À l’heure où les enseignants se mobilisent pour défendre notre école, la sortie du livre de Cécile Gorré et Nico Hirtt tombe à point nommé. « À l’école du capitalisme » met en lumière la « néolibéralisation » en cours et ses dangers pour la démocratie et l’équité sociale. A l’occasion de la sortie de leur nouveau livre, Cécile Gorré et Nico Hirtt vous invitent à une soirée conférence-présentation-débat le 17 mars, de 18h à 20h, dans les bâtiments de Ephec Education (Campus Galileo), Rue Royale, 336, 1030 Schaerbeek.
Depuis plusieurs décennies, les réformes éducatives en Europe marquent une bascule historique : l’école quitte peu à peu la sphère politique pour entrer dans la logique économique.
Les milieux économiques, après avoir poussé à la massification scolaire, cherchent désormais à en modeler la qualité. Leur objectif n’est pas « plus d’école », mais une école adaptée à leurs besoins. Instabilité des marchés, polarisation de l’emploi, crises budgétaires… Autant de raisons qui justifient, à leurs yeux, une refonte profonde des structures, des programmes et des méthodes d’enseignement.
Leur projet se décline en plusieurs axes :
- Flexibiliser l’offre scolaire en réseaux concurrentiels, ouverts au privé.
- Imposer aux écoles et universités le modèle de l’entreprise et sa recherche de rentabilité.
- Appauvrir les contenus au profit des seules « compétences de base ».
- Abandonner les savoirs au profit des compétences
- Généraliser les outils numériques
Promue par l’UE et l’OCDE, cette politique éducative fragilise la démocratisation scolaire et, par là même, la démocratie tout court. Les premiers affectés sont les enfants des milieux populaires, confrontés à une ségrégation scolaire croissante et privés d’accès à des savoirs structurés, pourtant essentiels pour comprendre et transformer le monde.
L’ouvrage de Gorré et Hirtt décrypte comment l’école est tiraillée entre une (vraie) droite qui réserve l’excellence à une élite, et une (fausse) gauche qui parfois confond égalité et renoncement exigeant. Il défend avec force une école publique recentrée sur les apprentissages, plutôt que sur l’adaptation des élèves à l’ordre économique.
Cette édition entièrement actualisée du classique « Les nouveaux maîtres de l’école » (2000) s’enrichit de citations et d’exemples concrets tirés des politiques éducatives belge, française et européenne.
Cécile Gorré est présidente de l’Aped ; Nico Hirtt en est l’un des membres fondateurs.







