
Le 5 décembre dernier, des dizaines de milliers de jeunes Allemands ont fait la grève des écoles et ont manifesté dans les rues d’une centaine de villes. En cause ? Le vote, le même
jour, au Bundestag (Parlement), d’une loi rétablissant la logique d’un service militaire (sous forme de conscription de tous les jeunes « qui le souhaitent »… mais un système de
tirage au sort est évoqué en cas de nécessité). Un vote dans le droit fil d’un conditionnement de l’opinion à l’imminence d’une guerre avec la Russie.
A Hambourg, quelque 5000 jeunes ont défilé derrière une banderole explicite : « Votre guerre, sans nous ». À Coblence, Leo, 18 ans, porte-parole de l’Alliance des élèves en grève, l’affirme sans détour : « Je suis convaincu que l’on n’empêche pas les guerres par la course aux armements, mais qu’au contraire c’est celle-ci qui les déclenche ». À Berlin, la place de la porte de Halle, était trop petite pour les 10 000 manifestants. A la tribune, Hans, 16 ans, condamne les politiciens qui ont voté la loi : ils « ne sont pas les (nôtres).
Pas un sou ne doit aller à leur surarmement ». Il fait le lien avec les coupes dans les dépenses pour l’éducation et le social : « Celles-là sont pourtant porteuses de paix. Ce sont
elles qu’il faudrait stimuler ». Très intéressante également, la déclaration d’une professeure d’un établissement d’enseignement professionnel qui accompagnait ses élèves – bon nombre sont issus de l’immigration – rappelant des réflexions racistes formulées par le chancelier en octobre dernier : « Ils ne veulent pas de vous dans l’image urbaine du
pays. Mais il faudrait que vous soyez prêts à mourir pour l’Allemagne ».
(Source: L’Humanité, 08/12/2025)







