, mais qui peuvent être étendues à toute la Communauté, une enquête similaire y ayant livré des chiffres approchants. Si le nombre d’universitaires a quasiment doublé depuis 1967, cet accroissement s’est-il accompagné d’une démocratisation de l’accès ? Non, les étudiants issus des milieux modestes sont sous-représentés. Doux euphémisme ! Jugez plutôt : en 1999, un jeune de 18 ans dont le père était diplômé de l’enseignement universitaire avait 76,9 % de probabilité d’accéder à l’université et 44,1 % de réussir sa première année, contre seulement 3,2 % et 0,8 % pour un jeune dont le père n’était diplômé que du primaire. Et le recteur, Marcel Crochet, de s’inquiéter des jeunes qui n’achèvent pas leurs études secondaires, “ 37 % d’une génération. Sans doute est-ce dû à un déficit de conditions sociales et culturelles favorables au travail intellectuel, au manque d’information ou de conseil face aux problèmes de l’école “. (Le Soir, 17/09/02)
Somme toute, inversons notre façon d’appréhender la discrimination scolaire, arrêtons de nous demander pourquoi certains jeunes échouent à l’école, étudions plutôt attentivement les conditions – sociales, matérielles et culturelles – qui permettent à d’autres d’y briller … et fournissons ces conditions à tous.