
Présentes à l’ULB pour trois semaines en juillet dernier, dans le cadre d’un échange inter-universitaire, quatre étudiantes palestiniennes de Cisjordanie et de Jérusalem témoignaient auprès de la RTBF. Sous couvert d’anonymat et de prénoms d’emprunt, tant les risques de représailles sont grands.
Un article publié dans L’École démocratique, n°103, septembre 2025 (p. 23).
« La situation en Palestine est dangereuse. On ne peut pas témoigner ou parler librement », explique l’une d’elles, dénonçant un climat répressif instauré par un gouvernement israélien dominé par l’extrême droite qui mène une propagande intense et fait taire les voix critiques.
« Les soldats israéliens emprisonnent les étudiants qui parlent de la situation sur les réseaux sociaux ou aux médias », relate Asma, faisant référence aux raids menés par l’armée israélienne à l’université de Birzeit, après la publication d’une lettre ouverte de l’établissement, en octobre 2024, appelant les universités du monde entier à se mobiliser (faits documentés par le journal Le Monde).
De manière générale, les discriminations envers les Palestiniens vivant en Cisjordanie et en Israël se sont intensifiées après le 7 octobre 2023.
Se rendre à l’université est devenu un parcours du combattant. Les étudiants doivent se lever très tôt pour espérer arriver à l’heure en cours. Roa, par exemple, alors qu’elle habite à seulement 15 minutes de son université, met désormais plus de deux heures pour s’y rendre, à cause de la multiplication des postes de contrôle. Pire pour Raghad : le temps qu’il lui faut pour rentrer dans sa famille est passé de deux à six heures. Par chance, elle peut loger sur le campus, ce qui lui a permis de poursuivre ses études.
« L’occupation fait tout pour nous empêcher d’accéder à l’éducation. Se rendre à l’université est un défi quotidien. L’occupation pense qu’une population éduquée est une menace pour eux », affirme Asma. « Sous l’occupation, les femmes ont été contraintes de jouer un rôle très actif. Elles sont devenues des professeurs, des auteurs et tout ça. L’éducation, pas juste pour les garçons, pour les filles aussi, représente un acte de liberté et de résistance. C’est un défi et c’est quelque chose de dangereux pour l’occupation. »
Les perspectives paraissent cependant bien sombres : le 23 juillet, une large majorité de parlementaires israéliens votaient un appel au gouvernement à annexer la Cisjordanie, afin de « retirer de l’ordre du jour tout projet d’État palestinien ». Au mépris du droit international, ce texte affirme que « la souveraineté en Judée-Samarie (le nom par lequel Israël désigne la Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967), fait partie intégrante de la réalisation du sionisme et de la vision nationale du peuple juif, qui est retourné dans sa patrie ». On en est là…
Quant à nous, nous laisserons à Asma le soin de conclure : « Je ne suis pas venue en Belgique pour fuir. Je suis venue pour repartir plus forte. Étudier c’est affirmer que, nous, les Palestiniens, existons, que nous avons une histoire et un futur ».











