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	Commentaires sur : Quand la Commission se soucie d&#8217;équité&#8230;	</title>
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	<description>Pour une école démocratique</description>
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		Par : Gilles Lehmann		</title>
		<link>https://www.skolo.org/2007/02/18/quand-la-commission-se-soucie-dequite/#comment-845</link>

		<dc:creator><![CDATA[Gilles Lehmann]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Feb 2007 00:09:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[&lt;strong&gt;&gt; Quand la Commission se soucie d&#039;équité&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Merci pour cet excellent article qui enrichit notre réflexion sur l&#039;école et apporte un éclairage sur les sources auxquelles les hauts responsables de l&#039;éducation puisent l&#039;inspiration de leurs réformes.

L&#039;investissement dans le pré-primaire se traduit entre autres en France par une volonté affichée par la candidate dite socialiste d&#039; abaisser l&#039;obligation scolaire à 3 ans. Mais dans le même temps les contraintes budgétaires condamnent la scolarisation des enfants de 2 ans (une priorité, contestable à mon sens mais ce n&#039;est pas la question, jusqu&#039;à il y a quatre environ) et font monter les effectifs dans les classes avec des seuils d&#039;ouverture portés en quelques années de 25 à 30 élèves.

L&#039;autonomie des établissements est un projet que l&#039;on retrouve dans les cartons de tous les partis de gouvernement. Les différentes mesures envisagées s&#039;attaquent au statut des enseignants et ont pour but de réduire leur liberté pédagogique pour la subordonner aux pouvoirs politiques locaux et par ce biais, dans bien des cas, aux intérêts économiques privés.

Pour ce qui est de l&#039;enseignement supérieur, le récent rapport Hetzel (&lt;em&gt;De l&#039;Université à l&#039;emploi&lt;/em&gt;) met l&#039;accent sur la professionnalisation de l&#039;Université et prône une démocratisation : 50 % d&#039;une classe d&#039;âge devrait obtenir un diplôme universitaire. De même que pour l&#039;enseignement secondaire (où 80 % d&#039;une classe d&#039;âge doit avoir le baccalauréat), cet objectif passe par une simplification et un appauvrissement des contenus et par une professionnalisation accrue. Pour autant cette massification du supérieur aura un coût que devront sans doute supporter les étudiants puisqu&#039;il faut renoncer à la gratuité pour financer l&#039;explosion de la démographie étudiante sans mettre en péril les sacro-saints équilibres budgétaires.

Les enseignants français qui prennent le temps de réfléchir à l&#039;évolution de l&#039;école sont, et moi le premier, persuadés que d&#039;ici cinq ans l&#039;Ecole de la République aura vécu.

Un extrait du rapport Hetzel :

&quot;Ou pour le formuler encore autrement, plutôt que d&#039;avoir une vision dichotomique où l&#039;étudiant acquiert d&#039;abord un diplôme et va ensuite vers le monde du travail, notre commission préconise une évolution paradigmatique où la question de l&#039;insertion professionnelle serait prise en charge plus en amont dans les cursus universitaires permettant ainsi une démarche moins brutale, nettement plus progressive vers l&#039;emploi. Nos principales préconisations visent à améliorer, à tous les stades, l&#039;information des étudiants et à les aider à construire progressivement leur parcours d&#039;insertion vers le monde du travail. Nous visons l&#039;efficacité des poursuites d&#039;études dans l&#039;enseignement supérieur, en terme d&#039;insertion professionnelle, en cohérence avec les besoins des futurs employeurs comme avec les aptitudes et les aspirations des jeunes concernés.&quot;

Un deuxième :

&quot;A.3. Contractualiser avec les étudiants à leur entrée à l&#039;université

Comme nous l&#039;indiquions déjà plus haut : tous les ans, entre 80.000 et 100.000 jeunes qui se sont inscrits dans l&#039;enseignement supérieur français finissent par le quitter sans avoir obtenu de diplôme, auxquels viennent s&#039;ajouter ceux qui, tout en ayant obtenu un diplôme de l&#039;enseignement supérieur, mettent de deux à trois ans pour obtenir un emploi. Celui-ci étant d&#039;ailleurs très souvent sans rapport avec la qualification obtenue.
On peut en conclure que les questions d&#039;information et d&#039;orientation sont stratégiques pour assurer une meilleure performance de notre enseignement supérieur. D&#039;une part,
il est essentiel de mieux informer les néo-bacheliers sur leurs chances de réussite dans une filière donnée en fonction de leurs aptitudes ainsi que sur les débouchés de celle-ci et d&#039;autre part, il est important d&#039;orienter de manière positive pour limiter les
situations d&#039;échec.
La solution que nous préconisons consiste à faire signer un contrat entre l&#039;étudiant et l&#039;université à son arrivée à l&#039;université. Chaque université restera libre d&#039;élaborer ses propres contrats types. Ils comporteront explicitement les obligations réciproques. Ce contrat engagera les deux parties à l&#039;élaboration d&#039;un projet de formation et d&#039;insertion. Cela aura le mérite d&#039;impliquer explicitement les deux parties en présence : l&#039;étudiant et l&#039;Université. Un tel contrat indiquera clairement à l&#039;étudiant que ses études doivent avoir une finalité et qu&#039;il doit être acteur de l&#039;élaboration d&#039;un projet personnel. De même, cela incitera les universités à prendre réellement en charge cette problématique de la professionnalisation et surtout à éviter qu&#039;elles ne continuent à
accepter comme une fatalité les taux importants d&#039;évaporation susmentionnés. Un tel dispositif permettra une plus grande responsabilisation des universités à l&#039;égard des étudiants mais aussi des étudiants vis à vis d&#039;eux mêmes. Il est important de leur
signifier de manière claire que tout n&#039;est pas joué d&#039;avance, qu&#039;ils doivent prendre leur avenir en main mais qu&#039;en contrepartie, l&#039;université va leur apporter une aide pour y parvenir. En somme, il s&#039;agit d&#039;une autre manière d&#039;observer le rapport université/étudiant mais aussi université/emploi.&quot;

Le lien vers le rapport :
http://www.recherche.gouv.fr/rapport/rapporthetezl.pdf

Gilles Lehmann]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>> Quand la Commission se soucie d&rsquo;équité</strong><br />Merci pour cet excellent article qui enrichit notre réflexion sur l&rsquo;école et apporte un éclairage sur les sources auxquelles les hauts responsables de l&rsquo;éducation puisent l&rsquo;inspiration de leurs réformes.</p>
<p>L&rsquo;investissement dans le pré-primaire se traduit entre autres en France par une volonté affichée par la candidate dite socialiste d&rsquo; abaisser l&rsquo;obligation scolaire à 3 ans. Mais dans le même temps les contraintes budgétaires condamnent la scolarisation des enfants de 2 ans (une priorité, contestable à mon sens mais ce n&rsquo;est pas la question, jusqu&rsquo;à il y a quatre environ) et font monter les effectifs dans les classes avec des seuils d&rsquo;ouverture portés en quelques années de 25 à 30 élèves.</p>
<p>L&rsquo;autonomie des établissements est un projet que l&rsquo;on retrouve dans les cartons de tous les partis de gouvernement. Les différentes mesures envisagées s&rsquo;attaquent au statut des enseignants et ont pour but de réduire leur liberté pédagogique pour la subordonner aux pouvoirs politiques locaux et par ce biais, dans bien des cas, aux intérêts économiques privés.</p>
<p>Pour ce qui est de l&rsquo;enseignement supérieur, le récent rapport Hetzel (<em>De l&rsquo;Université à l&#8217;emploi</em>) met l&rsquo;accent sur la professionnalisation de l&rsquo;Université et prône une démocratisation : 50 % d&rsquo;une classe d&rsquo;âge devrait obtenir un diplôme universitaire. De même que pour l&rsquo;enseignement secondaire (où 80 % d&rsquo;une classe d&rsquo;âge doit avoir le baccalauréat), cet objectif passe par une simplification et un appauvrissement des contenus et par une professionnalisation accrue. Pour autant cette massification du supérieur aura un coût que devront sans doute supporter les étudiants puisqu&rsquo;il faut renoncer à la gratuité pour financer l&rsquo;explosion de la démographie étudiante sans mettre en péril les sacro-saints équilibres budgétaires.</p>
<p>Les enseignants français qui prennent le temps de réfléchir à l&rsquo;évolution de l&rsquo;école sont, et moi le premier, persuadés que d&rsquo;ici cinq ans l&rsquo;Ecole de la République aura vécu.</p>
<p>Un extrait du rapport Hetzel :</p>
<p>« Ou pour le formuler encore autrement, plutôt que d&rsquo;avoir une vision dichotomique où l&rsquo;étudiant acquiert d&rsquo;abord un diplôme et va ensuite vers le monde du travail, notre commission préconise une évolution paradigmatique où la question de l&rsquo;insertion professionnelle serait prise en charge plus en amont dans les cursus universitaires permettant ainsi une démarche moins brutale, nettement plus progressive vers l&#8217;emploi. Nos principales préconisations visent à améliorer, à tous les stades, l&rsquo;information des étudiants et à les aider à construire progressivement leur parcours d&rsquo;insertion vers le monde du travail. Nous visons l&rsquo;efficacité des poursuites d&rsquo;études dans l&rsquo;enseignement supérieur, en terme d&rsquo;insertion professionnelle, en cohérence avec les besoins des futurs employeurs comme avec les aptitudes et les aspirations des jeunes concernés. »</p>
<p>Un deuxième :</p>
<p>« A.3. Contractualiser avec les étudiants à leur entrée à l&rsquo;université</p>
<p>Comme nous l&rsquo;indiquions déjà plus haut : tous les ans, entre 80.000 et 100.000 jeunes qui se sont inscrits dans l&rsquo;enseignement supérieur français finissent par le quitter sans avoir obtenu de diplôme, auxquels viennent s&rsquo;ajouter ceux qui, tout en ayant obtenu un diplôme de l&rsquo;enseignement supérieur, mettent de deux à trois ans pour obtenir un emploi. Celui-ci étant d&rsquo;ailleurs très souvent sans rapport avec la qualification obtenue.<br />
On peut en conclure que les questions d&rsquo;information et d&rsquo;orientation sont stratégiques pour assurer une meilleure performance de notre enseignement supérieur. D&rsquo;une part,<br />
il est essentiel de mieux informer les néo-bacheliers sur leurs chances de réussite dans une filière donnée en fonction de leurs aptitudes ainsi que sur les débouchés de celle-ci et d&rsquo;autre part, il est important d&rsquo;orienter de manière positive pour limiter les<br />
situations d&rsquo;échec.<br />
La solution que nous préconisons consiste à faire signer un contrat entre l&rsquo;étudiant et l&rsquo;université à son arrivée à l&rsquo;université. Chaque université restera libre d&rsquo;élaborer ses propres contrats types. Ils comporteront explicitement les obligations réciproques. Ce contrat engagera les deux parties à l&rsquo;élaboration d&rsquo;un projet de formation et d&rsquo;insertion. Cela aura le mérite d&rsquo;impliquer explicitement les deux parties en présence : l&rsquo;étudiant et l&rsquo;Université. Un tel contrat indiquera clairement à l&rsquo;étudiant que ses études doivent avoir une finalité et qu&rsquo;il doit être acteur de l&rsquo;élaboration d&rsquo;un projet personnel. De même, cela incitera les universités à prendre réellement en charge cette problématique de la professionnalisation et surtout à éviter qu&rsquo;elles ne continuent à<br />
accepter comme une fatalité les taux importants d&rsquo;évaporation susmentionnés. Un tel dispositif permettra une plus grande responsabilisation des universités à l&rsquo;égard des étudiants mais aussi des étudiants vis à vis d&rsquo;eux mêmes. Il est important de leur<br />
signifier de manière claire que tout n&rsquo;est pas joué d&rsquo;avance, qu&rsquo;ils doivent prendre leur avenir en main mais qu&rsquo;en contrepartie, l&rsquo;université va leur apporter une aide pour y parvenir. En somme, il s&rsquo;agit d&rsquo;une autre manière d&rsquo;observer le rapport université/étudiant mais aussi université/emploi. »</p>
<p>Le lien vers le rapport :<br />
<a href="http://www.recherche.gouv.fr/rapport/rapporthetezl.pdf" rel="nofollow ugc">http://www.recherche.gouv.fr/rapport/rapporthetezl.pdf</a></p>
<p>Gilles Lehmann</p>
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