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Le jeudi 30 octobre a été marqué en Italie par un très large mouvement de protestation contre les mesures d’austérité votée la veille au Sénat. En dépit des protestations de plus en plus étendues des deux semaines précédentes, le décret “Gelmini”, du nom de la ministre en cause (de droite, faut-il le préciser ?), s’attaque brutalement à l’école primaire : retour à un maître unique (ils sont actuellement trois pour deux classes) et réduction inouïe des horaires (des actuelles 30 à 35 heures, on passe à 24 !). L’objectif avoué est de réaliser des économies. D’autres coupes sombres – plusieurs milliards d’euros - sont annoncées dans le financement des écoles, mais aussi des universités et de la recherche. Il est aussi question de privatiser prochainement les universités. L’objectif est bien sûr tout aussi idéologique et politique que simplement budgétaire. Bon nombre des manifestants ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, puisqu’on pouvait lire sur les calicots : “Sans culture, pas de futur”, “Nous ne payerons pas votre crise”, “Unis pour l’école de tous”, ou encore “Contre l’ignorance, pour le savoir”. La politique gouvernementale a donc réussi à mobiliser toutes les oppositions possibles, au-delà des clivages traditionnels : des étudiants universitaires aux tout-petits, accompagnés de leurs parents, des enseignants du fondamental aux professeurs d’université, tous les partis d’opposition et tous les syndicats. Ce sont des centaines de milliers de personnes qui ont défilé dans les rues de Rome et dans toute l’Italie, les écoles étant bien entendu à l’arrêt. L’affrontement pourrait n’être qu’en train de commencer : on annonce déjà une nouvelle journée de grève et de protestation le 14 novembre.

PhS (infos du Soir, 31 octobre 2008)

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