<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	
	>
<channel>
	<title>
	Commentaires sur : Vygotski au service des entreprises ?	</title>
	<atom:link href="https://www.skolo.org/2017/08/27/vygotski-service-entreprises/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.skolo.org/2017/08/27/vygotski-service-entreprises/</link>
	<description>Pour une école démocratique</description>
	<lastBuildDate>Mon, 27 Nov 2017 16:33:29 +0000</lastBuildDate>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>
	<item>
		<title>
		Par : Michel Verbiest		</title>
		<link>https://www.skolo.org/2017/08/27/vygotski-service-entreprises/#comment-2353</link>

		<dc:creator><![CDATA[Michel Verbiest]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Nov 2017 16:28:41 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.skolo.org/?p=9496/#comment-2353</guid>

					<description><![CDATA[Remarque préalable : Je ne possède pas les connaissances psychologiques et pédagogiques qui me permettraient d’exprimer un avis scientifiquement valable à la lecture de ce texte.
Comme responsable de la formation continuée des enseignants de la Province de Liège, j’ai été confronté à une grande difficulté : organiser la formation à l’APC … sans trouver des formateurs compétents.

Mais laissez-moi situer le contexte. La notion d’APC apparaît officiellement dans le décret Missions du 24 juillet 1997. A plusieurs reprises, des séances d’information (et non pas de formation) seront organisées à destination des enseignants.
A vrai dire, la plupart de ces séances se limitent à reprendre la définition des compétences adoptée par le décret Missions et à tenter de la faire comprendre en la paraphrasant. Les enseignants n’accorderont dès lors que peu d’intérêt à l’APC. D’autant plus que celle-ci est souvent présentée comme une volonté des entreprises d’instrumentaliser les apprentissages scolaires au bénéfice de la productivité au détriment de l’éducation citoyenne. 
Ainsi, durant près de dix ans, l’APC sommeille, vide de sens, au fond des tiroirs pédagogiques. Avant un réveil douloureux.

En effet, près de dix années après leur avènement dans le décret Missions, les autorités vont subitement s’inquiéter de savoir où on en est avec la mise en œuvre de l’APC dans les écoles. Et l’on voit des nuées d’inspecteurs s’abattre sur les établissements scolaires pour vérifier tout ça. Et constater que tout ça, ce n’est pas grand-chose.
Ces raids de l’inspection provoquent la panique chez les uns, suscitent la colère chez les autres. Tout cela n’est pas bien raisonnable et ne concourt pas à installer un climat de sérénité. Voici une anecdote que je garantis véridique.
Un jour, un ami qui avait inscrit son fils dans un athénée renommé de la région liégeoise m’a interpellé. Il voyait avec consternation que le gamin, bon élève dans le primaire, n’était pratiquement plus capable d’écrire deux lignes sans commettre dix erreurs d’orthographe et de conjugaison, après quelques mois dans le secondaire. Le père était allé trouver le professeur de français qui eut cette réponse ahurissante : « Nous n’avons plus le droit de mener un apprentissage systématique des règles d’orthosyntaxe. Mais rassurez-vous, après le passage de l’inspection, nous y reviendrons ».
Était-ce vrai à ce point ou cela relevait-il de ces récits d’horreur qui plongent les salles de profs dans l’effroi quand est évoquée l’inspection ?
Toujours est-il qu’il faut bien relever un constat général : l’introduction de l’APC a fortement oblitéré les savoirs dans les activités scolaires.

Afin de répondre aux demandes de l’inspection, mon directeur général et moi avons sollicité l’IFC afin de former les profs de la Province à l’APC. Notre amie, Anne HICHTER, après avoir investigué, a bien dû arriver à la conclusion qu’il n’y avait pas de formateurs compétents … pour les compétences !
Bref, les enseignants se trouvaient mis en demeure d’appliquer ce que personne ne pouvait leur expliquer.

Les écoles secondaires d’enseignement ordinaire organisées par la Province de Liège ont constitué les Commissions pédagogiques. Pour chaque discipline, un professeur est délégué par son établissement pour siéger à la Commission concernée. Il sert de relais entre la Commission et les collègues de sa discipline de son établissement.
Les Commissions pédagogiques ont plusieurs missions :
- Établir les programmes en relation avec les référentiels imposés
- Se mettre d’accord sur la planification des apprentissages au cours d’un degré
- Construire les épreuves administrées durant l’année (décembre et juin).
Ces Commissions visent deux objectifs :
- Harmoniser l’action pédagogique au sein d’un même PO.
- Rassurer les profs à l’égard de l’inspection. Les travaux des Commissions étant avalisés par l’inspection provinciale, celle-ci couvrait ses agents à l’égard de l’inspection inter-réseaux.

Puisque nous savions que les compétences recouvrent un concept issu du monde des entreprises, nous nous sommes demandé à quoi cela leur servait. 
C’est surtout un outil pour la GRH. Elle sert à objectiver les entretiens d’embauche et l’évaluation annuelle des agents.
Partant de ce constat, nous avons conclu que l’APC relève de l’évaluation et non de l’apprentissage.
Autrement dit : si, pour résoudre un certain nombre de tâches, un élève doit être apte à mettre en œuvre un ensemble coordonné de savoirs, savoir-faire et savoir-être, comment pourrait-il y arriver sans avoir appris préalablement ces savoirs, savoir-faire et savoir-être ? Évidence qui semblait avoir quelque peu échappé à d’éminents pédagogues.
Nous avons donc décidé de travailler à rebours. Au départ des référentiels et des programmes, les Commissions pédagogiques ont construit des épreuves similaires à celles qui seraient effectivement organisées en décembre et en juin. Puis elles ont déterminé les apprentissages nécessaires pour réussir ces épreuves et les ont planifiés sur l’année.
Au fond, nous nous sommes dit que, pour maîtriser la compétence « piloter un avion de ligne », il n’était pas nécessaire, ni même prudent, de mettre l’apprenant directement aux commandes d’un Airbus rempli de passagers.

En construisant des épreuves basées sur l’APC, nous nous sommes rendu compte que les évaluations généralement appliquées étaient assez limitées. Même au plan cognitif, elles se cantonnaient souvent à la restitution et à l’application mais s’élevaient rarement vers d’autres niveaux taxonomiques.

Bien entendu, tout ce que je viens de décrire concerne des approches pédagogiques relevant des moments d’apprentissage et d’évaluation pour les cours généraux. L’APC appliquée à la formation professionnelle revêt d’autres enjeux qui ont fait l’objet de nombreuses réflexions, au sein de l’APED notamment.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Remarque préalable : Je ne possède pas les connaissances psychologiques et pédagogiques qui me permettraient d’exprimer un avis scientifiquement valable à la lecture de ce texte.<br />
Comme responsable de la formation continuée des enseignants de la Province de Liège, j’ai été confronté à une grande difficulté : organiser la formation à l’APC … sans trouver des formateurs compétents.</p>
<p>Mais laissez-moi situer le contexte. La notion d’APC apparaît officiellement dans le décret Missions du 24 juillet 1997. A plusieurs reprises, des séances d’information (et non pas de formation) seront organisées à destination des enseignants.<br />
A vrai dire, la plupart de ces séances se limitent à reprendre la définition des compétences adoptée par le décret Missions et à tenter de la faire comprendre en la paraphrasant. Les enseignants n’accorderont dès lors que peu d’intérêt à l’APC. D’autant plus que celle-ci est souvent présentée comme une volonté des entreprises d’instrumentaliser les apprentissages scolaires au bénéfice de la productivité au détriment de l’éducation citoyenne.<br />
Ainsi, durant près de dix ans, l’APC sommeille, vide de sens, au fond des tiroirs pédagogiques. Avant un réveil douloureux.</p>
<p>En effet, près de dix années après leur avènement dans le décret Missions, les autorités vont subitement s’inquiéter de savoir où on en est avec la mise en œuvre de l’APC dans les écoles. Et l’on voit des nuées d’inspecteurs s’abattre sur les établissements scolaires pour vérifier tout ça. Et constater que tout ça, ce n’est pas grand-chose.<br />
Ces raids de l’inspection provoquent la panique chez les uns, suscitent la colère chez les autres. Tout cela n’est pas bien raisonnable et ne concourt pas à installer un climat de sérénité. Voici une anecdote que je garantis véridique.<br />
Un jour, un ami qui avait inscrit son fils dans un athénée renommé de la région liégeoise m’a interpellé. Il voyait avec consternation que le gamin, bon élève dans le primaire, n’était pratiquement plus capable d’écrire deux lignes sans commettre dix erreurs d’orthographe et de conjugaison, après quelques mois dans le secondaire. Le père était allé trouver le professeur de français qui eut cette réponse ahurissante : « Nous n’avons plus le droit de mener un apprentissage systématique des règles d’orthosyntaxe. Mais rassurez-vous, après le passage de l’inspection, nous y reviendrons ».<br />
Était-ce vrai à ce point ou cela relevait-il de ces récits d’horreur qui plongent les salles de profs dans l’effroi quand est évoquée l’inspection ?<br />
Toujours est-il qu’il faut bien relever un constat général : l’introduction de l’APC a fortement oblitéré les savoirs dans les activités scolaires.</p>
<p>Afin de répondre aux demandes de l’inspection, mon directeur général et moi avons sollicité l’IFC afin de former les profs de la Province à l’APC. Notre amie, Anne HICHTER, après avoir investigué, a bien dû arriver à la conclusion qu’il n’y avait pas de formateurs compétents … pour les compétences !<br />
Bref, les enseignants se trouvaient mis en demeure d’appliquer ce que personne ne pouvait leur expliquer.</p>
<p>Les écoles secondaires d’enseignement ordinaire organisées par la Province de Liège ont constitué les Commissions pédagogiques. Pour chaque discipline, un professeur est délégué par son établissement pour siéger à la Commission concernée. Il sert de relais entre la Commission et les collègues de sa discipline de son établissement.<br />
Les Commissions pédagogiques ont plusieurs missions :<br />
&#8211; Établir les programmes en relation avec les référentiels imposés<br />
&#8211; Se mettre d’accord sur la planification des apprentissages au cours d’un degré<br />
&#8211; Construire les épreuves administrées durant l’année (décembre et juin).<br />
Ces Commissions visent deux objectifs :<br />
&#8211; Harmoniser l’action pédagogique au sein d’un même PO.<br />
&#8211; Rassurer les profs à l’égard de l’inspection. Les travaux des Commissions étant avalisés par l’inspection provinciale, celle-ci couvrait ses agents à l’égard de l’inspection inter-réseaux.</p>
<p>Puisque nous savions que les compétences recouvrent un concept issu du monde des entreprises, nous nous sommes demandé à quoi cela leur servait.<br />
C’est surtout un outil pour la GRH. Elle sert à objectiver les entretiens d’embauche et l’évaluation annuelle des agents.<br />
Partant de ce constat, nous avons conclu que l’APC relève de l’évaluation et non de l’apprentissage.<br />
Autrement dit : si, pour résoudre un certain nombre de tâches, un élève doit être apte à mettre en œuvre un ensemble coordonné de savoirs, savoir-faire et savoir-être, comment pourrait-il y arriver sans avoir appris préalablement ces savoirs, savoir-faire et savoir-être ? Évidence qui semblait avoir quelque peu échappé à d’éminents pédagogues.<br />
Nous avons donc décidé de travailler à rebours. Au départ des référentiels et des programmes, les Commissions pédagogiques ont construit des épreuves similaires à celles qui seraient effectivement organisées en décembre et en juin. Puis elles ont déterminé les apprentissages nécessaires pour réussir ces épreuves et les ont planifiés sur l’année.<br />
Au fond, nous nous sommes dit que, pour maîtriser la compétence « piloter un avion de ligne », il n’était pas nécessaire, ni même prudent, de mettre l’apprenant directement aux commandes d’un Airbus rempli de passagers.</p>
<p>En construisant des épreuves basées sur l’APC, nous nous sommes rendu compte que les évaluations généralement appliquées étaient assez limitées. Même au plan cognitif, elles se cantonnaient souvent à la restitution et à l’application mais s’élevaient rarement vers d’autres niveaux taxonomiques.</p>
<p>Bien entendu, tout ce que je viens de décrire concerne des approches pédagogiques relevant des moments d’apprentissage et d’évaluation pour les cours généraux. L’APC appliquée à la formation professionnelle revêt d’autres enjeux qui ont fait l’objet de nombreuses réflexions, au sein de l’APED notamment.</p>
]]></content:encoded>
		
			</item>
	</channel>
</rss>
