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Un auditoire trop petit et donc succès au-delà de nos espérances, ce samedi 13 novembre, pour le colloque "L’enseignement européen sous la coupe des marchés". Les participants venaient de Belgique, de Grèce, d’Italie, de France, d’Angleterre, des Pays-Bas, d’Allemagne et même du Bénin !

Nous voulons ici répéter nos remerciements à tous les intervenants et animateurs d’ateliers ainsi qu’à tous ceux qui ont assuré l’intendance de cette journée.

Le texte complet des interventions de la matinée et le compte-rendu des ateliers de l’après midi seront publiés dans l’Ecole démocratique du mois de décembre, ainsi que sur notre site internet(vers la fin de décembre).

Compétences, esprit d’entreprise, autonomie des écoles, marchandisation, formation tout au long de la vie, processus de Bologne... Du fondamental à l’université, aucun niveau d’enseignement n’échappe à l’Union européenne. À l’occasion de la présidence belge de l’Union Européenne, L’Aped et le BEA-Interfac (ULB) organisent un colloque sur la place des politiques européennes dans l’éducation. Comment l’UE influence-t-elle les contenus, les structures, l’équité, le financement… de nos systèmes éducatifs ? Quelles en sont les conséquences ? Et quelles résistances se mettent en place ? Telles furent les questions débattues ce 13 novembre 2010 à L’Université Libre de Bruxelles.


9h00 Accueil


9h30 Début des travaux en séance plénière 
(les conférences ont lieu en français, néerlandais ou anglais et seront traduites simultanément vers le néerlandais et le français)


9h40 Jan Blommaert
 : Réflexion sur les enjeux de l’école en Europe

Jan Blommaert est anthropologue, linguiste et socio-linguiste, professeur à l’université de Gand et à l’université de Tilburg


10h00 Nico Hirtt : Dérégulation de l’école en Europe : compétences de base et compétition scolaire

Nico Hirtt est l’un des membres fondateurs de l’Appel pour une école démocratique et auteur de nombreux ouvrages sur l’enseignement en Belgique et en Europe.



Sous la pression d’une compétition économique exacerbée et mondialisée, l’enseignement européen est sommé de servir les marchés et la rentabilité des entreprises. La demande croissante de flexibilité des travailleurs et la polarisation du marché du travail favorisent le remplacement des savoirs par les compétences (compétences de base, capacité d’apprendre à apprendre, esprit d’entreprise, culture numérique...). Elles encouragent aussi une organisation de l’enseignement basée sur l’autonomie et la concurrence entre écoles. Le développement du quasi-marché favorise le déclin du rôle régulateur de l’Etat. La Commission européenne et d’autres organismes internationaux encouragent cette évolution.
 
 A lire, de cet auteur :
- Enjeux européens des luttes dans l’enseignement
- A l’ombre de l’OCDE et de la Commission européenne : A qui profitent les compétences ?
- Ecole, crise(s) et citoyenneté critique

10h30 Pause-café


11h00 Christian Laval : Comment la Commission européenne a imposé son agenda néolibéral à l’école



Christian Laval travaille à l’Institut de recherches de la FSU (France). Il est membre du Conseil scientifique d’Attac.


Il y a dix ans, en mars 2000, le Conseil européen de Lisbonne fixait à l’Union européenne une nouvelle stratégie globale connue sous le nom de « Stratégie de Lisbonne ». Quelques mois plus tôt, un groupe de pays lançaient le « processus de Bologne » destiné à créer le grand marché européen des universités. A un moment où se mènent en Europe de nombreuses luttes contre la mutation néolibérale des systèmes d’enseignement, il est temps de prendre connaissance de la nature exacte et des réalisations concrètes des politiques éducatives européennes depuis l’école maternelle jusqu’à l’université. Il est temps de comprendre comment ces politiques trouvent des médiations institutionnelles et des relais politiques dans chaque pays et contribuent à modifier en profondeur les institutions scolaires et universitaires.

 
 A lire, de cet auteur :
- Le paradigme européen de la connaissance
- L’Europe libérale aux commandes de l’école
- Stratégie néolibérale, éducation et connaissance : où en est la recherche ?
- Le trompe l’œil européen

11h30 Ken Jones : 
L’enseignement en Europe occidentale : l’ordre nouveau et ses adversaires




Ken Jones est professeur au Goldsmiths College, University of London. Il a dirigé la publication de l’ouvrage « Schooling in Western Europe, The New Order and Its Adversaries », dont la traduction française sera disponible peu après le colloque.


Au cours des deux dernières décennies, des organisations internationales ont cherché à développer une orthodoxie politique qui puisse guider le travail des gouvernements nationaux en matière d’éducation. Ces développements ont été contestés par des mouvements sociaux et par des syndicats, aussi bien durant les années de croissance que durant la récession actuelle. Dans cette présentation, je tenterai de répondre aux questions suivantes :
- dans quelle mesure ce projet national/global a-t-il réussi ?
- quels sont les termes du conflit entre les ‘réformateurs’ et leurs opposants ?
- quelles sont les réalisations, les limites et les chances futures de l’opposition ?

 
 A lire, de cet auteur :
- Patterns of conflict in education
- Schooling in Western Union : The New Order and Its Adversaries

A lire, sur les réformes de l’enseignement en Grande Bretagne :
- The marketisation of the school system in England

12h00 Débat. Echange de questions-réponses entre les intervenants et la salle


12h45 Repas (vente de sandwiches sur place)


14h00 Ateliers


Atelier n°1 : 
L’éducation européenne est-elle soumise au marché du travail ?


Avec Mateo Alaluf (ULB), Christian Laval (Institut de Recherches de la FSU & Attac), Nico Hirtt (Aped)

. Cet atelier est organisé parallèlement en néerlandais, avec Jan Masschelein (professeur KUL), Chris Van Woensel (Departement Onderwijs, Entiteit Curriculum) et Hugo Van Droogenbroek (Aped).


Comment les évolutions du marché du travail influencent-elles l’enseignement ? Quel rapport entre l’approche par compétences à l’école et les changements dans la structure et la nature des emplois en Europe ? Comment les entreprises, en manifestant de manière agressive leurs besoins supposés, font-elles de l’enseignement supérieur des lieux de formation de diplômés commercialisables dans un marché compétitif ? Comment interpréter les initiatives européennes comme les compétences-clés et le cadre européen des certifications ? Ces politiques peuvent-elles, comme on l’affirme, favoriser la création d’emplois ?

 
 A lire, de Matéo Alaluf : La compétence mobilise-t-elle l’ouvrier (article au format pdf à télécharger)

Atelier n°2 : 
Equité et inégalité dans les systèmes éducatifs européens

Avec Marc Demeuse (UMONS) et Jean-Pierre Kerckhofs (Aped)

. Cet atelier est organisé parallèlement en néerlandais, avec Ides Nicaise (HIVA-KUL) et Tino Delabie (Aped)

Comment expliquer les différences entre pays européens sur le plan de l’équité des systèmes d’enseignement ? Que peut-on apprendre, dans ce domaine, de la comparaison des systèmes éducatifs ? Des pays comme la Finlande peuvent-ils constituer un exemple ? Dans quel domaine et à quelles conditions ? Comment analyser les discours des autorités européennes sur « l’égalité des chances » ?



Atelier n°3 : Enseignement supérieur : de Bologne à la privatisation ?



Avec Jean-Luc Demeulemeester (ULB), un représentant du BEA-interfac ULB et un représentant de la FEF.

 Cet atelier est organisé parallèlement en néerlandais, avec Gilles Verschoore (expert du processus de Bologne), un représentant du VVS et Jan Blommaert (U-gent)

Au sein d’organismes comme l’OMC, l’enseignement universitaire est perçu comme l’un des grands marchés de demain. Officiellement, l’Union Européenne s’est toujours refusée à une libéralisation du marché mondial des services d’enseignement supérieur. Pourtant, le processus de Bologne, visant à créer un espace européen d’enseignement supérieur, met en place toutes les conditions pour engager cette compétition internationale. Alors : Bologne est-il l’antichambre de la privatisation des universités ?

Atelier n°4 : Fighting neoliberalism in education : trade unions, social forums, associations, internet…



Avec la participation de Ken Jones, de syndicalistes belges (e.a. Rudy Van Renterghem, secrétaire national COC)... et européens. 

Attention ! Cet atelier sera multilingue : anglais, français, néerlandais. Il fonctionnera sur le modèle des rencontres du réseau éducation du Forum social européen : chacun parle sa langue et on traduit simultanément, par petits groupes, pour ceux qui ne comprennent pas l’une des langues utilisées...


Comment les organisations syndicales et les associations actives dans le monde de l’éducation perçoivent-elles les enjeux européens ? Quelles formes de résistance mettent-elles en place ? Quelles leçons, positives et négatives, peut-on tirer des combats menés au cours des dernières années dans de nombreux pays européens, contre la casse des systèmes d’enseignement ?

16h30 : Fin des travaux

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