Mayotte : huit mois après le cyclone Chido, une rentrée scolaire alarmante

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On se souvient du passage du cyclone Chido sur le territoire français de Mayotte et de la désolation qu’il avait laissé derrière lui. Malgré les promesses et les euphémismes des autorités locales et métropolitaines, la réalité de l’enseignement y reste intolérable. Ce qui est proposé à des enfants traumatisés par le cyclone, inquiets à chaque averse, et déjà en retard de scolarité avant le désastre, est indigne d’une République digne de ce nom.

Certains enfants n’ont toujours pas été affectés dans une école, d’autres manquent de matériel, voire de bâtiments, et la majorité craignent pour leur sécurité à cause de la délinquance.

A Vahibé, par exemple, il n’y a aujourd’hui que sept salles de classe et 16 enseignants pour 1 200 élèves. Résultat : des rotations de cinq classes par jour, avec 1 h 45 de cours. « On parle de la catastrophe naturelle la plus urgente de la nation, et ils prennent six, sept, huit mois dinstruction de dossier. Ce nest pas acceptable », déplore le maire de Mamoudzou, qui attend toujours les millions promis par le ministère des Outre-mer.

Il manque encore du personnel, et les présents sont à bout de nerfs, à force de faire cours dans des « conditions dapprentissage précaires ».

Les parents se mobilisent devant des mairies ou en bloquant des portails d’écoles. Les Valls et autre Borne ont été vivement interpellés lors de leurs visites. Rien n’y fait : un grand nombre d’élèves se retrouveront exclus du système éducatif, ce qui remet en question les valeurs fondamentales de la République.

(Source: L’Humanité)