La France a perdu la bataille (folle) du français langue universelle. Avec la francophonie elle pourrait maintenant engager sa force et son expérience républicaine au service d’une communication linguistique adaptée à la mondialisation en cours. Avec l’appui des populations, nous pouvons permettre à la Planète et à l’Europe [1] d’échapper au tout-anglais coûteux, gaspilleur, gravement inégalitaire ; tout-anglais destructeur de langues et de diversités culturelles y compris celles des nations anglophones.
Une France digne de ce nom pourrait prendre diplomatiquement la tête d’une résistance européenne et mondiale à l’injustice, contribuer à unir l’ensemble des nations dont les intérêts sont bafoués, les langues infériorisées et, pour certaines, menacées de disparition. L’outil international pour accomplir cette opération pacifiante, écologique et économique existe : c’est l’espéranto.
Souvent dénigré sans appui sur les faits (par intérêts mal compris, ignorances et peurs) l’espéranto a prouvé de longue date - à petite échelle - sa capacité à faire communiquer sur un pied d’égalité des gens de toutes les langues et de tous les peuples. L’espérantophonie est vivante. Un jeune de 18 ans l’avait inventée puis lancée vers la fin du XIXe siècle... Mais pas comme un jeu ! Il étouffait entre les haines ethno-religieuses de sa ville russe ; avec quatre communautés (polonaise-catho, judéo-israélite, russo-orthodoxe et allemano-protestante) murées dans leurs langues comme des codes secrets à la fois protecteurs et enfermants, inaccessibles à l’étranger du bout de la rue.
Réglo et créatif, l’espéranto fut (est encore ?) copieusement moqué, insulté : sans étude en 1922 par la défunte SDN, puis éconduit par l’ONU en 1966 malgré une pétition signée (avant l’informatique) par près d’un million de personnes. Artificiel ? Oui. Moins que le téléphone, la télé, internet ou les traductions simultanées douteuses ! L’espérantophonie ouvre grand un dialogue mondial sans prothèse coûteuse. Cette langue simple, souple, amie de la liberté est peu vorace en temps et en crédits. Logique comme le chinois [2] ou l’indonésien, elle est bien plus efficace et plus juste qu’une anglicisation forcée aux mains de l’Argent fou. L’espéranto a préparé, prépare et préparera de toutes façons sa salutaire émergence ; aussi sûrement que les chiffres arabes ont envoyé au musée les chiffres romains. La langue de service entre tous ne peut être la propriété d’aucun peuple.
