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Accueil du site || Divers || Lectures || Derrière l’écran médiatique

"Sans information convenable, la souveraineté du peuple n’est qu’une commodité linguistique", disait Alfred Sauvy. Voici une sélection de livres critiques de référence sur les médias. Des ouvrages qui vont voir au-delà de l’écran. On peut ne pas partager toutes les convictions qui les animent, mais y trouver néanmoins des informations et des analyses pertinentes et fécondes pour notre action.

Au rayon littérature

La littérature de jeunesse compte de nombreux titres abordant les relations des enfants avec leur média favori, la télévision. Rendez-vous chez votre libraire spécialisé ou sur internet (voir les tuyaux de J-P André). Pour les ados et les adultes, chez Folio, un recueil de nouvelles de Didier DAENINCKX, Zapping. Chez Denoël, collection "Présence du Futur", Paris 1996, En direct, de Norman SPINRAD, un roman d’anticipation sur le triomphe des médias : un groupe de jeunes écoterroristes prennent en otage une station de télévision. Croyant s’en rendre maîtres, ils se feront manipuler et récupérer par les médias.

Au rayon essais

Alain ACCARDO, Journalistes au quotidien, éd. Le Mascaret, Bordeaux 1995 Pourquoi, dans leur grande masse, les journalistes ne s’insurgent-ils pas davantage contre l’adultération de leur métier, sa soumission à l’audimat et au marché ?

Alain ACCARDO, Journalistes précaires, éd. Le Mascaret, Bordeaux 1998 Comment la précarisation du métier de journaliste conduit la profession à reproduire sans cesse un discours médiatique superficiel et révérencieux.

Pierre BOURDIEU, Sur la télévision, éd. Liber-Raisons d’Agir, Paris 1997 Démonte "les mécanismes de la censure invisible qui s’exerce sur le petit écran et quelques-uns des secrets de fabrication de ces artéfacts que sont les images et les discours de la télévision". Montre comment la télé, dominant le monde du journalisme, impose à d’autres univers - art, littérature, politique, justice, sciences - la logique de l’audimat et du plébiscite commercial.

Patrick CHARAUDEAU, La télévision et la guerre, éd. INA De Boeck Université, Paris 2001 Etudiant, en multipliant les exemples concrets, comment les journaux télévisés français ont relaté la guerre en Bosnie, les chercheurs montrent combien la télé est "une machine à fabriquer des impressions", selon des "scénarios dramatisants" qui passent sous silence les racines historiques, politiques ou sociologiques du conflit.

Noam CHOMSKY et Robert MC CHESNEY, Propagande, médias et démocratie, éd. Ecosociété, Montréal 2000 Deux textes succincts -200 p.- mais percutants, qui nous incitent à lutter pour des médias démocratiques : des médias indépendants et qui nous fournissent l’information nécessaire pour intervenir dans les décisions nous concernant.

Michel COLLON, Attention médias ! éd. EPO, Bruxelles 1994 (3ème édition) Confronte la couverture de la guerre du Golfe, par les médias belges et français, à des sources alternatives (témoins directs, envoyés spéciaux, etc). De véritables médiamensonges ont été construits de toutes pièces pour manipuler l’opinion publique. Un manuel d’autodéfense.

Michel COLLON, Poker menteur, éd. EPO, Bruxelles 1998 On remet le couvert avec la Yougoslavie. On ment, on bluffe, on dissimule des alliances... les intérêts cachés des grandes puissances, USA et Allemagne en tête. L’Otan y aurait-il préparé les prochaines guerres ?

Gérard DE SELYS (sous la direction de), Médiamensonges, éd. EPO, Bruxelles 1990 La concentration des entreprises de presse se traduit par une diminution du nombre de journalistes, donc de sources possibles d’information indépendante. Ajoutez-y l’intérêt stratégique pour les états et les armées de contrôler l’info - opinion publique oblige - et vous comprendrez mieux les médiamensonges dont l’ouvrage décrit quelques exemples.

Geoffrey GEUENS va publier cette année deux ouvrages, l’un chez Labor/Espace de Libertés, l’autre chez EPO, sur les relations entre presse, Etat, industrie et finance, en Belgique et dans le monde. A suivre, donc.

Serge HALIMI, Les nouveaux chiens de garde, éd. Liber-Raisons d’Agir, Paris 1997 La presse française est dominée par un petit groupe de journalistes - les fameux "chiens de garde", omniprésents appariteurs de l’ordre - et par des groupes industriels et financiers, reliés entre eux par des réseaux de connivence.

Serge HALIMI et Dominique VIDAL, L’opinion ça se travaille, éd. Agone, Marseille 2000 1999, offensive de l’Otan sur la Yougoslavie. Les auteurs analysent l’entreprise de conditionnement de l’opinion par les gouvernements occidentaux, accompagnés par les grands médias. Plus efficace que la censure : occulter, au moins temporairement, les "bavures" et inonder les écrans d’images de réfugiés fuyant le "génocide".

Jean-Paul GOUTEUX, Le Monde, un contre-pouvoir ?, éd. L’Esprit Frappeur, Paris 1999 Comment Le Monde, honorable quotidien, aurait contribué à nous désinformer sur le génocide Rwandais.

Anne MORELLI, Principes élémentaires de propagande de guerre, éd. Labor, Bruxelles 2001 Présentés en "dix commandements", les mécanismes de la propagande de guerre, utilisables en cas de guerre froide, chaude ou tiède.

Bien d’autres auteurs se penchent sur cette question. Deux tuyaux : le Monde diplomatique avec son cédérom (toutes les analyses de livres de 1980 à 2000) et son site internet. Et votre libraire.

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Forum

  • Sur le thème du journalisme voici un livre passionant qui vient de sortir :

    25 avril 2007

    Alain Accardo
    *Journalistes precaires, journalistes au quotidien*
    avec Georges Abou, Gilles Balbastre,
    Christophe Dabitch & Annick Puerto
    Le secteur de la presse est certainement de ceux ou la precarisation des petits salaries est la plus galopante. La corporation, pourtant truffee de grandes consciences toujours pretes a delivrer des leçons d’humanisme sans frontieres, ne s’emeut guere de la condition galerienne qui est faite, en son sein, a des milliers de jeunes complaisamment livres a l’arbitraire des employeurs par les ecoles de journalisme.
    Le grand public ne connait generalement du journalisme que sa vitrine la plus clinquante. Il ignore a quel degre de mediocrite intellectuelle et d’imposture morale est parvenue, sous la conduite de ses elites autoproclamees, cette corporation ou une minorite privilegiee regente avec arrogance et sans compassion une masse de jeunes gens auxquels quelques annees d’etudes post-baccalaureat sans veritable substance ont permis d’atteindre ce niveau officiellement certifie d’inculture branchee et culottee, bavarde et narcissique, que semble apprecier et favoriser le monde politico-mediatique.
    En plus d’un ensemble d’analyses des conditions sociales de fonctionnement, le lecteur trouvera dans cet ouvrage, sous la forme d’entretiens approfondis avec divers professionnels (presse ecrite, quotidienne, nationale ou regionale, de magazine, tele, radio, etc.), une serie de temoignages a la fois tres eclairants et tres emouvants sur le monde journalistique. Et, au-dela, sur une intelligentsia prolétaroide dramatiquement representative de ce que les metiers de la communication sont devenus aujourd’hui.
    Sociologue, Alain Accardo est notamment l’auteur des essais *De notre servitude involontaire* (Agone, 2002), *Le Petit-Bourgeois gentilhomme* (Labor, 2003) et *Introduction a une sociologie critique. Lire Pierre Bourdieu* (Agone, 2006).
    Collection "Elements"
    896 pages, 18 euros